En bref: Pérou

De nombreux enfants meurent de froid

Image de l'UNICEF
© UNICEF Peru/2005
Dans certaines communautés bénéficiant d’un soutien de l’UNICEF, 100 pour cent des enfants souffrent de malnutrition chronique, ce qui les expose à des maladies respiratoires mortelles.

Par Dana Schimmel

NEW YORK, 28 juin 2005 – Dans les montagnes du Pérou, des enfants meurent régulièrement de froid en hiver. Entre juin et août, la température tombe souvent au-dessous de zéro dans les secteurs des Andes où l’altitude est la plus élevée, entraînant ce que certains appellent une « situation d’urgence » due au froid.

Mais pour l’UNICEF, on ne peut parler de « situation d’urgence ». Comme le dit M. Andres Franco, Représentant de l’UNICEF au Pérou, les vagues de grand froid sont prévisibles et ces décès évitables :

« A l’UNICEF, nous travaillons à la survie de l’enfant. Nous aidons à éviter que des enfants ne meurent. On essaie de plus appeler cela une « urgence ». En effet, comment peut-on parler d’urgence lorsque le phénomène se reproduit chaque année ? »

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À mi-juillet 2004, on avait attribué le décès de 60 enfants aux températures glaciales.

Dans certains secteurs où intervient l’UNICEF, 100 pour cent des enfants souffrent de malnutrition chronique. Ils ne disposent pas d’une nutrition et d’un logement adaptés à des conditions climatiques extrêmes et sont particulièrement exposés à des infections telles que la bronchite et la pneumonie, qui constituent la cause principale de mortalité durant ces froids.

« En général, les enfants de moins d’un an sont les plus vulnérables. Ils contractent des maladies respiratoires et sont très vite emportés », explique M. Franco.

Si les approvisionnements ne sont pas acheminés avant mai, ils arriveront souvent trop tard. De fortes chutes de neige recouvrent les routes et les rendent impraticables, et il devient impossible d’atteindre les communautés à risque – surtout celles qui se trouvent au-dessus de 3 500 mètres. Des milliers d’enfants sont en danger.

« Cette année, nous intervenons plus activement pour la prévention. Nous avons préparé des équipes qui sont censées atteindre ces communautés avec l’aide du Ministère de la santé. Nous avons déjà envoyé des poêles à bois dans les secteurs que nous savons devoir être touchés, ainsi que des vêtements chauds, surtout pour les enfants de moins d’un an et pour les mères ».

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Le froid constitue-t-il une « situation d’urgence » s’il est prévisible et si les décès qu’il entraîne sont évitables ?

L’UNICEF parraine également des ateliers locaux en vue d’aider à apprendre aux mères et aux agents sanitaires  à reconnaître les symptômes d’une exposition au froid. Toutefois, malgré ces efforts, il est certain que d’autres enfants vont souffrir tout comme ces dernières années.

À mi-juillet 2004, on avait attribué le décès de 60 enfants aux températures glaciales.

« Certains des chiffres dont nous disposons proviennent en fait des rapports du Ministère de la santé et je suis certain qu’ils ne constituent que le sommet de l’iceberg ».

L’UNICEF fournit régulièrement des vêtements chauds, des couvertures, des poêles et des antibiotiques. Les pouvoirs publics et les organisations au niveau local – et la Ministre de la santé, Pilar Mazzetti – se sont engagés à mettre fin à la tragédie habituelle.

« Le plus triste, c’est que les plus touchés sont – comme toujours – les plus exclus. Et ce sont en général les enfants qui sont exclus », dit M. Franco.

L’an dernier, des représentants de l’UNICEF ont déclaré sans ambages que l’action du Gouvernement péruvien, une intervention qui a déplu au gouvernement.

« Sur cette question, nous nous sommes engagés dans un travail constructif avec les autorités péruviennes. La culture du pays est tellement pénétrée par le fait que chaque année des enfants doivent mourir à cause du froid ! Et personnellement, je ne trouve pas cela normal. Cela ne devrait pas arriver aujourd’hui ».

Malheureusement, en dépit des efforts de l’UNICEF et d’autres organisations, la situation devrait se répéter, dans la mesure où les températures hivernales les plus basses sont enregistrées en août et septembre.


 

 

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