Pakistan

« Nous étions effrayés » : Alors que les approvisionnements arrivent, les enfants s’efforcent de faire face aux défis nés du conflit au Pakistan

Image de l'UNICEF: Pakistan, supplies, conflict
© UNICEF Pakistan/2009/Paradela
À Yar Hussain, un camp pour personnes déplacées à cause du conflit entre les forces gouvernementales et des groupes armés dans le nord-ouest du Pakistan, des filles sont en classe dans une tente scolaire et elles retrouvent le sens de la normalité. Cette tente scolaire utilise des fournitures de l’UNICEF.

Par Antonia Paradela

PROVINCE DE LA FRONTIÈRE DU NORD-OUEST, Pakistan, 29 mai 2009 – Sous la tente où sont accueillis des élèves de première année, dans le camp pour personnes déplacées de Yar Hussain, les filles sont en train de réciter les leçons du jour. Habiba Rojan est assise parmi le groupe d’élèves de six à sept ans. Elle paraît beaucoup plus âgée que les autres mais elle ignore son âge car elle n’a pas été enregistrée à la naissance. Elle pense avoir 12 ans.

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Dans le conflit qui oppose les forces gouvernementales et des groupes armés dans le nord-ouest du Pakistan, Habiba et sa famille se sont trouvées prises au piège, dans leur logement, pendant deux semaines, sous les tirs de mortiers et les bombardements de l’aviation.

« Nous étions très effrayés chaque fois que nous entendions les avions voler au-dessus de notre maison. Mes sœurs et mon frère pleuraient », a-t-elle confié.

La famille de Habiba fait partie des millions de personnes qui sont parties de chez elles en raison de ce conflit de plus en plus violent. C’est l’aspect humain du déplacement le plus considérable et le plus rapide que le pays ait connu dans son histoire.

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© UNICEF Pakistan/2009/Paradela
Avec l’aide de l’UNICEF, des filles telles que Habiba peuvent être scolarisées dans les camps pour personnes déplacées à cause du conflit au Pakistan.

Des besoins humanitaires croissants

En raison du conflit, plus de deux millions de personnes ont été forcées de partir de chez elles, venant s’ajouter au demi-million de ceux qui sont encore sans abri du fait du tremblement de terre qui a dévasté cette région en 2008. Plus de la moitié de ces déplacés sont des enfants. Ils ont des besoins qu’il faut satisfaire d’urgence et qui s’accroissent chaque jour.

Plus de 320 filles et garçons fréquentent l’école primaire soutenue par l’UNICEF de Yar Hussain. Habiba fait partie de ces élèves. L’administration du district a affecté à l’école des enseignants locaux et l’UNICEF a offert des cartables, des fournitures scolaires et assuré le transport des enseignants.

Mais les écoles provisoires fonctionnant actuellement ne peuvent pas accueillir tous les enfants se trouvant dans les camps. Des milliers d’entre eux ne sont pas scolarisés et il y en a beaucoup d’autres dans la même situation qui vivent en dehors des camps.

Le nombre de ces enfants devrait augmenter très fortement dans la mesure où les arrivées de familles déplacées se poursuivent. Devant l’aggravation de la crise humanitaire, l’UNICEF a lancé un appel, demandant 41 millions de dollars É.-U. afin de répondre aux besoins immédiats de familles qui vivent dans des conditions empirant de jour en jour.

Des approvisionnements d’urgence

Les approvisionnements d’urgence de l’UNICEF au Pakistan sont presque épuisés ; l’organisation a commencé l’acheminement d’une aide supplémentaire et prépare l’expédition de 35 tonnes d’équipement depuis sa plateforme logistique centrale de Copenhague.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-0573/Brooks
Une femme âgée et une jeune femme, son bébé endormi dans les bras, s’abritent sous une tente dans le camp pour personnes déplacées d’Aman. Ce camp se trouve dans le district de Swabi, province de la Frontière du Nord-Ouest, au Pakistan.

« Il reste encore à dresser la liste des besoins, mais nous avons déjà une idée du nombre de trousses d’[urgence] qu’il nous faut préparer et, pour le recensement de ce qui doit être expédié, nous adoptons une démarche dynamique », a précisé le Coordinateur de l’urgence de la division des approvisionnements de l’UNICEF, Jean-Cédric Meeus. « Nous devons livrer les fournitures essentielles le plus vite possible. »

Dans le cadre de l’aide aux déplacés dans le nord-ouest du Pakistan, l’UNICEF intervient notamment pour :

  • l’approvisionnement en eau salubre et en installations d’assainissement pour empêcher la propagation de maladies ;
  • l’appui à une campagne de vaccination ;
  • la création d’« espaces adaptés aux besoins des enfants » permettant de diminuer la tension chez ceux qui sont affectés par le conflit ;
  • le recensement des orphelins, des enfants non accompagnés et des familles dont le chef est une femme, et l’aide à leur apporter.

Des enfants témoins de violences

« Un bon nombre d’enfants arrivant dans ces camps ont vu des violences auxquelles aucun enfant ne devrait être exposé, », a dit le Représentant de l’UNICEF au Pakistan, Martin Mogwanja. « Tous ont été arrachés à leur vie normale et à leur environnement familier. »

« Pour les aider à faire face à cette rupture », a-t-il ajouté, « l’UNICEF espère leur apporter stabilité et normalité en leur permettant de reprendre rapidement le cycle scolaire habituel. »

En ce qui la concerne, Habiba est heureuse d’aller à nouveau en classe mais elle a hâte de rentrer chez elle. » « Mes poussins me manquent », confie-t-elle, les yeux pleins de larmes. « J’ignore s’ils sont encore en vie. »

Chris Niles a contribué à cet article depuis New York.


 

 

Vidéo (en anglais)

27 mai 2009 :
le correspondant de l’UNICEF, Chris Niles, décrit les efforts pour procurer des approvisionnements d’une importance vitale aux enfants et aux familles déplacés à cause du conflit au Pakistan.
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