Pakistan

Des familles déplacées font face à la crise humanitaire dans les camps au nord-ouest du Pakistan

Image de l'UNICEF
© AP Photo/Baker
Un garçon fait la queue avec son père pour avoir de la nourriture dans un camp soutenu par l'UNICEF à Swabi, nord-ouest duPakistan, où des milliers de personnes ont fui les combats entre l'armée gouvernementale et les militants.

Par Elizabeth Kiem

NEW YORK, États-Unis, 15 mai 2009 - Moins de deux semaines après une incursion militaire qui a provoqué le déplacement massif de population dans la Vallée de Swat au  nord-ouest du Pakistan , de plus en plus d'enfants et de familles luttent pour trouver un abri sûr dans les camps.

Malgré des efforts humanitaires continus, les besoins sont énormes et la situation devient désespérée. Selon le Représentant adjoint de l'UNICEF au Pakistan Luc Chauvan, environ 57 millions de dollars sont nécessaires pour aider rapidement la population déplacée en augmentation.

Les agents humanitaires évaluent que plus que la moitié des sans-abri sont des enfants.

Le travail de l'UNICEF dans les camps
Jalala, l'un des plus grands nouveaux camps de déplacés, fonctionne déjà à pleine capacité avec 11 000 résidants et plus encore de familles sans abri à l'extérieur du camp.

L'UNICEF qui soutient les efforts des agents de santé pour vacciner contre la polio et la rougeole les enfants dans le camp de Jalala, a également fourni des équipements pour aider à mettre en place des écoles permettant d'accueillir 1600 enfants.

Beaucoup de familles dans le camp sont arrivées avec peu ou pas de biens personnels. Les enfants sont particulièrement affectés par la violence qu'ils ont fuie. Les équipes de protection de l'enfance assurent un suivi des enfants non accompagnés ou orphelins et leur fournissent un soutien psychologique.

La santé et l'éducation souffrent
Gullmina, une mère de la province de Swat, assise dans le camp entourée de ses enfants, répète le même refrain.

« Nous sommes impuissants, » dit-t-elle. « Il fait très chaud dans les tentes. La santé des enfants est gravement menacée et leur éducation a elle aussi souffert. Nous désespérons de pouvoir rentrer à la maison. »

Les femmes pakistanaises, accablées par la pénurie d'eau potable et d'équipements sanitaires, souffrent particulièrement du manque de vie privée dans ces camps. Plusieurs se sont refugiées chez des amis ou des parents, n'acceptant un abri dans les camps qu'en dernier ressort.

« Laissez-nous rentrer chez nous »
Ahmad Hilal vit dans le camp de Jilal avec toute sa famille élargie, dont 10 neveux et nièces. Il s'est enfui de sa maison pendant un bombardement et n'a aucun parent chez qui aller. Il réclame plaintivement. « Quel est notre péché ? Quel mal ces enfants ont-ils fait ? » demande-t-il. « Qui est responsable de cela ? Nous lançons un appel et demandons qu'on nous pardonne au nom d'Allah et qu'on nous laisse retrouver notre terre. »

Les déplacés dans Jalala représentent une toute petite fraction du total la population déplacée dans la région. En attendant, des centaines de milliers personnes sont toujours prises au piège dans la zone de conflit sans accès aux soins médicaux ni aux autres services essentiels.


 

 

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