Sri Lanka

La communauté internationale condamne le massacre de travailleurs humanitaires au Sri Lanka

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© UNICEF Sri Lanka/2006/Dunbar
La Représentante de l’UNICEF au Sri Lanka, Joanna Van Gerpen, écoute une femme déplacée à cause des récents combats entre les forces gouvernementales et les rebelles, les Tigres tamouls.

Par Kun Li

NEW YORK, 9 août 2006 – Le récent massacre de 17 travailleurs humanitaires sri lankais a bouleversé la communauté humanitaire dans le monde entier. La Représentante de l’UNICEF au Sri Lanka, Joanna Van Gerpen, a qualifié ces massacres relevant de l’exécution sommaire « d’évènement sans précédent et peut-être l’un des plus graves de l’aide humanitaire ».

Ces travailleurs humanitaires étaient employés par l’organisation non gouvernementale Action contre la faim, qui avait eu, au Sri Lanka, une activité de secours à la suite du tsunami. Ils ont été tués au cours d’une mission qu’ils effectuaient à Muttur, dans le nord-est du pays.

La zone était assiégée depuis le déclenchement des combats, il y a plusieurs semaines, entre les troupes gouvernementales et les rebelles des LTTE (Tigres de libération de l’Eelam tamoul), appelés également les Tigres tamouls. Au fur et à mesure que les combats s’intensifiaient, presque tous les habitants de la ville ont essayé de s’enfuir dans des zones voisines.

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À l’École Al Tharique Maha Vidyalaya de Kanthale, au Sri Lanka, qui sert d’abri à la population de la ville de Muttur, obligée d’abandonner ses logements et de s’enfuir, une fille puise de l’eau à une citerne fournie par l’UNICEF.

L’escalade d’un conflit pour l’eau

Selon Mme Van Gerpen, le conflit est né d’un différend à propos de l’approvisionnement en eau.

« Les LTTE ont détourné l’approvisionnement en eau pour qu’elle ne parvienne pas dans les zones sous le contrôle des forces gouvernementales », a indiqué Mme Van Gerpen. « Aussi les rizières de cette zone ont-elles manqué d’eau. Les LTTE estimaient que la répartition entre toutes les zones des ressources en eau n’était pas équitable ».

Ceci a entraîné un conflit. L’escalade a conduit à l’attaque de Muttur et à des représailles des forces gouvernementales. Cette vague de violences constitue la violation la plus grave depuis 2002 du cesser le feu intervenu entre le gouvernement et les LTTE.

Le conflit dans le nord-est aurait causé jusqu’à présent  le déplacement de 41 000 personnes, dont la moitié seraient des femmes et des enfants. « Il y a deux zones auxquelles nous n’avons pas eu accès, mais je crois qu’elles comptent jusqu’à 25 000 déplacés supplémentaires », a dit Mme Van Gerpen.

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Des tentes sont dressées à côté de l’École Al Tharique Maha Vidyalaya afin d’abriter les personnes déplacées à cause des violences.

Appel pour obtenir une protection

L’UNICEF travaille avec le gouvernement pour fournir aux camps abritant les personnes déplacées des secours d’urgence – y compris des éléments essentiels tels que l’eau salubre, l’assainissement et des médicaments. En outre, l’organisation est en train de créer des centres spécialement conçus pour les enfants afin de les aider à surmonter leur crainte et leur angoisse, et elle recherche le moyen de leur faire reprendre le plus tôt possible l’activité scolaire.

Par ailleurs, le Sous-secrétaire général aux Affaires humanitaires et Coordinateur des secours d’urgence, Jan Egeland, a condamné la « prise pour cible délibérée » de membres de l’équipe d’Action contre la faim.

« Ils étaient des travailleurs humanitaires qui essayaient d’apporter des services essentiels à des communautés figurant parmi les plus défavorisées du Sri Lanka », a souligné M. Egeland. « Ils ont payé de leur vie leurs bonnes intentions ».

« Dans la mesure où les populations civiles continuent à être affectées par la violence », a-t-il déclaré, « je lance  maintenant un nouvel appel pour que tous les civils du Sri Lanka soient parfaitement protégés et pour que les humanitaires bénéficient d’un accès total et sécurisé aux populations touchées ».


 

 

Audio (en anglais)

9 août 2006 : la Représentante de l’UNICEF au Sri Lanka, Joanna Van Gerpen, donne ici son sentiment sur le massacre de 17 travailleurs humanitaires.
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