Somalie

Les écoles provisoires donnent aux jeunes somaliens déplacés par le conflit le sens de ce qui est normal

Image de l'UNICEF: Somalia, Temporary schools
© UNICEF Somalia/2008/Warfa
Une salle de classe sous la tente à Afgoye en Somalie.

Par Misbah M. Sheikh

LE LONG DE LA ROUTE D’AFGOYE, Somalie, le 7 mars 2008 – La dernière fois que Saadia, 18 ans, a vu son mari remonte à plus d’un mois, avant que le conflit à Mogadiscio ne l’oblige à s’enfuir avec son nouveau né pour se mettre en sécurité à environ 15 km de la capitale.

« Je me suis enfuie avec mes voisins lorsque les obus de mortier ont commencé à tomber sur notre rue » raconte-elle. « Je ne sais pas où mon mari se trouve, car il était à l’autre bout de la ville à ce moment-là, mais il sait que je suis en sécurité, ainsi que notre fils, et que je vais à l’école primaire. »

Il peut sembler étrange qu’une jeune femme de 18 ans aille en classe sous la tente avec des dizaines d’enfants plus jeunes, mais cette situation, où des centaines de milliers de personnes déplacées sont réunies dans des locaux surpeuplés, comporte bien des aspects bizarres et tristes.

La Somalie est dans la tourmente depuis 1991, époque de la chute de Siad Barre. Vers la fin de l’année dernière, la situation s’est aggravée. Les combats entre le gouvernement et les forces de l’opposition à Mogadiscio se sont intensifiés, entraînant le déplacement d’environ 600 000 personnes. La plupart d’entre elles ont pu trouver refuge le long de la route d’Afgoye. Saadia faisait partie de ces personnes déplacées.

Image de l'UNICEF: Somalia, Temporary schools
© UNICEF Somalia/2008/Warfa
Les enfants devant une salle de classe sous la tente à Afgoye.

Une promesse tenue

Maulid Warfa, l’un des responsables de l’éducation à l’UNICEF, s’est rendu sur la route d’Afgoye en novembre dernier alors que des milliers de gens fuyaient la capitale chaque jour.

« Sous cet arbre-là, nous avons promis aux familles que nous allions trouver le moyen d’installer des écoles pour leurs enfants », s’est-il rappelé, lors d’une visite récente dans le camp.

En janvier de cette année, l’UNICEF et ses partenaires avaient mis en place 28 salles de classe sous la tente. Ces salles de classe provisoires permettent à plus de 7 000 enfants déplacés le long de la route d’Afgoye d’aller en classe. « Je voudrais tout simplement avoir davantage de tentes afin d’accueillir ces enfants assis dehors, » a ajouté M. Warfa.

Quant à Saadia, elle apprécie cet aspect normal dans sa vie quotidienne. « Je m’occupais uniquement du bébé et je m’inquiétais toute la journée,” dit-elle. « Maintenant, je peux au moins me concentrer sur l’instruction, la lecture et l’écriture. »

Image de l'UNICEF: Somalia, Temporary schools
© UNICEF Somalia/2008/Warfa
Saadia, 18 ans, va en classe avec sa fille dans une école provisoire.

L’éducation aide à sauver des vies

L’année dernière, l’UNICEF a lancé un appel à fonds pour lever près de 50 millions de dollars US afin d’aider à sauver la vie de près d’un million de personnes victimes de la violence, de la sécheresse et qui n’ont plus de moyens d’existence en Somalie.

« L’éducation, qui n’est pas considérée comme permettant de sauver les vies, aide beaucoup à les sauver », note le représentant de l’UNICEF en Somalie, Christian Balslev-Olesen, « car elle crée un environnement sûr et sain dans lequel des enfants apprennent et occupent leur esprit pendant que nous nous occupons de l’eau salubre, d’un assainissement adéquat et d’une alimentation suffisante. »

Les 28 écoles provisoires ne sont peut-être pas une solution idéale à le long terme ; aussi l’organisation continue-t-elle à travailler avec des donateurs et des partenaires afin de s’attaquer aux causes des troubles chroniques de Somalie. En attendant, cependant, ces écoles sous la tente  garantissent un droit de base des enfants dans un environnement où bien trop peu de droits sont respectés.


 

 

Vidéo (en anglais)

Février 2008:
Misbah Sheikh, de l'UNICEF, parle de l'éducation d'urgence au long du chemin Afgoye en Somalie.
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Audio (en anglais)

7 Mars 2008:
Christian Balslev-Olesen, représentant de l'UNICEF, parle à propos des difficultés d'éduquer et de protéger les femmes et enfants dans ce pays déchiré par la guerre.
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