Sénégal

Au Sénégal, sauver les bébés souffrant d’insuffisance pondérale par un contact humain

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sénégal/2009/Shryock
Des infirmières et des médecins dans certains hôpitaux du Sénégal enseignent la méthode Kangourou. C’est une façon économique et très efficace de réduire dans le pays le nombre de morts néonatales chez les enfants prématurés.

DAKAR, Sénégal, 6 janvier 2010 - Olivier est né en septembre dernier dans un dispensaire du Sénégal rural. Il ne pesait qu’un kilo à la naissance et sa mère, Lourdes Gomez, était en pleurs car elle pensait qu’il ne vivrait pas.

Mais on avait dit aux infirmières du dispensaire d’envoyer les enfants souffrant d’insuffisance pondérale à l’Hôpital du Roi Baudouin, qui est voisin et où, depuis 2009, on utilise une nouvelle méthode pour remédier à l’insuffisance pondérale des enfants et les ramener à la santé.

Prendre du poids
Au Sénégal, on signale une baisse de la mortalité maternelle, qui est passée de 1200 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 400 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2005. Mais, en dépit de ces progrès, la mortalité néonatale reste élevée – 35 enfants sur 1000 meurent dans leurs 28 premiers jours de vie.

C’est en raison de telles statistiques que la méthode Kangourou a été introduite dans certains hôpitaux et cliniques du Sénégal. Cette méthode correspond à une technique peu coûteuse. Elle permet aux mères, dont les bébés souffrent d’insuffisance pondérale à la naissance, de les garder au chaud, en bonne santé et en leur permettant de se développer. Les prématurés comptent pour 24 pour cent des morts néonatales, et un bon nombre de ces décès sont dus à l’hypothermie. En ayant recours à la méthode Kangourou, les mères offrent un contact peau contre peau d’une importance vitale.

Sauver son fils
Lourdes est arrivée avec Olivier à l’Hôpital du Roi Baudouin seulement un jour après sa naissance. Une fois à l’hôpital, les infirmières et les médecins du Service Kangourou lui ont enseigné la méthode. À la différence des nouveau-nés en bonne santé qu’il faut nourrir toutes les trois ou quatre heures, Olivier devait l’être toutes les deux heures afin de garantir qu’il dispose d’assez d’énergie pour rester avec la bonne température.

L’un des principaux éléments de la méthode Kangourou est le contact peau contre peau. En nichant son bébé contre sa poitrine nue, Lourdes a pu maintenir Olivier au chaud grâce à la chaleur de son propre corps. Ainsi, il a pu profiter des précieuses calories du lait de sa mère pour grossir au lieu de les utiliser pour rester au chaud. Cette technique permet en outre au nourrisson d’avoir une respiration régulière grâce en partie aux battements de cœur de sa mère.

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© UNICEF Sénégal/ 2009/Shryock
Lourdes Gomez et son fils, Olivier, sont arrivés dans le Service Kangourou d’un hôpital de Dakar après la naissance d’Olivier, qui ne pesait qu’un kilo. Il est à présent en bonne santé.

Des mères telles que Lourdes se rendent chaque jour au Service Kangourou, jusqu’à ce que leur bébé pèse deux kilos, puis chaque semaine, jusqu’à ce le bébé arrive à trois kilos.

Une méthode qui fonctionne
Moins de trois mois après sa naissance, Olivier se trouve dans une salle de l’Hôpital du Roi Baudouin. Il sourit alors que sa mère le met en équilibre debout sur sa cuisse. Il pèse à présent quatre kilos et il est en bonne santé, dit Lourdes. Il est seulement l’un des 140 enfants qui ont bénéficié l’an passé des interventions du Service Kangourou de l’Hôpital du Roi Baudouin.

Près de Lourdes, se trouve une autre mère dont l’enfant a 18 jours. Il ne pesait que 1,6 kilo à la naissance, puis il a encore perdu du poids. À présent, il pèse 1,65 kilo. Sa mère le garde contre elle et dit qu’elle va continuer à utiliser la méthode Kangourou, car elle a la conviction que cette méthode fonctionne. Lourdes et Olivier en sont la preuve.


 

 

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