Pakistan

Des soins de santé pour les mères et les femmes enceintes déplacées par le conflit au Pakistan

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-0656/Ramoneda
Un bébé emmailloté dort dans un lit d'hôpital du complexe médical de Mardan, dans la province de la Frontière du Nord Ouest. Le complexe, qui sert d'hôpital général pour Mardan et les districts des environs, a mis en place une unité de traitement pour les personnes déplacées par le conflit.

Par Alistair Ingi Gretarsson et Shandana Aurangzeb Durrani

MARDAN, Pakistan, 5 juin 2009 - « Je n'ai rien pour l'enfant dont je suis enceinte. J'avais fait tellement de vêtements pour mon bébé mais je n'ai pas pu les emporter avec moi, » dit Azra qui est enceinte de neuf mois de son troisième enfant et est venue pour un examen prénatal à l'unité de soins généraux du Camp Sheikh Yasin, à Mardan.

Azra et son mari Farooq sont arrivés au camp avec leurs deux jeunes enfants il y a bientôt trois semaines pour échapper aux combats dans leur ville natale de Mingora, dans la vallée de Swat. Ils font partie de la bonne dizaine de milliers de personnes déplacées qui vivent aujourd'hui dans le camp Sheikh Yasin.

Azra est si mince qu'il est difficile de dire qu'elle est dans la dernière phase de sa grossesse. La fatigue et le traumatisme émotionnel sont clairement visibles sur son visage. « Nous ne sommes pas riches mais à Swat, nous menions une vie confortable. Notre maison manque à mes enfants et ils pleurent tout le temps, » affirme-t-elle. Sa plus grande préoccupation est aujourd'hui de savoir si elle pourra accoucher de son enfant en toute sécurité.

Services indispensables à la survie

L'unité de soins de santé généraux du camp Sheikh Yasin est un des quatre centres médicaux mis en place avec l'appui de l'UNICEF pour venir en aide aux personnes déplacées qui vivent dans les camps.

Les femmes enceintes, les mères de nouveau-nés et les nouveau-nés font ici l'objet d'une attention particulière et reçoivent aussi des soins prénatals et post-natals indispensables à leur survie. Environ 1100 femmes sont prises en charge dans les quatre centres médicaux. 

Selon le chef de service de l'unité de soins médicaux généraux, Neelum Jehangir, on compte pour ce seul camp  environ 400 femmes enceintes. « La plupart de ces femmes sont traumatisées et arrivent au camp en très mauvaise santé. Elles ont souvent besoin d'une attention médicale urgente, » dit-il.

Soins ininterrompus

A l'unité de soins, les femmes enceintes subissent régulièrement des examens et reçoivent les vaccinations indispensables. Pour assurer à ces femmes des soins ininterrompus durant l'accouchement, l'UNICEF facilite leur transport à l'hôpital et leur assure nourriture et prise en charge médicale.  

« Nous veillons à ce qu'elles accouchent de leurs bébés en toute sécurité, » dit le Dr Neelum. « Si nous n'apportons pas ces prestations, un grand nombre de mères et d'enfants risquent de mourir. »

Mehr-un-Nisa est enceinte de neuf mois. Bien qu'elle ait précédemment accouché de quatre enfants, elle n'avait jamais subi d'examens prénatals avant d'arriver au camp. Elle semble trop jeune pour  avoir donné naissance à cinq enfants mais, comme beaucoup de femmes des zones rurales du Pakistan, elle n'est pas sûre de son âge. « Mes quatre aînés sont nés chez moi et leur accouchement avait été très difficile. Cette fois, mon bébé est né à l'hôpital et les choses ont été bien plus faciles, » raconte Mehr-un-Nisa.

Besoins extrêmes et urgents

La majorité des personnes déplacées dans le conflit actuel du nord du Pakistan sont des femmes et des enfants. L'UNICEF s'efforce de veiller à ce que l’on respecte leur droit aux soins de santé indispensables à leur survie; qu'elles disposent d'installations en eau et en assainissement correctes; que les enfants soient à l'abri des violences, des mauvais traitements, de l'exploitation et que leur scolarité ne soit pas perturbée. 

Cependant, il est impératif aujourd'hui d'élargir les prestations indispensables et essentielles à la survie non seulement des femmes et des enfants qui vivent dans les camps mais à celle de ceux qui vivent dans des communautés d'accueil de plus en plus surchargées. Pour cela, une augmentation rapide et substantielle des fonds est nécessaire. 

Actuellement, moins d'un quart des fonds que l'UNICEF estime nécessaires pour apporter une réponse effective à la crise jusqu'à la fin de 2009 ont été reçus.

Avec 12,8 millions de dollars reçus par rapport aux 53,3 millions nécessaires, l'UNICEF a besoin de 40,5 millions de dollars de plus pour pouvoir apporter l'aide la plus nécessaire et la plus urgente dans les domaines des soins de santé, de nutrition, d'éducation et de protection de l'enfance.


 

 

Vidéo (en anglais)

5 juin 2009 :
Un reportage de la correspondante de l'UNICEF, Chris Niles sur les efforts de l'UNICEF pour soigner les femmes enceintes déplacées par le conflit au Pakistan.
 VIDÉO  hautbas

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