Soudan du Sud, République du

Dans la capitale du Soudan du Sud, les familles déplacées par le conflit reçoivent une aide cruciale

Image de l'UNICEF
© UNICEF South Sudan/2013/Porter
« Nous devons garder le camp propre et sain – nous ne savons absolument pas combien de temps nous devrons rester ici. » affirme Julia, volontaire au camp UNMISS de Tomping à Djouba.

Par Kristin Taylor

Depuis l’explosion de violence au Soudan du Sud il y a un peu plus de trois semaines, l’UNICEF et ses partenaires sont au cœur des opérations de secours, notamment dans la capitale, Djouba, où a démarré cette crise.

NEW YORK, États-Unis, le 8 janvier 2014 – Les enfants du pays le plus jeune du monde ne sont pas étrangers au conflit. Il y a trois ans, le peuple du Sud-Soudan a voté son indépendance après des décennies de guerre civile entre le nord et le sud – une guerre qui a fait des ravages collatéraux. Et pour de nombreux enfants et leur famille au Soudan du Sud, les conflits internes représentent également une menace.

Les violences actuelles

Le 15 décembre 2013, des combats ont éclaté entre des factions des forces armées du Soudan du Sud. Dans les deux jours qui ont suivi, plus de 300 personnes ont été envoyées à l’hôpital pour blessures. Les établissements de santé limités du pays ont essayé tant bien que mal de traiter l’afflux de patients, mais de nombreuses personnes n’ont pu accéder aux soins nécessaires.

Depuis, les violences se sont étendues à six des dix états du Soudan du Sud. Les civils, notamment les enfants et des femmes, n’ont pas été épargnés, et représentent la majorité des personnes déplacées nécessitant une aide humanitaire de toute urgence.

Environ 201 000 personnes ont été déplacées dans le pays, et l’on estime à 32 000 le nombre de personnes ayant fui dans les pays voisins. En ce qui concerne les déplacements au sein du pays, environ 60 000 personnes ont trouvé refuge dans des bases de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS), où des camps, bondés, ont été établis.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène, la nourriture, les abris, la nutrition et la santé constituent des besoins prioritaires pour les enfants, mais l’intervention humanitaire demeure complexe dans les régions du pays où l’insécurité limite l’accès aux centres de population.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène

Les personnes réfugiées dans les deux enceintes de maintien de la paix à Djouba ont pu recevoir une aide d’urgence. Là-bas, l’UNICEF et plus généralement les institutions des Nations Unies et leurs partenaires apportent de l’aide à presque 30 000 personnes réfugiées dans les deux bases UNMISS de la ville.

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Formés par l’UNICEF et son partenaire Nonviolent Peaceforce, les volonatires de Tomping donnent des conseils de sécurité pour aider à minimiser le risque que les enfants soient séparés de leur famille.

La garantie d’un accès adéquat à l’assainissement et à l’hygiène constitue une priorité dans les camps, où les conditions de vie surpeuplées accroissent le risque de maladies. L’UNICEF a fourni des plaques et d’autres éléments pour latrines, et avec l’aide des Forces de maintien de la paix des Nations Unies et de ses partenaires, a pour l’instant installé environ 500 latrines dans les deux bases, et d’autres sont en cours de construction.

L’UNICEF a également collaboré avec ses partenaires pour mobiliser des volontaires afin d’entretenir les latrines. À l’aide de gants, de pelles, de brouettes et de sacs poubelle, les volontaires ont nettoyé les endroits de l’enceinte où des personnes déplacées n’avaient eu d’autre choix que de faire leurs besoins en plein air avant la construction des latrines. Les accumulations de déchets dans les camps ont été nettoyées, et les ordures sont désormais enlevées des points de collecte du camp quotidiennement. 

Les volontaires ont également le rôle crucial de promouvoir une bonne hygiène auprès des résidents. Ils s’adressent à eux – en particulier aux enfants – pour leur expliquer l’importance d’utiliser les latrines et de garder le camp propre.

« Nous devons nous assurer que les personnes aient des pratiques saines », explique Julia, une des volontaires de Tomping. « Nous devons garder le camp propre et sain – nous ne savons absolument pas combien de temps nous devrons rester ici. »
L’UNICEF fournit également de l’eau propre, via la mise à disposition de conteneurs pour stocker et transporter l’eau et la distribution de pastilles de chloration pour purifier l’eau supplémentaire apportée dans les camps.

Un appui en matière de santé et de nutrition

Le conflit et le déplacement exacerbent le risque de sous-nutrition chez les groupes déjà vulnérables, notamment les jeunes enfants et les femmes enceintes et allaitantes.

L’UNICEF, avec son partenaire Concern Worldwide, a distribué des biscuits protéinés contenant des éléments nutritifs essentiels, en plus des rations alimentaires du Programme alimentaire mondial.

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Un garçon avec une boîte de biscuits protéinés. Ces biscuits sont distribués pour aider à prévenir la sous-nutrition, à laquelle les enfants sont davantage vulnérables dans le contexte du conflit et du déplacement.

L’UNICEF collabore avec ses partenaires pour surveiller la malnutrition chez les enfants et a fourni du matériel pour le traitement de la malnutrition aiguë aux cliniques ambulatoires installées par Médecins sans frontières dans les deux enceintes. Le Ministère de la santé, avec l’appui de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la santé, planifie des campagnes de vaccination dans les villes d’Awerial et de Bentiu.

La protection de l’enfance

Alors que les familles fuient les violences et se retrouvent dans des camps de personnes déplacées surpeuplés, les enfants sont exposés au risque d’être séparés de leur famille. L’UNICEF participe aux efforts d’identification des enfants séparés, non accompagnés ou disparus et de rapprochement avec leur famille.

L’UNICEF et son partenaire Nonviolent Peaceforce forment également des volontaires à la protection de l’enfance pour aider à minimiser les conséquences de la séparation, et à la prévenir. Les volontaires conseillent les résidents des camps sur, par exemple, l’attitude à adopter dans l’éventualité d’une séparation ou si un enfant non accompagné est trouvé. Ils donnent également des conseils de sécurité, comme par exemple de ne jamais laisser un enfant sans surveillance dans les camps et s’assurer que les enfants sachent donner le nom de leurs parents.

Et ensuite ?

Alors que la crise continue, les efforts dans la ville de Djouba ne constituent qu’une partie de l’intervention. Même si l’UNICEF a pu accéder à d’autres parties du pays avec un appui en eau, hygiène, assainissement, nutrition et vaccination, il est extrêmement difficile d’apporter une aide humanitaire aux civils déplacés dans les régions où les combats sont intenses.

L’UNICEF est particulièrement préoccupé par la situation des enfants et des autres civils situés dans les zones inaccessibles. Ils sont confrontés à de graves pénuries de nourriture et d’eau, et le manque d’installations sanitaires pose un risque élevé de maladies. Les familles passent leurs journées non abritées, sous une chaleur et un soleil écrasants, et passent les nuits froides dehors.

Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables aux effets de la diarrhée et de la pneumonie et aux maladies comme la rougeole, qui est très contagieuse, en particulier dans des conditions de promiscuité.

Les organismes d’aide, dont l’UNICEF, ont récemment lancé un plan d’intervention d’urgence au Soudan du Sud, demandant 209 millions de dollars des É.-U. pour répondre aux besoins issus de la crise actuelle, et s’inscrivant dans un appel humanitaire plus large de 1,1 milliard de dollars des É.-U. pour 2014. Pour l’instant, 43 million de dollars des É.-U. ont déjà été réunis pour l’intervention d’urgence de janvier à mars.

Il reste encore beaucoup à faire pour que les enfants du Soudan du Sud puissent se remettre des conséquences des violences et se tourner à nouveau vers un avenir porteur d’espoir.


 

 

Photographie : Retour des violences inter-ethniques

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