Somalie

En Somalie, des poêles économes en combustible pour prévenir la violence sexuelle et générer des revenus pour les familles vulnérables

Il y a un an, le 20 juillet 2011, les Nations Unies déclaraient l'état de famine dans deux régions du sud de la Somalie, le point critique d'une crise humanitaire secouant la Corne de l'Afrique. Après un élan de soutien international, la famine a pris fin en février 2012 et, dans la région, d'innombrables vies ont été sauvées. Mais, en Somalie, en Éthiopie et au Kenya, 8 millions de personnes ont toujours besoin d'aide humanitaire et les opérations de secours de l'UNICEF se poursuivent.

Par Silje M. Heitmann

MOGADISCIO, Somalie, 25 juillet 2012 –  Les filles et les femmes de Mogadiscio disent que c’est lorsqu’elles ramassent du bois de chauffage qu’elles courent le plus grand risque de se faire agresser sexuellement. Les enfants âgés de 5 à 14 ans sont particulièrement exposés car ce sont eux qui sont le plus souvent affectés à cette tâche.

VIDÉO (en anglais) : La correspondante de l’UNICEF Susannah Price enquête sur les poêles économes en combustible, instruments d’une vague de changements pour les femmes et les filles de Somalie déplacées par la famine de l’an dernier.  Regarder dans RealPlayer

 

« Il n'y a pas de solutions de rechange pour moi. Je dois aller dans la brousse, là où se cachent les milices, pour ramasser du bois car je dois faire la cuisine trois fois par jour pour mes frères et mon père », affirme une fille de 13 ans à Mogadiscio. « Je ne permettrai jamais à mes frères de ramasser du bois, car ils pourraient se faire tuer. Au lieu de cela, je peux juste être violée ».

Pour réduire le besoin de bois de chauffage, l'UNICEF/ Somalie et ses partenaires soutiennent deux projets qui fournissent des poêles économes en combustible aux filles et femmes déplacées dans tout Mogadiscio. Ces projets permettront à la fois de réduire la vulnérabilité des filles et de leur donner du temps libre, ce qui facilitera leur retour à l’école.

Un revenu pour les familles vulnérables
Les poêles utilisent des déchets comme les enveloppes de maïs comme source d'énergie, réduisant ou éliminant la nécessité de ramasser du bois. Plus de 16 000 poêles seront distribués aux familles vulnérables et aux familles ayant plus de huit enfants, à Mogadiscio.

Image de l'UNICEF
© UNICEF VIDEO
Chaque jour, Halima Abdikadir, une mère de quatre enfants, fait deux kilomètres à pied pour chercher du bois de chauffage aux environs de Mogadiscio, une corvée dangereuse car elle risque de se faire attaquer.

L'UNICEF a conçu ces projets afin de protéger les enfants, mais ils ont un autre avantage, celui de fournir un revenu à plus de 150 familles qui vont fabriquer ces poêles.

Anisa, une mère célibataire de trois enfants, vit dans le camp de déplacés de Siliga. Elle gagne maintenant un revenu en tant que fabricante de poêle. « C’est incroyable de voir comment  on peut fabriquer un très beau poêle en argile avec un peu de ferraille et de terre… Cela me donne l’espoir d’avoir une vie décente à l'avenir », dit-elle. Ma fille et moi n’irons plus dans la brousse pour ramasser du bois. Nous n'aurons plus peur d’être violées ou agressés sexuellement ».

Amina, une mère de sept enfants, a également participé à un atelier de production de poêles. Elle a appris à faire la partie du poêle qui est en argile et Abshir, 26 ans, un père de  quatre enfants, a appris à faire l’extérieur métallique des poêles. Les ateliers leur ont également appris à gérer leurs entreprises.

Image de l'UNICEF
© UNICEF VIDEO
L’UNICEF et ses partenaires espèrent qu’un nouveau projet de poêles économes en combustible pour des familles déplacées réduira ou éliminera la nécessité de ramasser du bois de chauffage.

« Je pensais que ça allait être comme tous les autres ateliers, où on nous forme à la façon de faire des calculs, mais maintenant mon horizon s’est élargi, et cela va m’aider à développer mon entreprise dans l'avenir », a déclaré Abshir.

Des compétences pour toute la vie
« Avant cette formation, je n'étais qu'un ouvrier temporaire dans divers chantiers de construction. Des fois, je travaillais pendant plus de dix heures par jour pour gagner moins de cinq dollars. Certains jours, je n'avais même pas de travail et cela signifiait que ma famille n'avait rien à manger ce jour-là », affirme Abdi Abdulla, un père de deux enfants qui a bénéficié des programmes de formation. « Grâce à cette formation, mes espoirs d’une vie meilleure se sont rallumés... Grâce à cette formation, j'ai l'occasion d'obtenir les compétences qui m’aideront à faire vivre ma famille dans le confort sans avoir à m’inquiéter de savoir ce qu’ils mangeront pendant la journée ».


 

 

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