Fédération de Russie

Un « triangle de soutien »: une approche de service complet pour aider les familles russes à faire face au VIH

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Dans la ville de Chelyabinsk en Russie, une jeune mère tient son nouveau-né dans un centre pédiatrique dédié exclusivement aux bébés nés de mères infectés par le VIH.

TCHELIABINSK, Russie, 28 mars 2008 – Ils sont âgés de quelques semaines et déjà en danger. Les nouveaux-nés qui dorment dans des chambres inondées de soleil de l’hôpital pédiatrique n° 8 ont des besoins spécifiques que l’on suit soigneusement.

Il s’agit de l’un des rares services pédiatriques du pays, conçus exclusivement pour les nouveaux-nés de mère séropositive. Il est essentiel dans la stratégie de la ville contre le SIDA.

« Lorsque nous avons créé ce service, notre première tâche a été de démontrer le besoin d’un contact intervenant très tôt », explique la directrice de l’hôpital, Irina Kastyan. Afin de répondre à ce besoin, une personne de l’équipe hospitalière se déplace périodiquement dans les maternités de toute la région pour examiner les bébés nés de mère séropositive. Si on constate des complications postnatales, ces bébés sont admis ici.

Tout aussi important, un court séjour des mères dans le service permet au personnel médical d’évaluer leur état de santé physique et mentale. Dans un pays où un fort pourcentage des mères séropositives sont toxicomanes, la prévention d’une transmission verticale du virus est précisément la première mesure à prendre pour assurer le bien-être de l’enfant.

Un programme pionnier

Tcheliabinsk est une ville très industrielle, située sur une importante route de la drogue. Ici, le taux de prévalence au VIH est le double de la moyenne nationale. Depuis le début de l’épidémie au milieu des années 90, plus de 1 500 bébés sont nés dans la région de mères séropositives.

Une bonne  infrastructure médicale permet de garantir à la plupart de ces enfants une santé aussi bonne que celle de leurs pairs, mais ils seront nombreux à pâtir du fait que leurs parents ne profitent pas des services juridiques, sociaux et d’aide psychologique mis à leur disposition pour les aider.

Afin de contribuer à combler le fossé entre les services médicaux pour les nourrissons et l’aide aux familles à plus long terme, la ville de Tcheliabinsk, appuyée par l’UNICEF, dirige un nouveau programme pilote, appelé « Boussole » (Compass).

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Des enfants dans une garderie pour enfants à risque financée par le gouvernement et supportée par l’UNICEF à Chelyabinsk. Environ la moitié des enfants vivent avec le VIH.

Dans la cabane en rondins, récemment retapée, qui sert de quartier général à Boussole, des malades se présentent pour obtenir un rendez-vous avec l’assistant social résident, le juriste ou le psychologue. Certains d’entre eux – les nouvelles mères – ont été incitées à venir par Mme Kastyan, du service pédiatrique. D’autres l’ont été par des membres de l’équipe de sensibilisation de Boussole, qui vont dans la ville parler aux toxicomanes et proposer des tests de dépistage gratuits, des seringues neuves, des préservatifs et de la documentation.

Le directeur du centre, Sergey Avdeev, organise régulièrement des sessions de formation destinées aux enseignants et aux professionnels de la santé dans la salle de conférence du centre. Mais, tout aussi souvent, il se déplace auprès des jeunes du secteur.

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Le directeur du programme ‘Compass’ supporté par l’UNICEF, Sergey Avdeev, porte un bébé venant d’une famille desservie par son organisation, qui fourni une aide sociale à long terme aux foyers affectés par le VIH.

Un « triangle de soutien »

Récemment, M. Avdeev s’est rendu en semaine dans un jardin d’enfants créé par la ville il y a deux ans. Cette école exceptionnelle fonctionne 24 heures sur 24, du lundi matin au vendredi soir, prenant soin de ces très jeunes enfants qui sont déjà passés par le service de Mme Kastyan et auxquels il faut accorder à présent davantage d’attention pour qu’ils se développent.

La moitié d’entre eux seulement sont séropositifs, mais tous vivent avec des parents qui les négligent. En effet, ces parents sont toxicomanes, malades ou cumulent les deux handicaps.

« Je connais tous ces gosses », dit M. Avdeev en faisant sauter un tout petit sur ses genoux. « Leurs parents ont été mes premiers malades. » Il précise qu’un bon nombre de ces enfants, en arrivant pour la première fois dans le jardin d’enfants, étaient dans l’impossibilité de se nourrir ou de s’exprimer. Ils ont appris ces connaissances de base à l’école.

Tout comme Boussole et  le service pédiatrique, le jardin d’enfants fonctionne sur le budget de la ville, mais il compte sur le soutien de l’UNICEF comme premier bailleur de fonds. « Nous disposons ici d’une sorte de triangle de soutien », ajoute la directrice du programme de garderie, Nelly Korovchenko.

Indicateurs de progrès

Au cours de ces dernières années, l’incidence du VIH est restée à un niveau stable à Tcheliabinsk – soit environ 1 800 cas par an. La toxicomanie n’a pas reculé de façon significative, mais, selon les agents de sensibilisation de Boussole, les toxicomanes seraient plus nombreux chaque mois à participer à la réhabilitation.

« Pour nous, chaque individu est important. Si une seule personne cesse de se droguer et change de vie, c’est un signe positif, » dit Ilya Akhlustin, expert auprès de Boussole.

L’UNICEF est encouragé de voir le développement d’un soutien psychologique actif en faveur des mères séropositives. Près de 100 mères et femmes enceintes se sont rendues dans le centre depuis sa création, il y a un an et demi.

Mais pour M. Avdeev, le directeur de Boussole, l’indicateur le plus significatif des progrès réalisés à Tcheliabinsk, c’est l’existence même de Boussole.

« Il est difficile de mesurer si la population dans son ensemble est davantage informée sur le VIH/SIDA », dit-il. « Mais vous pouvez voir, à partir des actions menées par les autorités locales – la création de Boussole et d’une nouvelle garderie, par exemple – que les autorités accordent beaucoup plus d’attention au problème. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Février 2008:
La correspondante de l’UNICEF, Elizabeth Kiem, parle du réseau d’aide sociale et médicale de pointe aux personnes touchées par le VIH dans la ville de Tcheliabinsk.
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