Somalie

La Somalie touchée par la pire sécheresse de ces dix dernières années

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2006/ Bannon
Des familles ont marché pendant des journées entières pour atteindre ce camp, situé à l'ouest de Wajid, en Somalie. Elles espèrent y trouver eau et aide humanitaire.

Par Denise Shepherd-Johnson

WAJID, Somalie, 8 février 2006 – Comme des milliers d'autres en Somalie, Faduma Adow Bolis, 26 ans, est confrontée à la dernière des épreuves à frapper son peuple. Le pays, déstabilisé par des années de conflits interethniques et un accès réduit aux services sociaux les plus élémentaires, fait aujourd'hui face à la pire sécheresse de ces dix dernières années.

«La sécheresse est dans la région et nous avons faim, explique Faduma. Nous tuons des dik dik (de petites antilopes) et c’est comme cela que nous survivons. La situation d’ensemble est très difficile : nous avons faim et c'est pareil dans toute la région, dans tout le pays.»

Un paysage ravagé

La sécheresse est en train de ravager le pays, particulièrement dans le sud où des conflits localisés aggravent la situation.

La production agricole devrait s’effondrer et atteindre son niveau le plus bas depuis plus d'une décennie. Dans les régions les plus touchées, la sécheresse a déjà tué entre 20 à 30% du bétail et 80%  risque de disparaîtred’ici à avril.

On estime que 1,5 million de personnes dans les régions nord, sud et centre du pays affrontent une grave crise alimentaire. Les taux de malnutrition ont dépassé 25% dans certains secteurs et on s'attend à ce que la situation empire au cours des prochains mois.

Des points d'eau se sont aussi asséchés, provoquant le déplacement de 400 000 personnes environ.

Dans un village, le point de captage d'eau est à sec depuis novembre 2005. Selon le chef Malak Mohammed Mohlem, ce point de captage vieux de 80 ans n'avait jamais été si sec depuis 1991. «La plus grande priorité est l'eau. Quand quelqu'un se met à perdre du sang, la première chose que vous faites c'est d'arrêter le saignement. Ainsi s'il n'y a pas d’eau, il n'y a pas de vie.»

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2006/ Bannon
Une chèvre cherche vainement de l'eau. Le bassin le plus proche est vide depuis les derniers 70 jours. Le bétail a déjà commencé à mourir à cause de la sécheresse.

Exode dans les régions les plus touchées

A cause du niveau élevé de ses nappes d’eau souterraines,  la ville de Wajid a déjà attiré plus de 12 000 personnes en provenance des zones sinistrées. Elles affluent dans la ville à la recherche de nourriture et d'eau.
Habiba Madker a voyagé avec ses trois enfants pendant cinq jours pour atteindre Wajid. «Nous avons eu un voyage très difficile. Nous n'avions aucun moyen de locomotion. Alors j'ai dû porter les enfants sur mon dos», raconte-t-elle.

«Nous n'avons pas reçu la moindre aide alimentaire depuis que nous sommes arrivés et je ne peux même pas aller chercher du bois pour faire le feu parce que je ne peux pas laisser les enfants seuls. Ceux-ci sont malades car ils ont faim. Et il m’est impossible de retourner d'où je viens...»

Face à cette situation, l'UNICEF, en collaboration avec ses partenaires et les communautés locales, prépare la mise sur pied de sites de distribution de vivres, à côté de tentes scolaires en cours d’installation.L'UNICEF aide aussi des localités comme Kulaan Jurrer, près de Wajid, à construire des réservoirs d'eau.

Mais le responsable de la gestion des urgences d'UNICEF en Somalie, Bob McCarthy, est préoccupé. Il pense que, à cause du grand nombre de personnes arrivant de distances éloignées avec leurs animaux, il n'y aura bientôt plus assez d'eau pour remplir de nouveau le puits. «Depuis deux saisons, les pluies sont très loin de la moyenne annuelle. On se demande comment nous allons pouvoir continuer à faire fonctionner ce point d'eau pour les mois à venir car nous avons encore trois mois de temps sec avant la saison des pluies.»

Alimentation thérapeutique

Parallèlement, l”UNICEF effectue une étude permettant de déterminer le statut alimentaire des enfants de la région. Elle aidera à définir une stratégie de supplémentation alimentaire et à mettre en place de programmes d’alimentation thérapeutique.

La distribution d'aliments enrichis permettra d’enrayer la malnutrition ainsi que les apparitions de maladies. Un programme de suivi de la croissance évaluera la taille et le poids des enfants âgés de 6 mois à 5 ans.

Avec moins de 10% des enfants des zones sinistrées immunisés contre la rougeole et la polio se profile la menace d'une épidémie majeure. L'UNICEF est en train d’accélérer ses campagnes  pour la vaccination et la supplémentation en vitamine A afin de lutter contre ces maladies infantiles.

L'UNICEF Somalie cherche environ 3,7 millions de dollars E.-U. au cours des trois prochains mois dans le cadre du Rapport d’action humanitaire de l’UNICEF pour soutenir les efforts contre la sécheresse en Somalie.


 

 

Vidéo (en anglais)

8 février 2006 :
Le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Rachel Warden, sur la grave sécheresse touchant la Somalie.

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Audio (en anglais)

8 février 2006 :
L'extrême sécheresse en Somalie est responsable du déplacement d'un grand nombre de femmes et d'enfants.
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Reportage photo (en anglais)

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