Pakistan

Reconstruire la vie des familles affectées par le conflit dans le Swat

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Des familles de retour chez elles passent devant des boutiques fermées et d’autres bâtiments clos, dans une rue de la ville de Mingora, du district de Swat, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest, au Pakistan.

Par Shandana Aurangzeb Durrani

MINGORA, Pakistan, 13 août 2009 – Taj Meena, une mère de dix enfants, est originaire d’un petit village de la belle vallée de Marguzar, qui était autrefois un paradis touristique recherché du district de Swat, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest, au Pakistan. Au début du conflit, en avril, sa famille, contrairement à des milliers d’autres, a décidé de rester.

Dans la mesure où Taj Meena et son mari louaient leur terre, cette famille nombreuse ne disposait pas des ressources suffisantes pour s’en aller. Mais il leur a fallu payer le prix de plus de deux mois de conflit passés ici.

« Nous avons vécu des moments très difficiles, survivant pendant des jours avec des épinards bouillis, » raconte Taj Meena. « La santé de mes enfants en a gravement souffert et ils ont beaucoup maigri, car il était extrêmement difficile de se procurer de la nourriture. »

Elle se trouve aujourd’hui à l’Hôpital central de Mingora avec ses deux filles les plus jeunes, Marva, 4 ans, et Syma, 18 mois, qui ont été hospitalisées pour une diarrhée aqueuse aiguë et des infections cutanées.

« J’étais tellement heureuse lorsque l’hôpital a été ouvert et que nous avons pu y amener nos enfants. Ils vont beaucoup mieux, à présent, » explique Taj Meena.

Des moments difficiles
D’autres familles, qui se sont trouvées piégées dans les zones de conflit, ont, elles aussi, été confrontées à d’extrêmes difficultés.

Jamila Gul Sher est la mère de six enfants, dont Hamdan, âgé de trois ans, handicapé mental et physique de naissance.

« Nous sommes d’abord allés à Lahore pendant un mois, mais il nous a fallu revenir parce que Hamdan était gravement malade et qu’il ne pouvait pas supporter la grosse chaleur qu’il y a dans les plaines, » explique-t-elle .

L’époux de Jamila, Gul Sher, qui avait une affaire prospère à Mingora, a décidé de rentrer avec sa famille en juin, alors que le conflit faisait encore rage. Il ne pouvait pas se permettre de la laisser à Lahore, et il se débat encore dans des problèmes financiers.

« Les produits alimentaires sont maintenant disponibles sur le marché, mais nous n’avons pas d’argent pour en acheter » confie Jamila. « Aujourd’hui, mes enfants sont allés à l’école sans prendre leur petit déjeuner, car nous n’avions pas de farine de blé. Ce qui nous préoccupe beaucoup, mon mari et moi, c’est que nous ne sommes pas en mesure de nourrir nos enfants. Nous ignorons comment rebâtir nos vies. »

Services gratuits aux patients ambulatoires
« Comme la situation s’améliore dans la vallée, les familles ont la possibilité d’accéder aux services de santé, en particulier les femmes et les enfants, » explique le chef du service pédiatrique de l’Hôpital central de Mingora, le Dr Ali Jan. « Notre capacité d’accueil est limitée et il nous faut faire face à un afflux énorme de patients. »
 
L’hôpital offre des services gratuits aux patients ambulatoires, qui sont environ 1600 chaque jour. 

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Hamdan, âgé de trois ans, handicapé mental et physique de naissance, avec sa mère Jamila Gul Sher, à l’Hôpital central de Mingora.

« Le nombre de patients devrait augmenter avec le retour de ceux qui reviennent de la plaine, et ceux qui sont restés sur place ont accès à l’hôpital, » précise le directeur, le Dr Noor Afridi. « Les besoins sont aussi importants que le nombre de patients. Deux années d’un conflit sans répit ont gravement pesé sur la situation des familles en matière de santé et de nutrition, surtout pour les femmes et les jeunes enfants. »

Un travail de reconstruction en cours
Les installations scolaires ont été durement frappées par le conflit, 150 écoles ayant été détruites ou endommagées dans le Swat. Les écoles ont été réouvertes le 1er août, mais la plupart des classes ont lieu en plein air, sous des tentes ou dans des abris de fortune. La reconstruction de l’infrastructure scolaire constitue une priorité urgente.

Alors que la paix revient peu à peu dans le Swat, il existe une demande pressante de services de base, émanant à la fois des familles restées sur place et de celles revenant des plaines.

Il est absolument nécessaire d’appuyer les premiers efforts de reconstruction en cours dans ces zones, actuellement sous financés.

Pour faire face à ces besoins, l’UNICEF doit obtenir 53 millions de dollars É.-U. à titre d’appui aux premiers efforts de reconstruction, notamment la remise en état des systèmes d’approvisionnement en eau détruits ou endommagés, la fourniture de services sanitaires et éducatifs de base et la protection des enfants.


 

 

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