Pakistan

Au Pakistan, la mise au premier plan de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène améliore la santé et l'alimentation des enfants

Par David Youngmeyer

La Journée mondiale de l'eau, célébrée chaque année le 22 mars, attire l'attention sur l'importance de l'eau potable pour le développement. La Journée mondiale de l'eau met en relief l'importance de l'eau pour la sécurité alimentaire mondiale.

DISTRICT DE MUZAFFARGARH, Pendjab, Pakistan,  21 mars 2012 – Dans le Pendjab rural, à l'intérieur des bâtiments d'une ferme couverte de poussière, Ume Hani, 7 ans, aide sa tante, Ume Hassan, 16 ans, à préparer des pains plats. Ume Hassan est assise sur le sol, plongeant ses mains dans de l'eau salubre alors qu'elle pétrit la pâte.

VIDÉO : le reportage de l'UNICEF sur les communautés des zones rurales du Pakistan touchées par les inondations et qui reconstruisent leurs installations pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène.  Regarder dans RealPlayer

 

Dans tout le Pakistan, le pain est un aliment de base important. Bien que l'eau potable soit un élément de moindre importance dans le processus de fabrication du pain, elle est essentielle pour protéger les enfants du Pakistan de la diarrhée et de la malnutrition, deux causes de mortalité.

Eau et malnutrition

Comme des millions d'autres personnes, la famille d'Ume Hani a été gravement touchée par les pluies de mousson qui se sont abattues sur le pays en 2010. Elle a abandonné son domicile pour échapper à la montée des eaux de crue et est revenue pour trouver leur domicile et leurs récoltes endommagés. Les eaux de crue avaient aussi contaminé la nappe d'eau souterraine « Quand nous sommes retournés chez nous, l'eau de la pompe manuelle sentait mauvais et n'était pas potable », dit Ume Hassan. « Les gens se rendaient dans des secteurs éloignés qui n'avaient pas été touchés par les inondations pour aller chercher de l'eau. Nous avions aussi l'habitude, pour boire, de prendre de l'eau dans les canaux. Beaucoup d'enfants ont eu la diarrhée, dont ma nièce, Ume Hani, et de nombreux enfants sont devenus très maigres ».

L'UNICEF a apporté une aide d'urgence sous forme, entre autres, d'eau potable, de comprimés pour la purification de l'eau et de bidons ; il a aussi participé à des opérations durables de gestion par la communauté de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène.

« L'eau potable est essentielle pour éviter les maladies d'origine hydrique, telles la diarrhée, qui peuvent s'avérer fatales pour les jeunes enfants », explique Sabahat Ambreen, Chargée de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène à l'UNICEF. « Des épisodes répétés de maladies diarrhéiques rendent aussi les enfants vulnérables à d'autres maladies et à la malnutrition ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2012/Zaidi
Ume Hassan, 16 ans, utilise de l'eau salubre pour préparer des pains plats dans sa maison des abords du village de Chakar Dari, au Pakistan.

La diarrhée est une des causes principales de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Au fil du temps, la santé des enfants peut être gravement compromise et ils risquent de souffrir de retard de croissance et de déficience intellectuelle. Selon une enquête nationale sur la nutrition conduite en 2011, 46,3 pour cent des enfants des zones rurales de moins de cinq ans étaient atteint d'un retard de croissance et 33,3 pour cent d'insuffisance pondérale.

Les inondations ont également partout endommagé les récoltes, contribuant à l'insécurité alimentaire.

L'hygiène et l'assainissement sauvent des vies

L'amélioration de l'assainissement et de l'hygiène est essentiel pour la protection de la santé et de la nutrition des enfants. Dans le village de Chakar Dari, un programme pour le changement de comportement a encouragé les familles à construire ou améliorer les toilettes et découragé la défécation à l’air libre. Des cours d'hygiène ont fait connaître aux enfants et à leurs familles l'importance de se  laver les mains au savon.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2012/Zaidi
Les habitants du village recueillent de l'eau potable dans une station de filtration d’eau que soutient l'UNICEF à Chakar Dari, au Pakistan.

« Des agents chargés d'encourager l'hygiène sont venus dans notre école et nous avons appris qu'il était important de se laver les mains, d'utiliser des toilettes pour rester en bonne santé » raconte Ume Hani.

La campagne a été si fructueuse que la communauté a été officiellement reconnue comme débarrassée de la défécation à l’air libre. Muhammad Ibrahim, un technicien médical qui dirige le comité de village pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène, dit que la santé des enfants s'est améliorée depuis la campagne.

« Les enfants ne tombent pas aussi malades. Là où on avait dix patients, il y en a à présent un ou deux », constate Muhammad Ibrahim. Les commerçants locaux disent que les ventes de savon augmentent. « Je suis fier de ce qui a été réalisé pour le village », dit Muhammad Ibrahim.

Avec l'appui de l'UNICEF et de ses partenaires, le Punjab Rural Support Programme (PRSP) et la fondation Hisaar, une station de filtration d’eau a aussi été installée dans le village. La station traite les eaux souterraines, les rendant potables pour les 300 familles du village et des environs. Un comité local supervise le fonctionnement de la station et prendra la responsabilité de son entretien au terme de sa première année d'activité.

Des programmes pour stimuler les revenus et la production alimentaire

Près de là, dans le village Pattal, qui est aussi débarrassé de la défécation à l’air libre, l'UNICEF appuie un programme pilote de traitement des eaux qui améliorera l'assainissement, l'agriculture et le revenu de la communauté.

Le projet, géré par la communauté, créera un « milieu humide » où les eaux usées seront traitées grâce à une série de grands bassins. Cela réduira le problème des eaux usées non contrôlées et l'eau traitée sera utilisée pour fertiliser les récoltes afin de stimuler la production. Le programme appuiera aussi des initiatives de création de revenu. Parmi celles-ci : une plantation pour les agrumes, l'élevage de poulets, de bétail et de poisson, la culture de champignons et un projet portant sur le biogaz.

« L'eau contaminée était une source de maladies pour les enfants et leur familles mais, une fois traitée, elle favorisera la santé, un meilleur revenu et davantage de biens alimentaires pour la communauté et elle contribuera à un meilleur état nutritionnel pour les jeunes enfants », affirme Sabahat Ambreen. « Grâce à toutes ces opérations positives, nous pouvons observer des améliorations dans le domaine de la santé au sein de la communauté ». 


 

 

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