En bref: Philippines

Aux Philippines, vivre à l'ombre du danger

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/McBride
Le volcan du mont Mayon, symbole permanent d'une possible catastrophe, s'élève au-dessus de la ville de Legazpi, aux Philippines.

PROVINCE D'ALBAY, Philippines, 24 décembre 2009 – Au moment où retentit la sonnerie, à l'école élémentaire San Jose, le personnel enseignant, les élèves et leurs parents savent exactement quoi faire. Ils se sont auparavant entraînés à ces manœuvres et ils savent que, dans ce coin des Philippines prédisposé aux catastrophes, cet exercice pourrait un jour sauver de nombreuses vies. Car, derrière cette école, enveloppée de brume et de vapeur, se trouve le volcan du mont Mayon, le symbole permanent d'une catastrophe potentielle.

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Alors que les élèves sortent en file dans la cour, certains enfants emmènent des livres et du matériel pédagogique dans une salle sécurisée. Ils simulent ensuite la façon dont ils seraient évacués s'il s'agissait d'une véritable situation de crise. 

 Dans un bloc de classes spécialement conçu, les « personnes évacuées » se mettent à déplacer des cloisons, des bureaux et des chaises afin de créer un endroit spacieux. Ce bloc a été construit avec l'aide de l'UNICEF comme centre d'évacuation en cas de crise.  

Malgré les perturbations, l'école continue à fonctionner.

« Nous devons prendre certaines dispositions, » explique la directrice Adelia B. Vibar. « Nous pouvons avoir les cours le matin pour les élèves du secteur et les nouveaux venus peuvent avoir leurs cours l'après-midi. »  

La vie à l'ombre du danger
Adelia B. Vibar peut se référer à sa propre expérience. En plus des menaces d'éruptions et des glissements de cendre volcanique instable déplacée par des pluies torrentielles, cette province d'Albay est également prédisposée à aux typhons dévastateurs qui balayent l'océan Pacifique.

La tempête la plus dévastatrice de ces dernières années a eu lieu en 2006 avec le typhon Reming.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video/2009
Les programmes et investissements en faveur de l'éducation ont prouvé leur valeur, ayant réussi à créer une communauté moralement déterminée et à développer une nouvelle génération de dirigeants.

Ayn Realasa, 14 ans, s'en souvient très bien. « Notre toit a été emporté, » se rappelle-t-elle. « Nous pensions que c'était la fin mais nous nous en sommes sortis. »

En tant que représentante des élèves à son Conseil pour la réduction des risques dus aux catastrophes, Ayn doit jouer un rôle important pour préparer ses camarades du lycée Marcial O. Ranola (MORMS) à la prochaine situation d'urgence.

Cours de secourisme
Dans le cadre du programme de préparation aux catastrophes, Ayn et son équipe donnent régulièrement des cours de secourisme aux autres élèves, sachant qu'un jour leurs connaissances pourront peut-être permettre d'atténuer les souffrances de leurs familles et de leurs voisins ou même sauver des vies.

Le cours est vivant et se déroule dans la bonne humeur. Un décompte à mains levées fait à la demande d'Arnaldo Arcadio, un consultant de l'UNICEF sur l'enseignement dans les situations d'urgence, montre que presque la totalité du personnel enseignant et des élèves ont déjà vécu le passage d’un typhon capable de mettre leurs vies en péril. 

« Les risques seront toujours là, » dit-il après la fin du cours avec les élèves. « Mais si nous avons un groupe d'élèves informés, je suis sûr que nous pourrons minimiser les conséquences de ces catastrophes. »

Collaborer pour identifier les risques
Appuyée par l'UNICEF, l'organisation non gouvernementale TABI organise un certain nombre de programmes dans les écoles d'Albay.  A l'école élémentaire San Jose, Antonette Liquigan, 11 ans, dirige un groupe d'élèves qui identifient les risques potentiels autour de l'école dans la salle de classe délaissée à cause de l'intense trafic de la route principale, à l'extérieur des portes de l'école. 

Après avoir effectué et réussi une nouvelle visite de l'enceinte de l'établissement avec son équipe, elle dit : « Je suis heureuse d’aider des enfants et de pouvoir les mettre en sécurité. »

Le travail de TABI avec la communauté locale est axé sur l'autonomie, sachant que dans les périodes de crise, ses membres risquent de n'avoir qu'eux-mêmes pour s'entraider. 
« Quand on ne peut pas compter sur le gouvernement, ce que nous avons, ce sont les enfants, » explique Maricris Binas. une coordinatrice de TABI. « Ce que nous avons, c'est la communauté locale. »

Ces programmes et ces investissements en faveur de l'éducation ont prouvé leur valeur, en renforçant la détermination de la communauté et en développant une nouvelle génération de dirigeants pour un avenir plus sûr.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage du correspondant de l'UNICEF, Rob McBride sur les programmes de prévention des catastrophes à proximité d'un volcan aux Phillippines.
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