Sri Lanka

Le Sri Lanka lance un programme pour s’attaquer à la malnutrition

Image de l'UNICEF
© UNICEF/Sri Lanka/Pietrasik
Un groupe d’enfants touchés par le tsunami prennent leur petit déjeuner dans une école provisoire de Galle, au Sri Lanka.

COLOMBO, Sri Lanka, 6 juin 2008 – Le Gouvernement sri-lankais, appuyé par l’UNICEF, a récemment effectué le lancement d’un Mois national de la nutrition lors d’une cérémonie qui se déroulait dans la capitale du pays. Le programme a pour but de trouver des moyens d’améliorer les statistiques obstinément mauvaises concernant la dénutrition.

Les indices d’ensemble du Sri Lanka pour la santé sont en bonne voie pour atteindre les cibles de développement international connus sous le terme d’Objectifs du Millénaire pour le développement. L’état nutritionnel de centaines de milliers d’enfants et de mères, cependant, fait exception.

Presque un enfant sri-lankais sur trois souffre de dénutrition. Il existe des disparités régionales, plus notamment dans le « Secteur des plantations » (Estate Sector), soit les anciennes régions productrices de thé du pays. Le Secteur des plantations, sur les hauteurs du Sri Lanka, a traditionnellement accueilli les zones les plus isolées et les plus sous-développées du pays.

Un problème paradoxal

Le Représentant de l’UNICEF dans le pays, Philippe Duamelle, est conscient du problème.

« Pour un pays qui ne subit pas de pénuries alimentaires significatives et dispense une vaste gamme de soins de santé gratuits aux femmes et enfants, il est paradoxal que la malnutrition touche une si grande proportion de la population,» a déclaré M. Duamelle.

Une série d’articles parus dans la revue médicale The Lancet ont récemment été consacrés à la sous-nutrition maternelle et infantile à l’échelle mondiale. Le professeur Zulfiqar Bhutta, un des auteurs de cette série, était l’intervenant principal lors de la cérémonie de lancement du Mois national de la nutrition.

« L’intervalle d’or »

Le professeur Bhutta a exhorté les responsables de la santé du pays à concentrer leurs programmes d’intervention sur ce qu’il a appelé «l’intervalle d’or ». Il s’agit de la période allant de la conception à l’âge de deux ans au-delà de laquelle, a-t-il affirmé, « il est vraiment trop tard. »

Il a ajouté qu’une campagne de santé publique ayant pour but l’allaitement exclusif au sein pendant six mois permettrait de progresser considérablement.

Le Secrétaire d’état à la santé et à la nutrition, le Dr H.A.P. Kahandaliyanage, ainsi qu’une cohorte de représentants d’institutions de l’ONU, des représentants d’autres branches du gouvernement et des journalistes, participaient également à la cérémonie de lancement du Mois national de la nutrition.

Une série d’interventions

« Le Gouvernement sri-lankais a placé la malnutrition en tête de ses priorités en matière de santé, » a déclaré le Ministre de la santé et de la nutrition, Nimal Siripala de Silva, «  et l’UNICEF appuie ce programme au maximum. Nous savons qu’un ensemble minimum d’interventions dotées d’un impact majeur et rentables peut être intégré aux modes de vie des femmes et des enfants afin de s’assurer que de bonnes habitudes alimentaires seront adoptées. »

Un tel ensemble inclurait des conseils en matière d’allaitement maternel, une supplémentation en vitamine A et en nutriments, un traitement de la malnutrition aiguë ainsi que diverses stratégies destinées à encourager de bonnes habitudes alimentaires à la fois au sein de la famille et de la communauté.

« Cette série d’articles du Lancet confirme de nombreux éléments de ce que nous savions depuis longtemps. Equipés de ces connaissances, nous avons maintenant besoin d’un partenariat solide entre les différents protagonistes, le gouvernement, les institutions de l’ONU, la société civile et le secteur privé – afin de s’attaquer de front à la malnutrition et de vraiment faire la différence pour les enfants, » a déclaré le M. de Silva.


 

 

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