Afrique du Sud

Une nouvelle méthode de dépistage du VIH permet un diagnostic précoce chez les nourrissons en Afrique du Sud

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© UNICEF/ South Africa/2006/Crowe
Nomphumelelo Dhlamini, infirmière à l’Hôpital Mseleni, du district sanitaire de Umkhanyakude, dans le KwaZulu Natal, en Afrique du Sud, fait une piqûre pour obtenir quelques gouttes de sang dans le cadre du test de dépistage du VIH.

Par Sarah Crowe

À la XVIème Conférence internationale sur le SIDA qui va se tenir la semaine prochaine à Toronto, au Canada, plus de 20 000 experts vont se réunir pour se communiquer des informations sur le ralentissement des ravages dont la pandémie est responsable. Cet article met en relief l’un des types d’intervention figurant au programme de la conférence.

MSELENI, Afrique du Sud, 9 août 2006 – Une nouvelle méthode de dépistage du SIDA en pédiatrie est en train de sauver des vies de bébés et elle a conduit à une très forte augmentation du nombre de nourrissons bénéficiant d’un traitement antirétroviral (ARV), ici, dans le nord du KwaZulu Natal, en Afrique du Sud.

Jusqu’à présent, le diagnostic du VIH chez les enfants âgés de moins de 18 mois s’apparentait à une devinette. Mais depuis la fin de l’année dernière, une méthode de prélèvement d’échantillons de sang à l’état desséché, a permis à 500 nourrissons, se trouvant dans des zones rurales éloignées, de subir des tests de dépistage et d’être traités – alors qu’il n’y avait que 100 nourrissons traités aux ARV il y a un an.

Avec cette méthode, on prélève sur un bébé quelques gouttes de sang et on en imprègne un buvard; il n’est pas nécessaire d’avoir de la glace ni des équipements assurant une chaîne du froid. Et les échantillons de sang servant au dépistage peuvent être acheminés sur un laboratoire, situé à des kilomètres de là, où le buvard pourra être dissout et le sang testé. Théoriquement, les résultats peuvent être disponibles dans l’espace de seulement 16 heures.

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Le Dr Victor Fredlund dans le service de pédiatrie de l’Hôpital Mseleni, au KwaZulu Natal, en Afrique du Sud.

Les avantages d’un traitement précoce

« L’échantillon de sang convient très bien car il est facilement transportable », a précisé le Dr Victor Fredlund de l’Hôpital Mseleni. « Il ne requiert aucun moyen de transport ni aucun délai particulier. On n’a pas d’urgence à respecter et il doit simplement être collecté correctement. Le prélèvement d’échantillons de sang à l’état desséché est à l’évidence beaucoup plus facile à pratiquer que ceux devant être centrifugés au milieu de la nuit puis placés dans de la glace.

« Dans un premier temps, nous n’arrivions pas à mettre sous traitement des enfants de moins d’un an et demi parce qu’il était nécessaire d’attendre 15 à 18 mois suivant l’accouchement avant de pouvoir seulement commencer », a rappelé le Dr Fredlund. « À présent nous pouvons effectuer le dépistage lorsque le bébé a entre trois et quatre mois ».

Un traitement aussi précoce que possible permet aux enfants séropositifs ou malades du SIDA de se développer au lieu de simplement survivre. C’est toute la différence.

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Nomphumelelo Dhlamini, qui est infirmière à l’Hôpital Mseleni, obtient les dernières gouttes de sang nécessaires au test du VIH.

« J’ai l’esprit tranquille »

Wandile est l’un de ces enfants. Elle a six ans mais elle semble avoir la moitié de son âge. Sa mère est morte du SIDA alors qu’elle en était à ses premiers pas. Aujourd’hui, sa « gogo » (sa grand-mère vieille et souffrante) et son traitement ARV constituent sa sauvegarde.

Pendant des années, cette petite fille s’est étiolée, sans pouvoir marcher ni parler. Depuis le début du traitement, elle a repris le dessus. Dans la mesure où on ne l’a pas testée ni traitée avant la fin de l’année dernière, il lui faut une rééducation pour l’aider à retrouver ses repères.

La grand-mère de Wandile a constaté une amélioration spectaculaire chez sa petite fille depuis le début du traitement.

« À l’hôpital, ils m’ont donné le médicament et ils m’ont appris quand il fallait l’administrer », se rappelle-t-elle. « Ils m’ont prévenu que l’enfant ne serait plus la même, et tout s’est passé comme ils me l’avaient dit. Wandile a commencé à se mettre debout et à marcher. Elle s’est mise à parler distinctement et de manière sensée. À présent, elle va mieux. J’ai l’esprit tranquille ».

Grâce à la campagne mondiale UNISONS-NOUS POUR LES ENFANTS CONTRE LE SIDA, l’UNICEF et ses partenaires ont fait du traitement et du dépistage en pédiatrie une grande priorité afin que des enfants tels que Wandile soient traités aux ARV dès que possible. L’UNICEF a aidé le dépistage précoce en fournissant des équipements et une formation avec recours au Centre pour la santé rurale. Ce centre a pour objectif de combler le fossé en Afrique du Sud entre la riche population urbaine et les ruraux pauvres.


 

 

Vidéo (en anglais)

9 août 2006 :
La correspondante de l’UNICEF, Sarah Crowe, décrit une nouvelle méthode de dépistage du VIH permettant un diagnostic précoce chez les nourrissons en Afrique du Sud.
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Audio (en anglais)

9 août 2006:
Professeur Steve Reid du centre pour la santé rurale de l'Universitéde Kwa-Zulu Natal discute des raisons pour lesquelles les programmes contre le SIDA en Afrique du Sud doivent donner priorité aux enfants les plus vulnérables du pays.

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