État de Palestine

L'UNICEF et ECHO apportent un soutien psychologique aux enfants de la Bande de Gaza pour les aider à faire face à l'avenir

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© UNICEF/NYHQ2009-0142/Pirozzi
Dans le village de Khza près de la ville de Khan Younis, à Gaza, une fillette tient la main d’une soignante. Les besoins en soutien psychosocial aux enfants et à leurs familles demeurent un besoin vital.

Par Lóa Magnúsdóttir

GAZA, Territoire palestinien occupé, 15 avril 2009 – Des feuilles de plastique couvrent les fenêtres de la petite maison où Muna, 17 ans, vit avec ses parents et ses cinq plus jeunes frères et sœurs. La maison a été fortement endommagée pendant les récentes hostilités à Gaza.

Ce ne sont pourtant pas les vitres brisées et les murs abîmés qui représentent la plus dure épreuve pour cette famille, mais plutôt quand des éclats d’obus ont frappé l’abri ou Muna et sa famille avaient cherché refuge pendant la phase la plus intense du bombardement aérien de Gaza en janvier 2009. Muna a alors été blessée et a perdu une jambe.

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Les combats qui ont eu lieu à Gaza du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 ont provoqué d’énormes ravages économiques, sociaux et psychologiques dans la population du territoire. De nombreux enfants ont été témoins de la mort de parents, de membres de leur famille ou d’amis. Tous les points de passage aux frontières de la bande de Gaza étaient virtuellement bloqués; les familles et leur enfants n’ont eu aucune possibilité de fuir et d’échapper à la violence meurtrière des hostilités.

À la recherche d’un refuge
« Nous avons été effrayés par le bruit du bombardement, toute la maison tremblait et nous pensions qu’elle allait nous tomber dessus, raconte Muna, nous sommes passés d’une pièce à l’autre mais nous ne savions pas laquelle serait le meilleur refuge. »

Comme le bombardement s’intensifiait, Salah, le père de Muna, a décidé de quitter la maison.

« La famille était terrifiée, les enfants hurlaient, je ne savais pas comment faire pour les calmer, » se rappelle Salah de ces terribles journées de janvier. Après avoir tenté de fuir le bombardement en se déplaçant de maison en maison pendant plusieurs jours sans trouver d’endroit sûr pour les enfants, la famille s’est réfugiée dans un abri de l’UNRWA.
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© UNICEF/NYHQ2009-0131/Pirozzi
Muna Salah al-Ashqar, 17 ans, est assise avec sa mère, Um Said,dans sa maison de Beit Lahia, une agglomération dans le Nord de la bande de Gaza. Muna a été blessée et a perdu une jambe quand un tir d'artillerie a frappé leur abri en janvier.

Dix jours dans un abri
Muna et sa famille ont passé dix jours dans cet abri. Un jour à l’aube, ils ont entendu une forte explosion dans le voisinage et quelques moments plus tard un obus est tombé dans la pièce où Muna était installée en compagnie de sa mère, de ses tantes et de ses sœurs. Muna se souvient d’une sensation de vertige, d’avoir vu la pièce se remplir de fumée, d’avoir entendu les cris distants de la famille qui pensait qu’elle était perdue. Son père l’a transportée à l’hôpital où les docteurs l’ont amputé d’une jambe au-dessous du genou.

Les enfants représentent approximativement un tiers des morts et des blessés provoqués par les hostilités ; 431 enfants ont été tués et 1872 blessés. On estime de plus que jusqu’à 30 pour cent de ces derniers, dont 560 enfants comme Muna, ont subi de très graves blessures qui sans une rééducation indispensable pourraient aboutir à en faire des handicapés à vie.

Mais certaines des blessures provoquées par ce conflit restent invisibles. Sarah, 12 ans, reçoit de l’aide du Centre palestinien pour la démocratie et le règlement des conflits (PCDCR), un organisme soutenu par l’UNICEF et ECHO, le Service d’aide humanitaire de la Commission européenne.

« Nous avions une vie heureuse »
« Nous avions une vie heureuse avant l’invasion, nous avions un jardin, un très joli jardin, j’y jouais avec mes frères et mes sœurs, mais ce jardin a disparu après la guerre, » raconte-t-elle, « il a disparu avec tout ce qu’il y avait dedans, il a été remplacé par des ruines. Maintenant, notre vie est devenue un enfer et est pleine de tristesse. »

Le soutien psychologique professionnel qu’elle reçoit et la chance de jouer à nouveau avec ses amis aident Sarah à accepter d’avoir tant perdu.

« J’ai commencé à venir et j’ai découvert que tous mes amis étaient là, ma vie a changé et cela va mieux qu’avant. Mes amis ont partagé mon chagrin. »

S’adapter à une nouvelle réalité
À l’hôpital, Muna a beaucoup souffert mais le soutien qu’elle a reçu de sa famille, de ses amis et de ses voisins l’a aidé à supporter cette épreuve. « Quand je parle aux gens, j’oublie mon état et je me sens immédiatement mieux, » dit-elle.

Muna reçoit un soutien psychologique fourni par le Centre palestinien pour la démocratie et le règlement des conflits avec le soutien de l’UNICEF et d’ECHO. Elle peut aussi appeler un service d’assistance téléphonique sur une ligne gratuite, un service également soutenu par l’UNICEF. « Je me sens plus calme quand je parle à une personne de ce service : cela m’aide à libérer mes sentiments et mes émotions, » dit Muna.

Le soutien des conseillers psychologiques du PCDCR qui viennent la voir chez elle a donné à Muna le moyen d’extérioriser ses émotions et lui permis un certain retour à la normale. Le conseiller l’a encouragée à subir cette épreuve avec patience, car elle devra renoncer à son rêve d’aller à l’université jusqu’à ce qu’elle ait pu obtenir le traitement et la rééducation dont elle a désespérément besoin. À Gaza, les difficultés d’accès aux services médicaux et l’impossibilité de se faire désormais soigner à l’étranger signifient que Muna et les enfants comme elle sont confrontés à un avenir incertain.


 

 

Vidéo (en anglais)

24 février 2009: Le reportage de Chris Niles, correspondant de l’UNICEF, sur les souffrances et les épreuves subies par les enfants de Gaza au cours du récent conflit.
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