Pakistan

Aider les enfants sans foyer à quitter la rue au Pakistan

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2009/Ramoneda
Ali (au centre) parle avec des enfants des rues afin de les inciter à se rendre dans un centre pour enfants aidé par l’UNICEF.

Par Antonia Paradela

KARACHI, Pakistan, 19 février 2010 – Des dizaines de milliers d’enfants vivent ou travaillent dans les rues de cette ville, la plus grande du Pakistan. C’est dans ces rues qu’Ali (son nom a été modifié) vivait autrefois.

Ali a quitté sa famille en raison des violences physiques qu’il subissait. À l’âge de 14 ans, il est venu dans l’un de ces centres pour enfants que dirige la Fondation Azad, une organisation non gouvernementale qui bénéficie de l’appui de l’UNICEF. À présent, âgé de 18 ans, il travaille comme pair éducateur pour les enfants des rues.

« Lorsque je vais dans la rue à la recherche d’enfants, je vois la situation dans laquelle ils se trouvent, » explique Ali. « Je leur parle et je leur suggère de venir au centre avec moi. Je leur dis qu’ils y trouveront un médecin et qu’on leur donnera là une certaine éducation. Si leurs vêtements sont déchirés ou s’ils ont les pieds sales, je leur dis qu’ils peuvent se laver et réparer leurs affaires dans ce centre. »

« Je peux comprendre »

Ali aide aussi d’autres enfants à quitter la rue et à échapper à la drogue. Étant un jeune, il sait que c’est essentiel de gagner la confiance des enfants des rues. « Je leur raconte ma propre histoire, je leur dis que j’étais un enfant des rues comme eux et je leur montre que maintenant ma vie est agréable. Je peux comprendre leurs difficultés, » dit Ali.

« Certains croient ce que je dis. D’autres ont peur ou se méfient de mes intentions. La plupart des enfants auxquels je parle viennent au centre. Même ceux qui sont réticents viennent au bout de deux ou trois jours », ajoute-t-il.

« Les enfants qui vivent dans la rue sont exposés à tous les dangers, » a indiqué la psychologue de la Fondation Azad, Waseen Fatima. « Il est courant qu’ils se droguent et la plupart d’entre eux sont victimes de maltraitances ou harcèlement sexuels. »

Surmonter sa peur

Le travail d’Ali constitue un défi. « J’éprouve une sensation de peur lorsque j’approche les enfants des rues. Parfois, je me vois comme si j’étais encore l’un d’eux, » a-t-il confié. « Mais je surmonte ma peur car, à présent, je suis confiant. J’ai le sentiment d’être appuyé par l’équipe du centre pour enfants. J’ai fait du chemin. »

Le processus de réinsertion a été difficile pour Ali. Il a participé deux fois à des programmes de réinsertion mais il a continué après cela à prendre de la drogue. Trois fois, il a été réuni avec sa famille, pour se trouver à nouveau séparé et revenir à la vie de la rue.

Ali a été finalement dans un foyer dirigé par la Fondation Azad, qui l’a sorti de la rue et préservé de ses tentations. Maintenant, il a trouvé un travail dans le centre, il vit à nouveau avec sa famille, qui bénéficie, elle aussi, d’un soutien psychologue.

« Tout n’est pas simple, mais il est soutenu, » a dit Fatima.

« Lorsque je suis venu [dans le centre], je n’étais rien », se rappelle Ali. « J’ai appris bien des choses, à lire et à écrire.... Ce qui est plus important, j’ai appris à aider d’autres enfants qui vivent dans la rue. »


 

 

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