Pakistan

Aider les enfants affectés par le séisme à survivre aux rigueurs de l’hiver

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Zulfaqar, 3, et son père vivent dans le village de Katabalah au Sirhan, Pakistan, à une altitude de 2201 mètres. La rougeurs sur sa joue est la gelure de l'exposition au froid de l'hiver himalayen.

Par Julia Spry-Leverton

PROVINCE FRONTIÈRE DU NORD-OUEST, Pakistan, 22 décembre 2005 – L’ombre allongée de l’hiver s’étend progressivement sur les montagnes de l’Himalaya. L’aube du jour le plus court de l’année est venue et les températures ont dégringolé dans le nord du Pakistanl. Durant la journée, à partir d’une altitude de  1 800 mètres, la température reste souvent inférieure à zéro degré Celsius. Et il n’est pas du tout exceptionnel pour les enfants et leurs familles de cette région montagneuse que la température tombe à moins 15° la nuit.

Et nous n’en sommes qu’au début. Selon les prévisions météorologiques, la neige devrait bientôt toucher toute la région ravagée par le séisme du Cachemire sous administration pakistanaise et de la Province frontière du Nord-Ouest. L’hiver peut se prolonger au-delà de la fin mars dans les villages où l’altitude est la plus élevée.

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Les enfants du village de Katabalah de la vallée Sirhan, du Pakistan. La température tombe à moins 15° la nuit.

Besoin urgent de couvertures et d’édredons

La préoccupation majeure de tous ceux qui vivent et travaillent ici est d’arriver à survivre à ce froid glacial. À la suite du séisme, on estime que 235 000 familles, d’environ sept personnes chacune, vivent à présent sous des tentes.

Selon une évaluation rapide, effectuée par les Nations Unies, dix pour cent de ces tentes sont trop minces pour résister à l’hiver. Le rapport indique également que les trois quarts environ des ménages ont absolument besoin d’une protection supplémentaire pour passer l’hiver. Il est nécessaire de mettre d’urgence à leur disposition des articles tels que des couvertures, des couettes, des feuilles de plastique et des bâches.

L’UNICEF a fourni 215 000 couvertures et couettes afin que les enfants et leurs familles puissent faire face à l’hiver. En outre, le Gouvernement français a offert 13 000 couettes par le canal du Comité national français pour l’UNICEF et l’entreprise Ikea va en procurer 335 000 autres, qui vont bientôt arriver. Mais les besoins sont bien supérieurs. Il faut encore 1 million de couvertures ou 500 000 couettes.

L’UNICEF a également distribué 53 100 colis de vêtements d’hiver pour les enfants, où on trouve notamment des vestes chaudes et des bottes d’hiver. « Là encore, il nous en faut bien davantage – il existe un besoin de 800 000 colis supplémentaires contenant des vêtements chauds pour les enfants, des articles essentiels », a déclaré le Docteur Agostino Paganini, Coordinateur des opérations d’urgence de l’UNICEF.

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Les garçons du village de Jacasseries dans la vallée Sirhan, du Pakistan. Peu des camions de secours ont atteint cette région isolée, mois après le séisme.

Alors que ces approvisionnements commencent à affluer en vrac à Islamabad, la capitale du Pakistan, d’énormes défis logistiques vont bientôt surgir. « L’emballage de ces articles, répartis par classe d’âge, est une véritable opération industrielle », dit Olivier Mulet, un logisticien de l’UNICEF. « Nous prévoyons que 100 personnes travaillent 24 heures sur 24 à l’emballage de ces approvisionnements et à leur transmission de toute urgence à nos partenaires pour qu’ils les  distribuent ».

Des enfants risquent de ne pas survivre à l’hiver

Bien qu’il n’y ait pas eu de grave épidémie, un bon nombre d’enfants souffrent déjà d’infections respiratoires aiguës dans les zones touchées par le séisme. « Ce qui va contribuer à soigner ces infections, c’est d’intégrer un antibiotique, le cotrimoxazole, sous forme de sirop, dans les trousses sanitaires dont sont équipés par l’UNICEF les agents de santé communautaires, mais il est préférable, de loin, que les parents soient en mesure de garder leurs enfants au chaud et d’éviter ainsi qu’ils tombent malades », a ajouté le Docteur Paganini.

Soucieux de suivre la situation des enfants se trouvant dans les villages où l’altitude est très élevée, et qui pourraient se trouver bientôt isolés par les chutes de neige, l’UNICEF a envoyé sur ces fortes pentes qui surplombent la Sirhan Valley, dans la Province frontière du Nord-Ouest, le photographe Niclas Ryberg. Il s’agit d’un secteur que peu de camions de secours ont pu atteindre durant les dernières semaines. À Nakot, un village de 127 familles, qui se trouve à 1966 mètres d’altitude, Ryberg a constaté qu’il était le premier étranger au village à s’y rendre depuis le séisme.

On peut voir sur les photos de Ryberg que certains garçons portent seulement un kamis en coton. On constate en outre, sur des joues d’enfants, des tâches rouges bien visibles, semblables à une éruption, indiquant une exposition aux morsures du froid. Ce sont lds signes qui permettent à des organisations telles que l’UNICEF de déterminer les livraisons prioritaires et leur degré d’urgence afin d’atteindre les plus vulnérables.


 

 

Vidéo (en anglais)

9 décembre 2005 :
Le correspondant de l’UNICEF, Kun Li, décrit la distribution de vêtements d’hiver aux enfants touchés par le tremblement de terre au Pakistan.

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