Sénégal

Au Sénégal les Journées de la survie de l’enfant se concentrent sur la prévention du paludisme

Image de l'UNICEF: Senegal, bed nets
© UNICEF Senegal/2007/Bakker
Au Sénégal, durant les Journées de la survie de l’enfant, les élèves de l’école élémentaire Dounga Woro Alpha apportent leur moustiquaire pour la faire traiter avec un insecticide.

Par Nisha Bakker

DOUNGA WORO ALPHA, Sénégal, 22 juin 2007 – Dans ce village reculé à la frontière de la Mauritanie près de Natam, au nord-est du Sénégal, on se souvient de la campagne 2007 des Journées de la survie de l’enfant comme d’un immense succès.

Tenue chaque année pendant les deux dernières semaines de mai, la campagne cherche à atteindre tout les enfants de moins de cinq ans, ainsi que les mères ayant accouché récemment. On leur donne des suppléments de vitamine A et des comprimés vermifuges, puis on traite leurs moustiquaires avec un insecticide afin de prévenir le paludisme.

Au cours de la campagne de cette année, une journée spéciale a été consacrée au traitement des moustiquaires dans chaque village de la région pour mieux se protéger contre les moustiques qui transmettent la meurtrière maladie.

Le mois dernier, avant le lancement des Journées de la survie de l’enfant, les professeurs de l’école élémentaire Dounga Woro Alpha ont expliqué aux enfants les dangers du paludisme et comment s’en protéger. Puis on a confié aux professeurs le soin de demander aux enfants d’apporter les moustiquaires de leur famille à l’école.

Les professeurs ont promis que chaque moustiquaire serait traitée avec un insecticide. Ils ont insisté sur le fait qu’une moustiquaire traitée tous les six mois prodigue une bien meilleure protection contre le paludisme qu’une moustiquaire non traitée.

« Nous dormons tous sous une moustiquaire »

Dans la classe de M. El Hadj, professeur du cours de sixième année, les élèves ont apporté leurs moustiquaires dans des sacs en plastique. Les jeunes garçons et filles, tout à la fois excités et curieux, s’étaient mis en rang devant la salle de classe.

Image de l'UNICEF: Senegal, bed nets
© UNICEF Senegal/2007/Bakker
Des travailleurs sanitaires de la région de Matam, au nord-est du Sénégal, traitent les moustiquaires que les villageois leur apportent.

Chacun à leur tour, les enfants pouvaient entrer dans la salle de classe pour y rencontrer une équipe de volontaires de santé qui comptaient le nombre de moustiquaires apportées. Ces travailleurs sanitaires lavaient les moustiquaires, les traitaient avec un insecticide et les étendaient pour les faire sécher.

« A la maison nous dormons tous sous une moustiquaire. J’ai demandé à mes parents si je pouvais apporter nos moustiquaires à l’école aujourd’hui pour qu’elles soient traitées elles aussi, » dit Mariama, 11 ans. « Ils étaient d’accord. Lorsqu’elles auront séché, je les rapporterai à la maison et les remettrai en place ».

« J’ai de la chance, je n’ai jamais attrapé le paludisme », ajoute-t-elle. « Mais mon frère, si. Il a été très malade. Bien sûr que je continuerai de dormir sous une moustiquaire pour me protéger. »

Interrompre la transmission du paludisme

Au cours de la campagne des Journées de la survie de l’enfant, on a traité 62 951 moustiquaires dans la seule région de Matam, pour un coût de 70 cents par moustiquaire. Bien utilisées, ces moustiquaires traitées peuvent diminuer d’au moins 50 pour cent les cas de transmission du paludisme et d’environ 20 pour cent le nombre de décès d’enfants dus au paludisme.

Le paludisme est à l’origine de presque 30 pour cent de l’ensemble des décès d’enfants au Sénégal et de 50 pour cent de toutes les hospitalisations en Afrique. Le paludisme freine le développement des enfants qui y survivent. De plus la maladie est la cause principale des cas d’anémie et de fausse couche des femmes enceintes.

Le paludisme est une maladie courante à Matam, surtout durant la saison des pluies entre juin et octobre. Le Gouvernement sénégalais et ses partenaires ont vigoureusement encouragé l’utilisation des moustiquaires, et maintenant, on compte davantage de personnes qui dorment sous moustiquaires pour se protéger eux et leurs familles.


 

 

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