Afrique du Sud

Soul Buddyz—Influencer les jeunes en Afrique du Sud et ailleurs

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2004/Thomas
L’actrice Salamina Mphelo incarne Zandi, 15 ans, dans l’émission Soul Buddyz.

SOWETO, Afrique du Sud, 25 mai 2004—C’est du spectacle, et c’est éducatif. Les enfants adorent, et les parents aussi. Et en plus, toute une nouvelle génération de Sud-Africains peut apprendre à se protéger du VIH/SIDA.

Soul Buddyz est une expérience de « variété éducative » multimédias qui adresse aux 8-12 ans des messages qui pourraient leur sauver la vie, avant qu’ils ne deviennent sexuellement actifs.

Chaque semaine, de jeunes acteurs affrontent, explorent et résolvent toutes sortes de problèmes auxquels les jeunes Sud-Africains doivent faire face dans la vie réelle, que ce soit l’intimidation, le racisme et la maltraitance, ou bien le tabac, l’amour, le sexe et le VIH/SIDA.

« Dans Soul Buddyz, on commence par montrer quelque chose de mauvais, mais on le résout tout de suite », explique Salamina Mphelo, qui interprète le personnage de Zandi, 15 ans, dans cette émission de télévision très suivie et qui a déjà été primée .

« Lorsque les jeunes regardent la TV et qu’ils s’identifient à un personnage, ils acceptent le message et le retiennent, parce que c’est Zandi qui l’a dit, et pour eux, il n’y a pas plus cool ».

Soul Buddyz est une initiative qui pourrait être très utile dans un pays où 40 pour cent de la population a moins de 18 ans et où le taux de prévalence du VIH est à deux chiffres.

Des recherches préliminaires suggèrent que Soul Buddyz et d’autres interventions similaires pourraient retarder l’âge auquel les jeunes Sud-Africains ont leurs premiers rapports sexuels, ce qui pourrait avoir un impact énorme pour relâcher l’étau du VIH sur  le pays et dans le reste du continent africain.

Au départ, Soul Buddyz était une émission hebdomadaire diffusée à la télévision nationale. Le programme a ensuite été adapté pour la radio en neuf langues locales et un réseau dynamique de 1 300 clubs de jeunes -- où les enfants se réunissent pour participer à des activités sur les thèmes soulevés dans l’émission -- s’est mis en place.

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Tebogo Siyaponga, 12 ans, est membre d’un club Soul Buddyz et ne rate pas une émission

Tebogo Siyaponga, un orphelin de 12 ans qui vit avec sa grand-mère, deux cousins et quatre frères et soeurs dans une petite maison à Soweto, regarde l’émission chaque semaine.

Il a été l’un des premiers à adhérer au club Soul Buddyz dans son école et vient d’être choisi pour donner des conseils aux scénaristes, pour s’assurer que l’émission capture bien les problèmes auxquels les jeunes sont confrontés aujourd’hui.

« J’aime cette émission parce qu’elle m’apprend beaucoup de choses », dit Tebogo. « Par exemple, si on veut se protéger [du VIH/SIDA], il faut éviter d’avoir des rapports sexuels occasionnels, ou il faut utiliser un préservatif. Et il ne faut pas toucher avec les mains une personne qui saigne. Il faut porter quelque chose.

« J’ai aussi appris qu’il faut s’occuper des personnes séropositives, et qu’il ne faut pas les rejeter », ajoute-t-il.

Dernièrement, Tebogo et d’autres membres du club Soul Buddyz de l’école primaire Winnie Ngwekazi à Soweto ont donné une représentation pendant le service matinal. Les membres du club ont écrit la pièce à partir de matériels envoyés par Soul Buddyz. Le sujet de cette comédie était que lorsque le groupe se mobilise, l’intimidation qui a cours à l’école peut cesser. Les autres écoliers et les enseignants ont bien ri et ont longuement applaudi.

La grand-mère de Tebogo, qui est la personne qui s’occupe de lui, est très impressionnée par l’influence qu’a le programme Soul Buddyz sur ses petits-enfants.

« Je pense que c’est un bon programme. C’est important, parce qu’on ne doit rien cacher aux enfants. Ils doivent tout savoir sur le monde. Autrement, ils pourraient mal agir sans le savoir », dit Alina Seipati, une machiniste à la retraite qui, à 58 ans, essaie de faire vivre ses huit petits-enfants en confectionnant des rideaux à ses moments perdus.

Soul Buddyz envoie aussi des affiches et des bulletins bimensuels à chaque club, ainsi que des guides dont les parents et les enseignants peuvent se servir pour parler de problèmes difficiles avec les enfants. Des journaux de tout le pays distribuent gratuitement ces brochures, et les émissions de TV et de radio sont diffusées en Afrique du Sud et ailleurs par la South African Broadcasting Corporation (SABC).

« En fait, nous défendons les droits et les responsabilités des enfants, et l’idée que les enfants peuvent participer activement au règlement de leurs problèmes », explique Aadielah Maker, principale responsable de Soul Buddyz. « Ils ne sont pas passifs, ils veulent s’impliquer pour faire bouger les choses ».

« La raison pour laquelle nous ciblons les 8-12 ans est que les préadolescents n’ont pas encore d’expérience propre. Il est encore possible de les influencer », dit-elle.

Lancée en 1999, Soul Buddyz s’appuie sur le succès de l’initiative Soul City, qui s’adresse davantage aux adultes. L’UNICEF et d’autres partenaires ont soutenu ces deux programmes en fournissant des fonds de départ et des conseils. Aujourd’hui, Soul City et Soul Buddyz remportent un franc succès et attirent de nombreux partenaires et sponsors commerciaux.

Soul Buddyz, qui a fait l’objet de recherches approfondies et qui a été testée sur des groupes cibles, est actuellement parmi les 10 émissions pour enfants les plus regardées. La recherche montre que les deux tiers des Sud-Africains de 8 à12 ans l’ont vue ou en ont entendu parler.

En 2003, elle a reçu le prix de l’UNICEF/Commonwealth Broadcasting Association qui récompense la meilleure émission pour enfants.
« Ces enfants voient le VIH et le SIDA tout autour d’eux, c’est pourquoi il est essentiel de les atteindre maintenant, à travers, par exemple, les clubs Soul Buddyz », dit Tine Hein Mortensen, la Directrice adjointe des programmes de l’UNICEF Afrique du Sud, qui s’occupe d’orphelins et d’enfants vulnérables.

« L’UNICEF soutient Soul Buddyz parce que c’est un moyen créatif et innovant de communiquer avec les jeunes … et pas seulement en Afrique du Sud. Cette approche pourra être répétée dans d’autres pays.

« L’initiative Soul Buddyz ne se limite pas à transmettre des informations aux enfants. Elle renforce aussi leur confiance en soi et leur capacité à se prendre en charge, et à mieux connaître leurs droits », dit-elle.

Les messages de Soul Buddyz sont conçus avec soin mais restent divertissants et ils semblent bien passer auprès du public ciblé et  ils aident ainsi les jeunes Africains à éviter le virus qui a décimé la génération de leurs parents.

« Quand je vois quelqu’un qui a le VIH/SIDA, j’ai envie de pleurer », confie Tebogo une fois revenu de l’école. « Lorsque je serai grand, je veux être chercheur scientifique, ou peut-être footballeur. »


 

 

Voir le reportage vidéo (en anglais)

Thomas Nybo de l’UNICEF parle de Soul Buddyz, une expérience de « variété éducative » multimédias qui s’adressent aux 8 à 12 ans

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