Afrique du Sud

Pour les enfants sud-africains, un meilleur départ dans la vie grâce au développement de la petite enfance

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© UNICEF Afrique du Sud/2011/Pawelczyk
Le mobilier et l'intérieur du centre ont des couleurs vives et éclatantes et sont conçus pour des enfants ; c'est au centre que de nombreux enfants, pour la première fois, apprennent à se nourrir et d'habiller eux-mêmes ou à tenir un crayon.

Par Kate Pawelczyk

CAPETOWN, Afrique du Sud, 14 novembre 2011 – La journée commence tôt pour Lindiwe Lindiwe, une mère de deux enfants âgée de 21 ans. Avant même que le soleil n’apparaisse au-dessus de l'horizon, elle a déjà commencé à préparer du porridge pour Vuyelwa, deux ans, pendant qu'elle donne aussi à manger à Siya, quatre ans, et l'habille. Dès que les deux fillettes sont habillées et prêtes, elle se rend à pied en dix minutes par la colline qui mène à la garderie Imizamo’yethu.

Là, elles sont accueillies chaleureusement et affectueusement par la directrice de la garderie, Ruth Faku. S'il n'y avait pas Imizamo’yethu, Lindiwe n'aurait personne pour s'occuper de ses enfants pendant qu'elle travaille pour terminer les études qu'elle avait interrompues pendant sa première grossesse. 

Un meilleur départ dans la vie

Alors que sa maman disparaît par la sortie, les yeux de Vuyelwa s'emplissent de larmes mais, au bout d'un quart d'heure, la cour de récréation est emplie du brouhaha des bavardages et des rires et Vuyelwa se joint aux distractions et aux jeux. Tant qu'il fait beau, les enfants commencent chaque journée en jouant à l'extérieur sur les balançoires et dans les cages à écureuil. 

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La garderie Imizamo’yethu a été créée par Ruth en 1995 dans le salon de sa maison.

La garderie Imizamo’yethu a été créée par Ruth en 1995 dans le salon de sa maison. Elle rêvait de devenir enseignante mais, quand elle était petite fille, elle n'avait pas pu achever ses études parce qu'elle devait s'occuper de sa mère qui, à l'époque, était malade. Depuis ses débuts fragiles, la garderie s'est développée pour accueillir aujourd'hui 90 enfants.

En 2011, la garderie Imizamo’yethu a été reconnue comme Centre d'excellence par le Département du développement social dans la province du Cap oriental.

« Au début de l'année, les parents savent qu'une partie des enfants ont quitté la crèche pour aller à l'école en classe R, la classe d'accueil », explique Ruth. « Alors, ils viennent vite ici pour inscrire leurs enfants mais nous devons en refuser certains car nous sommes complets ».

Faire face aux inégalités

Ruth est une partisane convaincue du développement de la petite enfance (DPE), un terme qui fait référence au développement social, affectif, physique et cognitif d'un enfant, de la naissance jusqu'à l'âge de neuf ans grâce à l'apport d'une stimulation précoce.    
 
« Ici nous apprenons aux enfants ce que sont l'amour et l'attention ; ce qui est bien, ce qui est mal », dit-elle. « Nous les préparons pour le moment où ils iront à l'école afin qu'ils sachent comment être indépendants, comment tenir un crayon, comment compter ».
 
Bien sûr, la réalité pour de nombreux enfants d'Afrique du Sud est en forte opposition avec les murs lumineux, les jouets, les chansons et les jeux d'Imizamo’yethu.

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Le petit matin est le moment de la récréation pour les enfants qui fréquentent la garderie Imizamo’yethu de Mdantsane, dans la province du Cap oriental.

« L'accès faible et inégal au DPE explique en partie les taux élevés de redoublements et les taux faibles d'achèvement qui sont plus tard évidents dans le système éducatif, spécialement au niveau du secondaire », dit Juliana Seleti, Chargée du DPE à UNICEF Afrique du Sud. « Un plus grand investissement dans le DPE permettra de veiller à ce que les enfants grandissent pour devenir des citoyens productifs capables, à leur tour, de donner aussi à leurs enfants un meilleur départ dans la vie ».  

L'UNICEF apporte son appui

L'UNICEF travaille en collaboration étroite avec le Gouvernement sud-africain pour améliorer la qualité des services intégrés de DPE, veillant à ce que la préoccupation principale ne porte pas seulement sur l'acquisition précoce des connaissances mais aussi sur la santé, la nutrition, l'attention aux rapports psychosociaux et la protection. Une étude appuyée par l'UNICEF a récemment examiné comment le Gouvernement apporte un financement au DPE et comment ces fonds sont utilisés par les groupes concernés du secteur. L'étude est actuellement utilisée comme source de référence pour un examen de la politique de DPE  afin de savoir comment le financement de la DPE peut être amélioré dans le pays. L'UNICEF a aussi appuyé le développement d'un dispositif de suivi et d'évaluation (M&E) dans la province de Gauteng dans le but de participer à une meilleure qualité des services de DPE.

En regardant les visages souriants des enfants d'Imizamo’yethu, éclatants et plein de santé, on est facilement convaincu qu’il faut redoubler d’efforts pour veiller à ce que chacun des enfants d'Afrique du Sud ait accès à un éventail complet de services de DPE.


 

 

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