Rwanda

Cérémonie pour se rappeler du génocide au Rwanda il y a 14 ans

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En mémoire des victimes, des enfants habillés de violet aident Eugénie Mukeshimana, rescapée du génocide de 1994 au Rwanda, à allumer une bougie.

Par Amy Bennett

NEW YORK, Etats-Unis, 8 avril 2008 – Pour marquer le 14ème anniversaire du génocide au Rwanda, Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies s’est engagé à redoubler d’efforts afin d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.

M. Ban a insisté sur le fait que les Nations Unies – qui n’ont pu prévenir le génocide en 1994 – « ont le devoir moral de tirer les leçons du Rwanda. »

« C’est pourquoi cette journée est aussi un appel à redoubler d’efforts pour empêcher un autre génocide,» a-t-il dit.  « C’est un objectif que je suis résolu à poursuivre, pendant mon mandat de Secrétaire général des Nations Unies et durant les années suivantes ».

Espoir pour les futures générations

Eugénie Mukeshimana a perdu son mari et ses parents au cours du génocide. S’adressant à diverses personnes réunies pour une cérémonie du souvenir au siège des Nations Unies à New York, elle a dit que les survivants ressentent toujours un profond sentiment de perte. Elle ajoute que quelques mères au Rwanda manquent encore aujourd’hui de logement, de nourriture, de soins médicaux pour elles-mêmes et leurs familles.

« Elles espèrent toujours que l’avenir sera meilleur, pas seulement pour elles mais pour les générations futures », dit Mme Mukeshimana. « Cependant, nous ne pouvons oublier que ce qui nous est arrivé se passe en ce moment pour les mamans du Darfour, et c’est bien ce qui peut se reproduire si nous n’y prêtons pas attention. »

Puis Mme Mukeshimana, enceinte au moment du génocide et dont la fille a maintenant 14 ans, allume une bougie en mémoire des victimes, entourée de neuf enfants rwandais.

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Dans son discours du 7 avril 2008 marquant l’anniversaire du génocide au Rwanda, Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, s’est engage à tout faire pour prévenir ces atrocités à l’avenir.

Rejeter le « révisionnisme »

Les tueries au Rwanda commencèrent lorsque l’avion du Président Juvenal Habyarimana s’est écrasé dans des circonstances mystérieuses à l’approche de Kigali, la capitale, le 6 avril 1994. Quelque 800 000 personnes ont péri au cours d’un massacre qui a duré 100 jours.

M. Ban a annoncé qu’il avait nommé des conseillers spéciaux afin d’empêcher des génocides et de protéger les populations civiles contre des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des génocides. Joseph Nsengimana, Ambassadeur du Rwanda auprès des Nations Unies, a instamment demandé aux Nations Unies de rejeter toute tentative de « révisionnisme » visant à nier le génocide. 

« Nous devons rendre justice à ceux qui auraient pu fêter leur anniversaire cette année », a dit Mme Mukeshimana. « Je crois aussi que nous devons faire un effort pour nous adresser aux gens qui essaient de faire croire que le génocide n’a jamais existé ».

Les enfants vivent avec ce souvenir

Quatorze ans plus tard, le souvenir du génocide reste gravé dans les mémoires. De nombreuses capitales de par le monde ont tenu à marquer cet anniversaire. Au même moment, le spectre du conflit dans la région du Darfour au Soudan rappelle les souffrances à grande échelle que provoquent les flambées de violence incontrôlée.

Au Rwanda, le processus d’une réconciliation progresse, la justice juge les coupables et le pays honore les victimes. En ce sens, 14 années, ce n’est pas très long car il reste encore tant à faire.

Les personnes qui sont intervenues au cours de la cérémonie du mémorial ont déclaré que la communauté internationale avait un rôle à jouer dans la réconciliation et la prévention de nouveaux génocides. Ce rôle inclut la prise en charge des enfants qui sont aujourd’hui l’avenir du Rwanda.

« Il y a des enfants qui n’ont pas de parents », rappelle Mme Mukeshimana. « Cela risque de devenir très compliqué pour eux s’ils n’ont personne de chez nous sur qui s’appuyer. Nous devrions être là pour leur servir de guide. C’est très difficile de grandir sans grands-parents, sans parents, sans oncles ni tantes.


 

 

Vidéo (en anglais)

7 avril 2008:
Amy Bennett, correspondante de l’UNICEF, présente une cérémonie du souvenir aux Nations Unies à New York pour marquer le 14ème anniversaire du génocide au Rwanda.

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