En bref : Sierra Leone

Sierra Leone : une planche de salut pour mères et enfants

Par Issa Davies

FREETOWN, Sierra Leone, 29 décembre 2015 – Marie Tarawally descend lentement d’un taxi-moto en serrant son bébé Yusufu très fort contre elle. Ils viennent de faire près de 18 kilomètres sur les routes poussiéreuses qui relient leur village, Robuya, au dispensaire de Pate Bana Marank, situé dans le district de Bombali dans le nord de la Sierra Leone.

Image de l'UNICEF: Marie amène son bébé Yusufu au dispensaire de Pate Bana Marank. Mère et enfant ont fait près de 18 kilomètres pour venir dans cet établissement de soins néonatals.
© UNICEF Sierra Leone/2015/Davies
Marie amène son bébé Yusufu au dispensaire de Pate Bana Marank. Mère et enfant ont fait près de 18 kilomètres pour venir dans cet établissement de soins néonatals.

Marie et Yusufu entrent dans le dispensaire où des dizaines de mères attendent avec leurs jeunes enfants de recevoir un traitement contre le paludisme, les infections respiratoires aiguës, la diarrhée, la malnutrition et d’autres maladies infantiles. Ces établissements de santé néonatale sont gratuits et très populaires.

La plus grave menace pour la santé maternelle et infantile

L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré le 7 novembre 2015 que la propagation de l’épidémie du virus Ebola avait pris fin en Sierra Leone, mais la maladie est encore très présente à l’esprit des populations. Le village de Marie a été le dernier du pays à enregistrer un cas de contamination. Pate Bana Marank a été une des communautés les plus touchées du pays, avec 119 décès enregistrés.

Mais même au plus fort de la crise de l’Ebola, ce virus n’était pas la principale cause de décès. La Sierra Leone affiche un des taux de mortalité des moins de 5 ans les plus élevés du monde, 120 décès pour 1 000 naissances vivantes, et le taux de décès maternels le plus élevé du monde, 1 360 pour 100 000 naissances vivantes.

Partenaires des femmes et des enfants

Le Gouvernement et ses partenaires cherchent à mettre fin aux décès maternels et infantiles qui peuvent être évités. L’UNICEF travaille avec des partenaires comme l’Union européenne, le Ministère du développement international du Royaume-Uni (DfID) et l’Agence pour le développement international des États-Unis (USAID) pour soutenir l’initiative pour la gratuité des soins de santé (Free Health Initiative) lancée en 2010 par le Président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma. Cette action comprend la fourniture de médicaments essentiels pour le traitement des maladies infantiles courantes et des mesures pour assurer des accouchements dans de meilleures conditions. Antibiotiques, pilules vermifuges et sels pour réhydratation par voie orale sont inclus dans le lot de produits pharmaceutiques qui est offert gratuitement à tous les établissements de santé secondaires, ainsi qu’aux hôpitaux, et qui est destiné au traitement des mères enceintes et allaitantes ainsi que des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans.

À ce jour, l’Union européenne a dépensé à elle seule 7,6 millions d’euros pour contribuer à cette initiative pour la gratuité des soins de santé en Sierra Leone.

Image de l'UNICEF: Marie se tient à l’entrée du dispensaire, donnant le sein à Yusufu. Les mères et leurs enfants bénéficient des investissements qui sont effectués par le gouvernement et ses partenaires dans les services de santé pour éliminer les décès évitables.
© UNICEF Sierra Leone/2015/Davies
Marie se tient à l’entrée du dispensaire, donnant le sein à Yusufu. Les mères et leurs enfants bénéficient des investissements qui sont effectués par le gouvernement et ses partenaires dans les services de santé pour éliminer les décès évitables.

La modernisation des établissements de santé

Par l’intermédiaire de l’UNICEF, l’Union européenne a aidé le Gouvernement à consolider un système de santé fragile. Les partenaires ont en particulier aidé à améliorer l’infrastructure des établissements de santé et à augmenter les effectifs en personnel hospitalier qualifié. Des travaux ont été engagés dans plusieurs districts à travers le pays pour construire ou rénover 16 établissements anciens et nouveaux.

Pendant l’épidémie du virus Ebola, l’Union européenne a travaillé avec l’UNICEF pour organiser des formations sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses, pour améliorer les connaissances et les informations sur la manière de traiter les maladies évitables ainsi que pour promouvoir des pratiques qui sont toujours utilisées aujourd’hui. Le personnel de santé de Pate Bana Marank continue à appliquer les mesures qui avaient été renforcées pendant l’épidémie de l’Ebola.

Les campagnes de vaccination – qui avaient été suspendues pendant l’épidémie du virus Ebola – ont été relancées en avril. Marie, qui avait contracté la polio quand elle était petite, s’est assurée que Yusufu serait vacciné pendant sa visite au dispensaire.

Des services gratuits d’une immense valeur

Se rendre à Pate Bana Marank peut être un voyage difficile, mais de jeunes mères comme Marie connaissent la valeur de cet effort. Âgée de 20 ans, elle a quatre enfants dont le plus jeune, Yusufu, a un mois, et l’aîné, 6 ans.

« J’ai abandonné l’école et on m’a mariée très jeune quand j’ai perdu ma mère qui payait pour ma scolarité à l’époque, » raconte Marie. Les frais médicaux ont été très élevés pour son premier enfant, mais les soins de santé étant devenus gratuits, elle a pu ensuite obtenir ceux dont elle avait besoin sans sacrifier les maigres moyens financiers de la famille. Pour donner à sa famille qui s’agrandit de meilleures chances dans la vie, elle choisit désormais de recourir aux services du dispensaire plutôt qu’à ceux d’un herboriste traditionnel.


 

 

UNICEF Photographie: Sécurité nutritionnelle

 

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