Sénégal

Au Sénégal, une campagne innovante réussit à atteindre les communautés les plus isolées

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sénégal/2010/Shryock
Après avoir administré une dose de vaccin polio oral à un bébé, dans la ville de Joal au Sénégal, des agents de santé font une marque sur la main du bébé pour indiquer qu'il a été vacciné.

Par Ricci Shryock

DAKAR, Sénégal, 3 mai 2010 - De part et d'autre du Sénégal, l'UNICEF et ses partenaires s'emploient à vacciner plus de deux millions d'enfants de moins de cinq ans contre la polio. Cependant, beaucoup de ces enfants vivent dans des familles migrantes ou dans des villages isolés dans les îles avoisinantes. Il est alors difficile de les atteindre.

Le Sénégal s'efforce de faire évoluer la situation grâce à une campagne de vaccination contre la polio. En parallèle, les autorités sanitaires tentent de mettre au point de nouveaux moyens pour atteindre les populations reculées.

La campagne s'inscrit dans le cadre d'un effort régional à plus grande échelle, menée par l'Initiative mondiale pour l'éradication de la polio, visant à protéger près de 85 millions d'enfants en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale.

Des populations difficiles à atteindre

Mamadou, deux ans, fait partie de la communauté migrante du Sénégal. Sa famille se déplace de son village à une autre ville chaque année à la recherche de travail. Comme beaucoup d'enfants mobiles, Mamadou n'avait jamais été vacciné.

En janvier, Mamadou a été le deuxième enfant à contracter la maladie au Sénégal cette année. Le 28 avril, 13 cas de polio ont été recensés pour l'année 2010.

Les populations migrantes sont parmi les plus difficiles à vacciner, déclare le Dr Djariatou Sow Sall, spécialiste de la santé pour l'UNICEF au Sénégal. Les familles mobiles ne vivent pas toujours à la même adresse et elles évitent souvent de se rendre dans les institutions, telles que les dispensaires.

« Beaucoup de gens qui ne sont pas originaires de [la capitale] ne se rendent pas dans les centres de santé pour se faire vacciner, » explique le Dr Sow. « Il existe des obstacles culturels et économiques qui nous empêchent de les atteindre. »

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© UNICEF Sénégal/2010/Shryock
Les agents de santé communautaires à Joal, au Sénégal, font du porte-à-porte pour identifier les enfants qui ont besoin d'être vaccinés contre la polio.

Aller plus loin que la stratégie du porte-à-porte

Pour surmonter ces défis, les agents de santé ont décidé d'aller plus loin que la simple stratégie du porte-à-porte. Ils ont mis en place des tentes de plein air dans les lieux publics et ont augmenté le nombre de campagnes de mobilisation sociale, notamment les annonces publiques à la télévision, à la radio et par le biais d'autres médias.

Les équipes de vaccination utilisent également des bateaux pour atteindre les communautés reculées - comme les familles qui vivent dans les îles isolées au large de la côte est du pays, près de la région de Fatick. Le travail peut parfois prendre beaucoup de temps. Dans le département de Foundiougne à lui seul, il existe plus de 20 petites îles dans lesquelles les agents de santé vont devoir se rendre.

Dans ces régions côtières, les familles de pêcheurs migrants vivent très près les unes des autres et les enfants sont souvent vulnérables car ils sont constamment en déplacement, ajoute le Dr Sow.


 

 

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