Somalie

Carnet de route : l'UNICEF apporte son aide pour la fourniture d'eau aux régions de la Somalie frappées par la sécheresse

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© UNICEF Somalie/ 2011/ Warfa
Des femmes et des enfants vont chercher de l'eau à un puits de forage récemment construit dans la localité de Galinsor, près de Galkayo, au centre de la Somalie. L'UNICEF vient juste d'achever un programme pour l'eau financé par la Coopération italienne de développement.

Maulid Warfa est Responsable des situations d'urgence en Somalie. Il a récemment effectué une visite dans des parties isolées de la Somalie en tant que membre d'une équipe de l'UNICEF appartenant à une mission surveillance chargée de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène dont le but est d'évaluer, sur le terrain, les besoins dans la zone touchée par la sécheresse.

Par Maulid Warfa

GALKAYO, Somalie, 20 avril 2011 – Nous avons pris la route samedi et nous sommes dirigés vers l'est à partir de notre base de Galkayo en direction de Hobyo, une ville côtière qui sert d'abri à certains pirates somaliens. Après seulement quelques kilomètres de conduite, nous étions dans un semi-désert poudreux sur un sol brûlant. Le premier campement où nous sommes arrivés était le petit village de Bitale, un point stratégique de ravitaillement en eau pour le bétail. Bien que le campement soit pauvre, il est fier de son imposante antenne de télécommunications : un des signes de l'essor technologique en Somalie.

Le reste du paysage est plat et aride. On avertit notre chauffeur qu'il doit suivre strictement les traces des voitures qui sont devant pour éviter les mines terrestres qui risquent de se trouver sur notre chemin. Dans la route sableuse, il a du mal à manoeuvrer la lourde voiture blindée.

Forage pour trouver de l'eau

Après environ trois heures et demie de conduite – un périple de 100 km – le chauffeur indique une tour de forage. Nous sommes à Heeco où l'UNICEF épaule le forage d'un puits pour fournir de l'eau à la communauté locale. Nous avons l'impression d'être nulle part mais, selon Abdirahman Issack, Chargé de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement à l'UNICEF, environ 20 000 pastoraux bénéficieront de ce puits lorsqu'il sera achevé.

« Décider de l'endroit où forer le puits a pris quatre mois d'épuisantes consultations avec les anciens de trois différents clans locaux, les responsables locaux de Galmudug et les partenaires non gouvernementaux », nous dit Abdirahman Issack.

Le forage en lui-même n'a pas été facile. « Il nous a fallu deux mois pour arriver où nous sommes à présent », dit Daniel Kimani, le responsable kényan des forages qui travaille sur le site, « mais nous avons finalement atteint l'eau et après avoir coffré le puits, nous devrions pomper d'ici le week-end prochain ».

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© UNICEF Somalie/ 2011/Abuuru
Le forage d'un puits pour l'apport d'eau appuyé par l'UNICEF est aussi en cours à Heeco, à 110 km à l'est de Galkayo, au centre de la Somalie.

Tandis que Douglas Abuuru, un autre Spécialiste de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement à l'UNICEF, analyse des échantillons d'eau et de terre collectés pendant les différentes étapes du forage, Bastien Vigneau, Responsable des opérations sur le terrain de l'UNICEF pour la Somalie du Sud et centrale, observe : « Dans ce secteur, où trouver de l'eau semblait être une tâche impossible, nous y sommes parvenus. A présent, nous sommes vraiment en train de toucher le " dernier quintile " ! »

Source de conflit 

L'UNICEF souhaite répondre en Somalie aux crises de l'eau récurrentes grâce à des solutions plus durables : par conséquent, outre le puits de forage de Heeco, l'UNICEF a foré trois puits de plus grande importance stratégique dans le centre de la Somalie avec un financement provenant de la Coopération italienne de développement.

Pendant des années, l'eau a été une source majeure de conflit dans cette partie de la Somalie et nous en avons eu les preuves visibles lors de notre retour vers Galkayo. À seulement 70 km de notre destination, notre convoi s'est soudainement arrêté à la vue d'hommes armés entre train de chasser des animaux d'un abreuvoir. 

Notre escorte miliaire est allée voir de quoi il s'agissait et a réussi à calmer les choses. Il s'est avéré que les hommes armés nous avaient pris pour un clan rival venu piller leur point d'eau. Il y a six ans, plus de 50 personnes sont mortes alors que deux clans s'étaient affrontés pour un point d'eau similaire se trouvant à proximité. 

C'est pourquoi notre action est importante. Les puits de forage n'apportent pas seulement de l'eau mais ils agissent aussi comme catalyseurs en faveur de la paix en permettant de créer stabilité et sécurité.


 

 

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