Somalie

En Somalie, l’UNICEF construit des salles de classe et forme des professeurs pour les enfants déplacés par les conflits

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© UNICEF Somalie/ 2011/ Morooka
Les enfants suivent attentivement la leçon à l’école primaire du camp pour personnes déplacées de Shabelle, au nord-est de la Somalie.

Par Iman Morooka

BOSSASO, Somalie, le 26 mai 2011 – Dans la classe numéro deux d’une école primaire située dans le camp pour personnes déplacées de Shabelle à Bossaso, Abdijabar Odol Mohamed, directeur adjoint et professeur de mathématiques a inscrit au tableau plusieurs questions.

Il lit l’une des questions à voix haute. Les enfants lèvent la main pour y répondre. M. Odol désigne l’un des élèves, qui crie avec entrain la bonne réponse. « Bravo ! », lui répond-il.

De nouvelles classes pour un meilleur apprentissage

M. Odol travaille à l’école de Shabelle depuis cinq ans. Il explique que la situation de l’école s’est considérablement améliorée depuis environ six mois, après la construction d’un nouveau bâtiment. Avant, les classes avaient lieu dans une tente où les enfants souffraient des conditions météorologiques difficiles de Bossaso.

« La situation actuelle n’est pas comparable à la situation passée. À présent nous disposons d’un espace favorable à l’apprentissage des enfants, nous avons des classes et des fournitures, des toilettes et de quoi se laver les mains », explique M. Odol.

305 enfants dont 234 filles sont maintenant scolarisés dans cette petite école. Elle fonctionne avec deux roulements, un le matin et l’autre l’après-midi, afin de pouvoir accueillir le nombre croissant d’élèves. Les résultats sont surprenants.

« Les enfants apprennent mieux désormais. Nous disposons d’un meilleur environnement et le nombre d’élèves scolarisés a doublé parce que les enfants préfèrent passer leur temps à l’école », explique M. Odol.

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Abdijabar Odol Mohamed enseigne à une classe remplie d’élèves dans l’école primaire du camp de Shabelle, à Bossaso.

L’établissement humain dont dépend cette école au nord-est de la Somalie accueille 1250 familles déplacées principalement par le conflit et l’insécurité alimentaire au sud du pays. Beaucoup sont Bantus, un groupe ethnique minoritaire, ce qui renforce la vulnérabilité des habitants du camp de Shabelle. Ils sont souvent marginalisés, souffrent de discriminations et ont donc moins accès aux services de base.

L’appui aux enfants déplacés

M. Odol fait lui-même partie de la communauté de Shabelle. Il y est arrivé en 1998 après avoir quitté la région de Somali, en Éthiopie. Depuis, il s’est installé dans le camp avec sa femme et ses 12 enfants et fait partie des cinq professeurs de l’école, qui lui rapporte environ 60 dollars des É.-U. par mois.

Malgré ce salaire modeste, M. Odol affirme qu’il continuera d’enseigner au sein de sa communauté. « Je veux continuer à enseigner à ces enfants, mes enfants », affirme-t-il. « J’espère que les enfants à qui j’enseigne sauront en grandissant être autonomes et aider leurs familles ».

Grâce à des contributions des gouvernements des Pays-Bas, de l’Espagne, du Japon, de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement et du ministère du Développement international du Royaume-Uni, l’UNICEF a pu continuer à appuyer l’éducation des enfants déplacés en Somalie.

L’UNICEF construit des salles de classe, forme des professeurs, fournit du matériel d’apprentissage et d’enseignement ainsi que des uniformes scolaires et distribue des documents justificatifs pour s’assurer que les enfants aillent bien à l’école plutôt que de travailler pour soutenir leurs familles. L’UNICEF fournit également des incitations financières pour les enseignants.

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Les enfants prennent leur pause déjeuner à l’école primaire du camp de Shabelle, à Bossaso. L’UNICEF a reconstruit les classes afin de garantir l’accès à l’éducation.

« Nous devons garantir la présence de professeurs dans les écoles pour que les enfants puissent bénéficier d’un enseignement. Puisque les autorités gouvernementales et les communautés locales n’ont pas les capacités financières de rémunérer de manière fixe les professeurs des écoles pour enfants déplacés, l’UNICEF participe à la rémunération de 1100 professeurs en Somalie », explique Salad Dahir, spécialiste de l’éducation à l’UNICEF.

À l’école de Shabelle, chaque enfant possède un ensemble complet de manuels et de matériel d’apprentissage fournis avec l’appui de l’UNICEF.

Les bénévoles des communautés

Les efforts des professeurs pour éduquer les enfants de leur communauté sont également appuyés par des bénévoles formés par l’UNICEF qui travaillent en tant que membres des comités d’éducation communautaire et servent d’intermédiaires entre la communauté et l’école.

« Lorsque les professeurs nous informent que tel ou tel élève a cessé de venir en cours, nous rendons visite à ses parents afin de les convaincre de renvoyer leur enfant à l’école », explique Fatuma Hashash, membre du comité de la communauté de Shabelle.

« Normalement, il faut payer des frais de scolarité pour envoyer ses enfants à l’école. Au camp, ça n’est pas le cas, c’est pourquoi nous devons profiter de cette opportunité pour offrir une éducation à nos enfants », a-t-elle ajouté. « Plus tard, ils pourront exercer une activité et trouver un travail grâce à ce qu’ils ont appris à l’école, et s’assurer que leurs enfants reçoivent aussi une éducation ».


 

 

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