Pakistan

Au Pakistan, des réseaux de soins pour les mères et les enfants

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2008/ Moore
Le Dr Aisha Iram examine Omair, trois mois. La mère d’Omair, Humera Afzal, a reçu des soins prénatals réguliers au cours de sa grossesse.

Par Fatima Raja

KHANPUR, Pakistan, 28 janvier 2009 – Une rangée de femmes est assise dans une salle d’attente au décor chatoyant au dispensaire de base de Khanpur. Les femmes sont venues soit pour leurs examens mensuels prénatals soit pour des visites postnatales accompagnées de leurs bébés, tous en bonne santé. 

A l’intérieur de l’établissement, le Dr Aisha Iram, la responsable médicale du dispensaire de Khanpur, lance un sourire en direction de Mahvish. Agée de seulement sept mois, Mahvish se rétracte au contact froid du stéthoscope alors que sa mère la tient près d’elle.

« Mahvish est née à la suite d’une césarienne à l’hôpital central de Sheikhupura, » affirme le Dr Aisha Iram. « Nous connaissions les antécédents de sa mère – elle avait déjà eu auparavant une césarienne – et nous lui avons dit d’aller directement là-bas pour son accouchement. »

Le Dr Aisha Iram est l’une des seules quatre femmes qui font fonctionner le dispensaire, un centre de soins rural du district de Sheikhupura - un manque essentiel dans une société où les femmes ne reçoivent pas normalement de soins prénatals et postnatals. Plutôt que de voir un médecin de sexe masculin, de nombreuses femmes consultent des accoucheuses traditionnelles appelées « dais ».

Les communautés rurales face à des obstacles

Malgré les besoins évidents, la plupart des médecins préfèrent exercer dans les villes ou à l’étranger où les revenus sont plus élevés. L’absence de sécurité et de mobilité sont d’autres facteurs dissuasifs importants.

Née et élevée dans la ville voisine de Sheikhupura, le Dr Aisha était entrée comme interne à l’hôpital Lady Willingdon de Lahore, tout proche, après avoir fait des études de médecine à Moscou. C’est dans cet établissement spécialisé en obstétrique qu’elle a découvert le Programme pour une maternité sans risques du Pendjab, un programme pilote soutenu par le gouvernement de la province du Pendjab.

Le programme cherche à réduire la mortalité maternelle dans le district de Sheikhupura en affectant par rotation dix femmes médecins confirmées dans les hôpitaux du district.  Equipées d’une unité mobile à ultrasons, elles visitent douze dispensaires par mois pour assurer sur place des soins anténatals.

Le Dr Aisha s’est donné pour but d’effectuer des améliorations à Sheikhupura. Elle a installé une salle d’accouchement, animé des groupes de discussion avec les Agents santé féminins (Lady Health Workers) pour mieux évaluer les besoins des femmes enceintes. Elle a également créé un réseau de lignes d’appel d’urgence, prêt à faire venir des ambulances et  à alerter les médecins d’établissements plus importants pour réagir aux besoins les plus urgents de ses patientes.

« La différence entre la vie et la mort »

Les efforts du courageux médecin ont eu des résultats concrets. En 2007, l’année durant laquelle le Dr Aisha est arrivée dans l’équipe du dispensaire, le nombre des visites anténatales a bondi, de 800 l’année précédente à plus de 3700. De nombreuses femmes viennent maintenant pour huit visites prénatales ou davantage et poursuivent des soins postnatals.

« Ces liaisons peuvent faire la différence entre la vie et la mort, » affirme le Dr Tahir Manzoor, le Spécialiste de la santé du bureau provincial de l’UNICEF à Lahore. « Nous pouvons former des gens au sein des communautés, nous pouvons même avoir des médecins qui y exercent mais en cas d’urgence, la seule chose qui puisse sauver la vie d’une femme est qu’elle soit dirigée rapidement vers le bon médecin ou le bon hôpital. »

Le succès du Programme pour une maternité sans risques a engendré des initiatives similaires dans deux autres districts avec le soutien du gouvernement du Pendjab, de l’UNICEF et du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).

Le Dr Aisha est une des quelques anciennes du Programme pour une maternité sans risques qui ont aujourd’hui l’intention d’exercer dans leurs communautés d’origine. Comprenant très bien les besoins particuliers de leurs propres districts, ces médecins apportent un niveau de soins sans précédent dans les zones rurales. 

Le Programme pour une maternité sans risques constitue un système au sein duquel les médecins font partie d’un réseau intégré qui lie les foyers avec des hôpitaux locaux, garantissant qu’un niveau de soins approprié est disponible pour les mères des zones rurales. 


 

 

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