Sénégal

Au Sénégal, la Directrice générale observe ce que font les communautés pour mettre fin à l’excision

Image de l'UNICEF
© UNICEF Senegal/2006/Bakker
Lors de sa visite au Sénégal, la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman, au centre, a rencontré Fatou Diakhate (à gauche) et Duusu Konate (à droite), deux militantes de la lutte contre les mutilations génitales féminines.

Par Nisha Bakker

KEUR SIMBARA, Sénégal, 13 novembre 2006 – Lors d’une visite au Sénégal, la Directrice générale Ann M. Veneman a pu voir de ses propres yeux comment l’UNICEF et ses partenaires utilisent une démarche centrée sur la communauté pour aider les femmes et les enfants à se prendre en charge – en particulier sur la question des mutilations génitales féminines/excisions (MGF/E).

Accompagnée de représentants de l’organisation non gouvernementale Tostan, Mme Veneman s’est rendue à Keur Simbara, un village qui se situe à 70 km de Dakar, la capitale. Tostan et l’UNICEF s’efforcent ensemble d’aider les villageois – femmes et filles en particulier – à comprendre leurs droits, à s’exprimer haut et fort et à prendre eux-mêmes les décisions qui les concernent.

A l’ombre des arbres du centre, les habitants du village se sont rassemblés pour raconter leurs histoires à Mme Veneman et à la Directrice générale de Tostan, Mme Melching. Parmi les gens présents, il y avait Duusu Konate, une femme de la communauté qui est devenue un membre actif de la communauté grâce au programme soutenu par l’UNICEF.

Abandonner des pratiques préjudiciables

«  Madame Veneman, vous n’avez aucune idée de ce qu’était notre village avant le programme », a dit Mme Konate. « Ici, quand les hommes parlaient sous cet arbre, les femmes n’osaient même pas passer à côté. Moi, j’étais si timide que quand il y avait des hommes autour de moi, je ne parlais jamais fort. L’idée même de parler en public me faisait trembler comme une feuille ».

« Maintenant, comme beaucoup d’autres femmes et hommes du village, j’ai étudié et j’ai appris beaucoup de choses sur nos droits, sur l’égalité et sur la non-discrimination. Cela m’a donné la confiance en moi nécessaire pour vous parler et intervenir devant ma communauté ».

 Mme Konate intervient régulièrement contre les pratiques préjudiciables comme les MGF/E. Après avoir été informée des problèmes physiques et psychologiques que provoque l’excision, Mme Konate – qui a elle-même été excisée quand elle était petite – a joué un rôle capital dans la sensibilisation du public à cette coutume ancienne et dans les efforts accomplis pour qu’elle soit abandonnée dans tout le pays.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Un village près de Dakar, la capitale du Sénégal : ici, les efforts de développement centrés sur la communauté et menés par Tostan, un partenaire de l’UNICEF, ont permis d’améliorer la vie des femmes et des enfants.

« Avant, si vous n’étiez pas excisée, vous ne pouviez pas vous marier dans ce village, dit-elle, vous n’auriez jamais pu trouver un mari. Mais cela a changé et beaucoup de jeunes d’ethnies différentes se marient par amour. Je me suis rendue dans 180 villages et j’ai informé les populations, et finalement, je les ai convaincues d’abandonner la pratique de l’excision ». 

Le modèle de Tostan s’est avéré être une réussite. Aujourd’hui, près du tiers des 5 000 communautés qui pratiquaient la MGF/E ont déclaré l'avoir abandonné.

Une démarche qui s’appuie sur la communauté

La démarche choisie, qui s’appuie sur la communauté et a été mise en œuvre dans des centaines de villages sénégalais, a eu des répercussions considérables sur la question de la  mutilation génitale féminine mais elle a également permis d’améliorer dans le pays  les niveaux de scolarisation, d’enregistrement des naissances et de couverture vaccinale. Les programmes de Tostan veillent également à ce que les femmes participent à la famille et à la société. Ils contribuent en outre à améliorer leur situation économique et à combattre d’autres fléaux, comme les mariages d’enfants.

« Je crois que ce qui rend le programme de Tostan unique en son genre, c’est que nous insistons beaucoup sur la formation en droits de l’homme, et nous le faisons d’une manière qui s’applique à leur propre culture, a déclaré Mme  Melching, qui travaille au Sénégal sur les questions de développement depuis plus de 30 ans.

Apres avoir constaté les progrès accomplis grâce au travail effectué avec des partenaires comme Tostan, Mme Veneman s’est dite impressionnée par le résultat.

« Une chose est claire, a-t-elle dit aux villageois de Keur Simbara, vous avez tant progressé parce que vous vous respectez, parce que les rapports entre vous sont positifs. Cette approche du développement qui se fonde sur la communauté, ce n’est pas seulement un projet, c’est un mouvement ».


 

 

Vidéo (en anglais)

13 novembre 2006:
le  reportage du correspondant de l’UNICEF Thomas Nybo sur la visite de la Directrice générale Ann M. Veneman au Sénégal.
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