Sri Lanka

La crise du Sri Lanka pour les enfants : ils sont plus de 100 000 à fuir les combats et des milliers d’autres sont pris au piège

Image de l'UNICEF
Des civils arrivent dans le village de Putumatalan, dans la région du nord du Sri Lanka de Puthukkudiyirippu, fuyant une zone encore sous le contrôle des Tigres de libération de l’Eelam tamoul.

COLOMBO, Sri Lanka, 23 avril 2009 – Chaque matin, la plupart des enfants de onze ans du Sri Lanka sont assis derrière leurs pupitres d’écoliers, où ils sont en sécurité. Dans un pays qui se flatte d’occuper la première place dans la région en matière d’éducation, ces élèves, dans leurs uniformes impeccables, écoutent avec attention, avant l’annonce par la cloche de l’école de l’heure du déjeuner  C’est le son des cloches anciennes qui constitue l’interruption la plus bruyante d’une journée d’école.

Mais, il y a quelques semaines de cela, dans le nord du Sri Lanka, où les combats font rage entre les troupes gouvernementales et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul, Niveathga, âgée de 11 ans, a passé la matinée dans un fossé peu profond. Le grondement du pilonnage d’artillerie semait la terreur, ce qu’aucun enfant ne devrait endurer.

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Niveathga menait déjà cette vie depuis des mois : toujours à s’enfuir de chez elle, perdant les derniers trésors qu’un enfant puisse conserver, troquant l’école contre un blockhaus et voyant des voisins mourir sous ses yeux.

« Des combats partout »

« Il y a eu partout des combats », dit-elle. « J’entends tout le temps des bébés en pleurs et des gens qui courent. Certains sont blessés et en sang, certains sont déjà morts. »

Avec ces images en tête, Niveathga s’est blottie ce matin-là dans le fossé avec sa mère, sa grand-mère et son frère de sept ans. Comme les obus qui tombaient se rapprochaient de plus en plus de leur abri de fortune, les gens autour de Niveathga ont conclu qu’il valait mieux s’enfuir en courant plutôt que d’être touchés en restant sur place. Un nouvel obus est tombé et la mère de Niveathga a pris la même décision.

« Nous nous sommes levés et nous nous apprêtions à courir », raconte Niveathga, « mais mon petit frère a été touché à la jambe par un éclat d’obus. Ma mère l’a pris dans ses bras et s’est mise à courir pour tâcher de trouver du secours. Je n’ai plus revu ma mère ni mon frère. »

Lorsque le combat a perdu de son intensité, Niveathga et sa grand-mère ont pu s’échapper du secteur et gagner un territoire contrôlé par le gouvernement. Un périple de deux jours a alors commencé pour rejoindre Vavuniya, un site de transit tenu par les forces gouvernementales.

Pris entre deux feux

Au cours des combats qui ont eu lieu ici ces derniers mois, des centaines d’enfants ont été tués. Cette semaine, une offensive a permis aux forces gouvernementales de pénétrer dans la dernière zone encore occupée par le LTTE.

Les enfants, qui vivaient depuis des mois dans un enfer inimaginable, sont à présent piégés dans les phases ultimes et acharnées d’une guerre cruelle. Des dizaines de milliers de civils – dont un grand nombre d’enfants – sont encore pris dans la nasse. Ils vivent des moments terribles, se trouvant entre deux feux.

Au cours des cinq derniers jours, au milieu de combats féroces, environ 100 000 personnes ont quitté la zone où on se bat, dans le nord, et ont gagné le territoire contrôlé par le gouvernement, ce qui signifie que le nombre de réfugiés dans les camps va plus que doubler dans la semaine qui vient. Le besoin urgent d’assistance de ces réfugiés va accroître la pression sur des camps déjà surpeuplés et sur les ressources des Nations Unies.

Afin de contribuer à répondre aux besoins accrus en raison de cet afflux, l’UNICEF a accentué son action dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, de la santé, de la nutrition, de l’éducation et de la protection.

Secours d’urgence

L’aide d’urgence de l’UNICEF aux enfants et à leurs familles comprend notamment la fourniture de compléments nutritifs aux enfants sous-alimentés et à leurs mères, de trousses d’hygiène, de trousses de santé d’urgence, d’eau salubre, de latrines et de sanitaires, d’abris scolaires provisoires et de trousses éducatives pour les enfants.

En outre, l’UNICEF apporte son aide aux hôpitaux pour leur permettre de répondre aux besoins accrus des mères et des enfants dans le domaine de la santé. L’organisation contribue également à fournir un appui psychosocial aux enfants affectés par la violence.

Ce qui est plus important pour Niveathga et ceux qui se trouvent dans sa situation, l’UNICEF apporte une aide d’urgence aux enfants qui ont été séparés de leur famille. Pour le moment, son histoire n’a pas eu de dénouement heureux. Niveathga est sans nouvelles depuis des semaines de sa mère et de son frère blessé.


 

 

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23 avril 2009 : le Responsable de la communication pour l’UNICEF, James Elder, décrit la crise à laquelle sont confrontés les enfants piégés par le conflit dans le nord du Sri Lanka.
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