Somalie

L’accès à l’eau potable améliorer la qualité de vie des familles de Berbera (Somalie)

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2009/Ysenburg
Fatma Ali, une résidente de Berbéra membre de la Régie municipale de l’eau, montre un morceau d’une canalisation rouillée qui a été remplacée par un tuyau neuf grâce à un projet pour l’eau salubre soutenu par l’UNICEF.

Par Iman Morooka

La Journée mondiale de l’eau, célébrée le 24 mars, veut sensibiliser le public à l’importance vitale de l’eau salubre et de l’assainissement pour les pays en développement. Voici l’histoire d’un des projets pour l’eau salubre soutenus par l’UNICEF.

BERBÉRA, Somalie, 23 mars 2009 – Jusqu’à une date récente, Berbéra, une ville côtière du Nord-ouest de la Somalie, souffrait d’une alimentation en eau insuffisante ainsi que de sa mauvaise qualité et du mauvais état du réseau de distribution.

Le système d’adduction d’eau de Berbéra remonte au XIXe siècle et à l’Empire ottoman, quand ce réseau alimenté par gravité utilisait la source de Dubar située au pied des montagnes proches. L’eau de la source coulait vers des puits de collecte et l’eau était ensuite dirigée vers des fontaines par des canalisations de fonte et d’amiante.

« J’ai failli quitter la ville à cause de la très mauvaise qualité de l’eau et j’avais peur pour ma santé et celle de mes enfants, » dit Fatama Ali, une résidente de Berbéra mère de huit enfants qui montre un fragment rouillé et fissuré des vieilles canalisations qui apportaient auparavant l’eau aux habitants de la ville.

« Il y avait à Berbéra des cas de diarrhée très fréquents et des gens qui avait des problèmes de reins, ajoute-t-elle. Je conseillais aux gens de faire bouillir l’eau avant de l’utiliser afin d’éviter de tomber malades. »

La réhabilitation du système d’adduction d’eau
Pour répondre à la demande d’eau accrue qui s’est manifestée au début des années 1980, le système existant a été amélioré à plusieurs reprises par diverses organisations internationales, entre autres par l’addition d’une série de puits de forage qui ont donné une plus importante quantité d’eau et permis de satisfaire la plus grande partie des besoins en eau de la ville.

Cependant, la capacité du système existant avait dramatiquement diminué en raison du manque d’entretien, de la rouille des grilles de protection des puits et des canalisations, et d’une mauvaise gestion des ressources. De plus, l’encrassement des canalisations par le dépôt de sédiments avait causé une diminution considérable de la circulation de l’eau tandis que les fissures de ces canalisations permettaient à des polluants de s’introduire dans le réseau aux périodes de basse pression.

En juillet 2008, en réponse à ces besoins et grâce à un financement de l’Union européenne, l’UNICEF a commencé à travailler avec les habitants de Berbéra pour réhabiliter et étendre le réseau d’adduction existant et améliorer de manière radicale son exploitation et sa gestion.

Une approche globale
Le projet se divise en deux séries principales d’objectifs. Les objectifs de réhabilitation physique destinés à améliorer l’état du réseau comprennent :

  • Réhabilitation, nettoyage et protection de la source de Dubar et des puits de forage existants
  • Remplacement des sections obstruées des vieilles canalisations au moyen de tuyaux neufs et répondant aux normes modernes
  • Construction de trois kiosques où les personnes déplacées du hameau de Jalamaaye, voisin de Berbéra, peuvent se procurer de l’eau.

Les autres objectifs concernent l’amélioration de la gestion du réseau d’adduction d’eau grâce à un partenariat public-privé qui implique toutes les parties intéressées – la collectivité, la régie de l’eau et le secteur privé – associés pour assurer de meilleurs services.

Partenariat public-privé
« C’est l’approche globale adoptée pour le projet et qui traite l’ensemble des problèmes dont a souffert le réseau d’adduction d’eau qui en font la valeur durable, » explique le responsable de l’UNICEF pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène en Somalie, Zaïd Jurji.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2009/Ysenburg
L’un des puits pour la collecte de l’eau de la source de Dubar; réhabilité, il est maintenant protégé par un nouveau toit et entouré de clôtures qui empêchent les animaux, des morceaux de bois ou d’autres gros objets d’y tomber et de contaminer l’eau.

« Dans cette initiative, l’enthousiasme et la participation de tous les acteurs est remarquable. Les gens ont pris part à l’enquête sociale préalable et à l’important travail physique comme l’excavation des tranchées pour les canalisations et l’enlèvement des vieux tuyaux; les autorités locales et nationales ont dirigé les travaux et favorisé l’adoption du partenariat public-privé. »

Grâce à cette approche, les rôles distincts et complémentaires de l’État et du secteur privé se renforcent mutuellement et l’UNICEF joue dans ce processus un rôle de facilitateur.

«Grâce à l’eau salubre, je me sens en sécurité »
Fatma Ali est l’un des membres de la Régie municipale de l’eau. « Je suis très fière de participer à ce projet et je considère que c’est l’un des plus considérables et des plus importants de cette région, dit-elle. Grâce à l’eau propre, je me sens en sécurité à Berbéra. »

Grâce à ce projet, la quantité d’eau potable fournie aux 12 000 résidents de Berbéra, y compris aux personnes déplacées, a augmenté de 30 pour cent.

L’UNICEF et l’Union européenne ont été les premiers à introduire l’approche public-privé en Somalie en 1997. Depuis, plusieurs autres bailleurs de fonds importants, dont USAID et le gouvernement danois, se sont joints à eux pour soutenir cette initiative. Aujourd’hui, 10 projets similaires sont en voie de réalisation dans trois régions du pays.


 

 

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