Somalie

En Somalie, un vaccin révolutionnaire sauvera des vies

Par Susannah Price

Un nouveau vaccin lancé en Somalie est administré par une piqûre unique qui protège contre cinq maladies évitables.

MOGADISCIO, Somalie, 30 avril 2013 – Au dispensaire pour la mère et l’enfant de Medina, à Mogadiscio,  Abdul Wahab, 6 mois, dort paisiblement dans les bras de sa mère.

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Sans le savoir, Abdul vient tout juste de devenir l’un des premiers enfants de Somalie à recevoir une piqûre qui le protègera contre cinq maladies et augmente considérablement ses chances de survivre au-delà de son cinquième anniversaire.

Lancement d’un nouveau vaccin pentavalent

En Somalie, les taux de vaccination sont faibles. Les résultats de l’enquête en grappes à indicateurs multiples pour l’année 2011 montrent que seulement 11% des enfants de Somalie et 7% de ceux du Puntland ont reçu trois doses de vaccin DTC avant leur premier anniversaire*. Le DTC protège contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.

Le nouveau vaccin pentavalent (cinq piqûres en une) a été lancé mercredi en Somalie avec l’appui de l’UNICEF, de l’OMS et de l’Alliance GAVI. Le vaccin a été lancé à l’occasion de cérémonies qui se sont déroulées à Mogadiscio, Hargeisa (Somaliland) et Garowe (Puntland).

Non seulement le vaccin assure aux enfants somaliens une protection contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche mais il les protège aussi contre l'Hémophylus Influenzae B (Hib), une bactérie qui peut provoquer la pneumonie et la méningite ainsi que l’hépatite B, une gravemaladie du foie grave.

Plus de 1,3 million de doses de vaccins pentavalents seront disponibles cette année pour les enfants somaliens. Chaque enfant aura besoin de trois doses avant son premier anniversaire.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2013/Holt
Au dispensaire pour la mère et l’enfant de Medina, à Mogadiscio, un bébé reçoit le nouveau vaccin pentavalent (cinq piqûres en une) qui protège les enfants contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B et l'Hémophylus Influenzae B (Hib).

Briser le cercle vicieux des décès inutiles

Lors du lancement au palais présidentiel, à Mogadiscio, la Ministre du développement humain et des services publics, le Dr Maryan Qasim, a déclaré aux invités que la Somalie occupait la seconde position pour les taux de mortalité les plus élevés du monde avec près d’un enfant sur dix mourant avant l’âge de 5 ans.  Elle a qualifié l’introduction du vaccin d’« historique ».

« En tant que gouvernement, nous ne pouvons rester inactifs tant que nous ne touchons pas l’ensemble des enfants somaliens, » a-t-elle dit. « Nous nous sommes engagés à toucher chaque enfants des quatre coins du pays. »

Le Représentant de l’UNICEF en Somalie, Sikander Khan, a affirmé qu’il croyait sincèrement que le nouveau vaccin allait faire avancer les choses, particulièrement en ce qui concerne la pneumonie, une des causes majeures de décès chez les enfants en Somalie.

« Même une mort évitable est une mort de trop » a dit Sikander Khan. « Et c’est pourquoi nous sommes aujourd’hui ici. Cela brise en Somalie le cercle vicieux des décès inutiles. »

« Il est important que tous les enfants, en Somalie, aient accès au vaccin pentavalent, » a dit Anne Cronin, de l’Alliance GAVI.
Le Président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud, a affirmé que l’une des priorités principales du Gouvernement était d’améliorer la santé des mères et des enfants.

« L’enfant somalien doit avoir de l’eau potable et recevoir ses vaccins, des choses dont ses semblables, plus riches, disposent partout ailleurs, » a-t-il dit. « L’UNICEF, l’OMS et l’Alliance GAVI sont aux côtés de la Somalie depuis plus de vingt ans, ont perdu du personnel et du matériel et ont été confrontés à des menaces et à des difficultés pour sauver les vies somaliennes. » 

« Au nom du peuple somalien et en mon nom propre, j’aimerais vous dire “Merci beaucoup”, » a-t-il ajouté.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2013/Holt
Au dispensaire, des mères attendent que leurs bébés soient vaccinés. Le Gouvernement a introduit le nouveau vaccin avec l’appui de l’Alliance GAVI, de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’UNICEF.

Permettre aux enfants d’exister

Le Président du Puntland, Abdirahman Mohamed Farole, a lancé le vaccin au Puntland au Ministère de la santé. Lors de la cérémonie, une formation a chanté des chansons consacrées au vaccin. 

« Grâce à la vaccination, nous pouvons lutter contre les maladies responsables des décès d’enfants, » a-t-il dit. « Tout comme les gens disposent d’armes leur permettant de se protéger, notre corps a aussi besoin de protection et la vaccination permet à nos enfants d’exister. » 

Au Somaliland, le Vice-Président, Abdirihman Zeilici, a supervisé la cérémonie avec le Ministre de la santé, le Dr Hussein Mahamud Mahamed. Abdirihman Zeilici a également administré le premier vaccin.

Mieux sensibiliser

« La clé du succès est d’accroître la couverture vaccinale, » a dit le chef du service de pédiatrie de l’hôpital Benadir de Mogadiscio, le Dr Lul Mohamed.

« Nous avons besoin d’un important programme de sensibilisation pour faire connaître aux mères l’importance du vaccin et les pousser à venir. Cela requiert aussi un engagement ferme de la part du Gouvernement, » a-t-elle dit.
En fait, le petit Abdul a été amené au dispensaire pour la mère et l’enfant de Medina parce que ses quatre frères et sœurs aînés, qui n’avaient été vaccinés contre aucune maladie, ont tous attrapé la rougeole.

« Quand mes enfants les plus âgés sont tombés malades, je suis venue ici pour en savoir plus sur les vaccinations, » a dit sa mère. « À présent, je sais que ce garçon, mon dernier né, doit recevoir toutes les vaccinations pour qu’il soit protégé. »

* Pour des raisons de sécurité et d’accès, l’enquête  n’a pas été menée en Somalie centrale et méridionale.


 

 

Photographie: l'immunisation

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