Pakistan

Une main tendue aux orphelins affectés par les combats dans la vallée de Swat

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2009/Gretarsson
Le petit Muzammil et son frère Anas, 10 ans. Ils ont perdu leur père l'an dernier lors de l'explosion d'une bombe avant de venir s'installer à l'orphelinat Akhpal Kor de Swat, au Pakistan.

Par Alistair Ingi Gretarsson et Shandana Aurangzeb Durrani

PESHAWAR, Pakistan, 1er juin 2009 - « Notre mère manque à Muzammil et il veut retourner dans notre maison de Mingora, » dit Anas, 10 ans. Son frère et lui ont perdu leur père l'an dernier lors de l'explosion d'une bombe et leur mère n'a plus les moyens de s'occuper d'eux. Le petit Muzammil reste aussi près qu'il le peut de son frère et refuse de participer à la conversation.

Anas et Muzammil sont arrivés à l'école modèle et orphelinat pour garçons d'Akhpal Kor à Swat peu avant que les combats s'intensifient dans la région et que la population de la ville soit obligée de s'enfuir. Ils font désormais partie des soixante-quinze enfants orphelins vivant dans un refuge provisoire dans une école publique de la ville de Peshawar.  L’UNICEF soutient ce refuge.

Au 27 mai, plus de 2,5 millions de personnes avaient été inscrites dans six districts sinistrés. Parmi elles, 167 565 vivent dans des camps conventionnels tandis que 2,3 millions d'autres disposent de moyens d'hébergements divers. Les personnes restantes habitent avec des amis ou des parents de plus en plus débordés, dans des logements loués ou dans des abris de fortune à l'intérieur des écoles et autres édifices publics.

Fuir les combats

Imran Khan, 25 ans, est un homme discret doté d'un grand cœur. Il est le professeur d'Anas et de  Muzammil et le coordinateur de l'orphelinat Akhpal Kor. Akhpal Kor veut dire « ma maison ».

Quand les combats se sont intensifiés, beaucoup de garçons ont réussi à s'enfuir mais 25 d'entre eux se sont retrouvés pris au piège au milieu des combats. Munis de quelques provisions indispensables dans leurs sacs à dos, les garçons et leur professeur se sont enfuis de l'orphelinat.

« Les forces gouvernementales ont levé le couvre-feu pendant cinq heures et tout le monde s'est enfui, » dit Imran. « Mais il y avait tellement de gens qui ne pouvaient se procurer de moyen de transport. Alors nous avons marché pendant 40 kilomètres. C'était très difficile pour les jeunes garçons et nous n'avions pas le choix, il n'y avait pas d'autre moyen de s'en sortir. »

Séparé du groupe

Après un périple long et pénible, Imran et les garçons ont finalement atteint la ville de Peshawar. Avec l'aide de l'UNICEF et de partenaires locaux, un logement leur a été offert ainsi que de quoi manger et diverses autres choses indispensables.

Cependant, alors qu'ils s'enfuyaient de Mingora, un des garçons plus âgés, Obaid Ullah, 16 ans, avait été séparé du groupe. Incapables de le trouver, ils n'avaient pas eu d'autre choix que celui de poursuivre leur route.

« J'étais prêt à tout  pour procurer à ces garçons un endroit sûr aussitôt que possible, » affirme Imran.

Retrouver sa famille

Quand Obaid s'est retrouvé séparé du groupe, sans endroit où aller, il a décidé d'essayer de retourner à l'orphelinat de Mingora. Cependant, aussitôt après avoir pénétré dans la ville, il a été appréhendé et a été interrogé toute la nuit. Par la suite, il s'est débrouillé pour retourner seul à l'orphelinat.

Obaid est resté cinq jours à l'orphelinat. Finalement, Imran s'est arrangé pour entrer en contact avec celui-ci et a organisé le voyage d'Obaid pour qu'il puisse rejoindre en toute sécurité son frère et le reste des garçons au refuge de Peshawar.

Obaid Ullah est heureux que lui, ses amis et le personnel de l'orphelinat soient tous en sécurité mais sa vie à Swat lui manque.

« Il fait très chaud ici et mes professeurs me manquent. Je veux rentrer, » dit-il.

Un endroit sûr

Avec l'appui de l'UNICEF, l'hébergement des enfants et leur scolarisation sont assurés dans une école de la ville, où il disposent de quoi manger, de vêtements, de souliers, d'une literie ainsi que de tout le nécessaire. Ils reçoivent également des soins médicaux de base dont une aide psychologique pour les aider à faire face aux commotions qu'ils ont subies. L'UNICEF veille également à ce que leur scolarité se poursuive en les dotant de sacs scolaires, de livres de classe et de diverses autres fournitures scolaires.

Depuis son arrivée à Peshawar, Imran a repéré d'autres enfants vivant avec des membres éloignés de leur famille dans les camps pour personnes déplacées et il leur a demandé de venir au refuge de Peshawar. Pour l'instant, soixante-quinze enfants vivent dans l'abri mais Imran est certain que leur nombre va augmenter.


 

 

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