Sénégal

Au Sénégal, le Directeur général de l'UNICEF observe les effets de l'autonomisation des communautés locales

promotion de la santé et des droits de l'homme en milieu rural

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-0919/Shryock
Des enfants accueillent le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake alors que celui-ci arrive à Keur Simbara, l'un des quelque 4 000 villages du Sénégal qui ont abandonné la pratique de la mutilation génitale féminine/excision.

par Rouxanna Lokhat

THIÈS, Sénégal, 20 mai 2010 –  « Je suis venue pour faire vacciner mon bébé, » dit Anta Ndiou. « De cette façon, il grandira en bonne santé. »

VIDÉO : regarder maintenant

Hier, Anta Ndiou a amené sa fille de quatre mois, Coumba, au dispensaire de Sampathé, situé dans un district de la région de Thiès, dans le Sénégal rural, pour qu'elle soit vaccinée contre la polio, la diphtérie, le tétanos et l'hépatite B. La mère et la fille ont effectué cette visite à la suite du passage à leur domicile d'agents sanitaires locaux venus rappeler à Anta Ndiou l'importance de la vaccination.

Le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake a également effectué hier une visite au dispensaire de Sampathé. Il a assisté aux efforts quotidiens faits par les agents sanitaires locaux pour assurer les soins médicaux; il a également participé à la vaccination de Coumba.

Le dispensaire de Sampathé offre des prestations médicales intégrées gratuites ou à faible coût aux quelque 16 000 habitants du secteur et les agents sanitaires de cette antenne médicale font régulièrement du porte à porte pour informer leurs voisins des moyens de prévenir les maladies.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-0916/Shryock
Le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake tient dans ses bras Alioun Tall, 4 mois, qui vient juste de recevoir une dose de vaccin oral antipolio au dispensaire de Sampathé qui sert d'antenne médicale dans le district rural de la région de Thiès, au Sénégal.

Un effort d'approche de la population est essentiel

 Alors que M. Lake se trouvait au Sénégal pour une conférence mondiale sur l'éducation des filles et l'égalité des sexes se déroulant au début de la semaine à Dakar, il a eu également la possibilité de visiter des dispensaires ruraux situés hors de l'atteinte des  services de santé des zones urbaines. Au Sénégal, les disparités entre les zones urbaines et rurales dans le domaine des soins de santé restent élevées. 

« Cela a confirmé pour moi que nous ne pouvons pas attendre que les systèmes de santé se développent à partir du centre, » a déclaré M. Lake. « Nous devons aussi travailler avec les communautés locales. Elles sont solides. Elles ont simplement besoin des services leur permettant de pratiquer les vaccinations. »

Les efforts d'approche de la population sont particulièrement essentiels pour mettre fin à la propagation de la polio. Dix-sept cas de cette maladie en Afrique de l'Ouest ont entraîné une campagne d'envergure nationale qui a pour but de vacciner 2,2 millions d'enfants sénégalais de moins de cinq ans.

L'Afrique de l'Ouest enregistre également les taux de mortalité infantile les plus élevés du monde. Au Sénégal, pour faire face à ce problème au niveau local, des agents sanitaires offrent tout un ensemble de prestations qui permettent de répondre aux besoins les plus urgents des enfants en matière de santé. Dans le cadre de cette opération, l'UNICEF épaule les agents sanitaires qui apprennent aux mères ce qu'est une alimentation correcte et qui pèsent les enfants régulièrement pour contrôler leur croissance.     

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-0917/Shryock
Dans le district rural de la région de Thiès, au Sénégal, le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake accueille des femmes au dispensaire local de Sampathé qui s'occupe de planification familiale, d'accouchements, de nutrition, de vaccination et offre diverses prestations intégrées gratuites ou à faible coût.

La santé comme droit de l'homme

Pendant sa visite dans la région de Thiès, M. Lake a été accueilli par Demba Diawara, le chef traditionnel de Keur Simbara, alors qu'il pénétrait dans ce village balayé par la poussière. Sous un arbre tout proche, des douzaines de filles et de garçons étaient en train de chanter une chanson sur les droits de l'homme. Un de ces droits, ont-ils appris, est le droit à la santé.

L'ONG Tostan, qui est appuyée par l'UNICEF, a mis en place au Sénégal un programme pour l'autonomisation des communautés locales dans le but d'informer en langue locale les habitants des villages sur la santé et les droits de la femme. Le programme permet d'informer les populations locales, de façon à ce qu'elles puissent avoir la possibilité d'abandonner des pratiques comme le mariage forcé précoce ou la mutilation génitale féminine/excision (MGF/E).

A ce jour, plus de 4000 villages du Sénégal ont déclaré qu'ils ne pratiqueraient plus la MGF/E. Keur Simbara, qui a une tolérance-zéro pour l'excision, est l'une des communautés qui participent au programme d'autonomisation des communautés de Tostan les plus actives.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-0914/Shryock
Le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake s'entretient avec des enfants pendant sa visite au village de Keur Demba Ngoye, une communauté rurale de Fandène, dans la région de Thiès, au Sénégal.

« On peut changer le monde »

Demba Diawara s'est entretenu avec M. Lake de l'importance qu'il y avait à informer la population au niveau local afin que celle-ci puisse prendre ses propres décisions en matière de santé. Il s'est montré particulièrement fier du travail que lui et les femmes de la communauté ont accompli pour mettre fin à la MGF/E.

« J'ai mis mes souliers et je suis allé de village en village pour parler aux gens des risques, » explique le Chef.

Oury Sall, une ancienne exciseuse, a expliqué à M. Lake comment elle avait fait son propre apprentissage grâce à une expérience vécue directement. « Quand j'ai vu les filles qui devaient aller à l'hôpital après l'intervention, je me suis demandé si cela en valait la peine, » a-t-elle dit. « J'ai décidé que cela n'en valait pas la peine. C'était trop dangereux pour la santé des filles. »

M. Lake a félicité Demba Diawara pour la réussite de ses efforts destinés à mettre fin à l'excision. « Je peux voir une autre raison pour laquelle vous avez réussi, » a-t-il ajouté. « Si vous avez derrière vous un groupe de femmes énergiques, vous ne pouvez pas échouer. »

Alors que les femmes et les enfants du village dansaient pour célébrer la santé et les droits de l'homme, le Directeur général de l'UNICEF s'est joint à eux puis leur a fait des adieux chaleureux. « Vous êtes la preuve, » a-t-il dit, « qu'une communauté peut suffire à changer le monde. »


 

 

Vidéo (en anglais)

19 mai 2010 : Le reportage de Guy Hubbard sur la visite du Directeur général de l'UNICEF Anthony dans des des centre d'accueil de santé au Sénégal.
 VIDÉO  haut | bas

Obtenez des vidéos de
qualité professionnelle
chez The Newsmarket

Recherche