Somalie

Des bourses scolaires aident de jeunes Somaliennes à franchir les obstacles

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© UNICEF Somalie/2012/Dhayi
Filsan Faisal Ismail écoute les instructions de son professeur de l’école primaire Gurya Samo à Hargeisa, Somalie. Après avoir dû abandonner l’école à cause de la situation économique difficile de sa famille, la jeune fille a obtenu une bourse et est retournée à l’école.

Par Ban Khalid Al-Dhayi

HARGEISA, Somalie, 2 octobre 2012 – Pour Filsan Faisal Ismail, 14 ans, qui vit dans le district d’Hargeisa, un diplôme scolaire pourrait être une passerelle vers un avenir meilleur.

Mais Filsan a perdu ses deux parents alors qu’elle était encore toute petite.  Sa tante s’est occupée d’elle mais elle ne pouvait pas prendre en charge les frais scolaires. Filsan a donc dû abandonner l’école, en quatrième année d’école élémentaire.

Scolarisation en baisse pour les filles
Les familles somaliennes à faibles revenus ne peuvent acquitter les frais scolaires, ni se payer les uniformes et le matériel nécessaire pour apprendre. La capacité limitée des autorités à assurer l'efficacité des services éducatifs pour les enfants somaliens est aussi un obstacle. Le taux de scolarisation des filles et des garçons reste faible, mais pour les filles, il est nettement plus faible. Selon le Ministère de l'éducation et de l'enseignement supérieur, en 2011, le taux de scolarisation des filles dans le Somaliland était de 38 pour cent, contre 50 pour cent pour les garçons. Cette différence est attribuée à la persistance des barrières socio-culturelles et économiques qui empêchent les filles en général d’aller à l'école. Ces obstacles sont plus élevés pour les filles provenant de milieux défavorisés et marginalisés.

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La tante de Filsan la raccompagne à pied de l’école jusqu’à chez elle. Au décès de ses parents, sa tante l’a accueillie chez elle.

La spécialiste UNICEF de l’éducation sur le terrain à Hargeisa, Safia Jibril , affirme que la situation des filles des familles pauvres, déplacées, des clans minoritaires et d'autres communautés marginalisées, ainsi que des filles orphelines de ces communautés et des autres, est bien pire, car elles n’ont souvent pas de filet de sécurité.

« Quand les parents ont beaucoup d'enfants, la préférence est donnée aux garçons, quand il s'agit d'aller à l'école, dit-elle. Les filles de ces communautés ont tendance à rester à la maison pour s’occuper des frères et soeurs en l'absence de la mère ou d'aider leur mère à prendre soin de la maison pendant que cette dernière tente de gagner un peu d’argent pour la famille en faisant des petits boulots ».

Le prix élevé des serviettes hygiéniques, ou leur absence, est un autre facteur ; ne pas en disposer embarrasse les filles, sape leur confiance et est responsable de leur mauvaise performance en classe, de leur manque de réussite pour passer au  niveau suivant,  de leur manque d’assiduité et de leurs taux élevés d'abandon scolaire.

Les bourses scolaires offrent des possibilités 
L'UNICEF appuie le Ministère de l'éducation et de l'enseignement supérieur pour aider les filles marginalisées du nord-ouest et du nord-est de la Somalie à aller à l'école. Le programme vise à améliorer à la fois l'accès et la qualité de l'éducation des filles en offrant un ensemble complet de bourses d'études par le biais du Fonds de  la participation féminine accélérée  à l'éducation (AFPE). Ce fonds permet d'améliorer les perspectives d’avenir des filles vulnérables et défavorisées de ces régions somaliennes en les épaulant tout au long du cycle complet d'études.

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Safia Jibril, Spécialiste de l’éducation sur le terrain pour l’UNICEF à Hargeisa parle à Filsan à l’école primaire Guryo Samo. Mme Jibril explique que la situation des filles des communautés marginalisées s’est aggravée, car elles n’ont souvent pas de filet de sécurité.

Le programme aborde de front les principaux obstacles qui empêchent ces jeunes filles de s'inscrire, de rester à l’école, de participer efficacement aux travaux en classe et de progresser  vers des niveaux  d’enseignement plus élevés.

Il y a actuellement 453 filles dans l'enseignement primaire, secondaire, tertiaire et universitaire, dans le nord-ouest et nord-est de la Somalie, qui reçoivent ces bourses d'études. La bourse moyenne pour une fille dans le premier cycle de l'enseignement primaire est de 193 dollars des États-Unis pour une année. Pour une fille à l’université, la bourse est de 1262 dollars. La bourse comprend l'inscription et frais de scolarité, l'argent de poche, les billets d'autobus, l’uniforme scolaire et les chaussures, les manuels, des articles de mathématique et des cahiers.

Je vais tout faire pour réaliser mon rêve
En 2011, saisissant l'occasion  d’améliorer son éducation grâce au fonds  AFPE, Filsan a demandé et obtenu une des bourses offertes par l'UNICEF et le Ministère de l’éducation et de l'enseignement supérieur pour les orphelins et les filles dans le besoin.

« Même si j'ai perdu trois ans à faire des tâches ménagères, je suis maintenant en sixième année à l'école primaire Samo Gurya à Hargeisa, dit Filsan. Si je continue à recevoir ce soutien pour mes études, je ferai tout pour réaliser mon rêve de devenir médecin ».


 

 

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