État de Palestine

Les élèves retournent dans les écoles de Gaza bien qu’elles manquent toujours de chauffage et d’électricité

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
A Gaza, les coupures d’électricité font que, souvent, les enfants n’ont ni chauffage ni électricité pour étudier.

GAZA, Territoire palestinien occupé, 13 février 2008 – Près de 400 écoles publiques de Gaza ont rouvert leurs portes à 250 000 élèves retournant des congés d’hiver. Mais enseignants et élèves n’ont retrouvé que des classes sans chauffage et sans lumière à cause des restrictions   d’électricité.

« Même avant les réductions de combustible, les coupures d’électricité avaient pour conséquence que, dans les classes, les enfants avaient déjà froid, » a affirmé Saeed Harb qui est responsable des écoles à Rafah, le district de Gaza le plus au sud. « Et beaucoup de salles n’avaient pas de lumière simplement parce qu’il n’y avait plus assez d’ampoules sur le marché. Les enfants trouvent qu’il est presque impossible d’étudier et cela se perçoit dans leurs notes qui sont en baisse. »

Restrictions sur pratiquement tous les biens de première nécessité

Israël a restreint l’entrée à Gaza de presque tous les biens de première nécessité comme les combustibles, les denrées alimentaires et les médicaments, depuis 2007, année durant laquelle le Hamas en a pris le contrôle,  En octobre, la fourniture d’électricité ou de carburant aux 1,4 million d’habitants de la bande de Gaza a été interrompue en représailles suite aux tirs de roquettes transfrontaliers. En janvier, ce sont toutes les livraisons des sources d’énergie en provenance d’Israël qui ont été suspendues à la suite de nouvelles attaques.

La principale centrale électrique de Gaza a été mise hors service trois jours plus tard à cause du manque de combustible, laissant, dans une grande partie de ce minuscule territoire, des milliers de foyers sans lumière, chauffage ou eau courante. Les hôpitaux ont dû recourir à l’utilisation de groupes électrogènes de secours et ont réduit leurs prestations aux cas les plus urgents. Le traitement des eaux a été interrompu et des eaux usées non traitées ont été rejetées dans la mer au rythme de 30 millions de litres par jour.  

Depuis, Israël a accepté de reprendre les livraisons de combustible ou d’électricité vers Gaza mais bien en dessous des seuils d’avant juin.

« Les enfants en font les frais »

Mo’men Abu Al Sadeq, 10 ans, est élève de l’école primaire Al Qasteena, à l’ouest de la ville de Gaza. Comme son école n’a pas de chauffage, les élèves portent des pull-overs supplémentaires.

« Quand il n’y pas d’électricité à l’école, a-t-il raconté, je me panique parce que je ne peux pas lire correctement ou faire quoi que ce soit. » Quand il n’y pas d’électricité à la maison, le père de Mo’men achète du gaz d’éclairage et des bougies pour qu’il puisse faire ses devoirs. Il a expliqué que les coupures d’électricité, dans son quartier, peuvent durer de huit à dix heures par jour.

Les restrictions de combustible de janvier se sont abattues sur une population majoritairement constituée d’enfants. « Environ 56% des habitants de Gaza ont moins de 18 ans, » rappelle la Représentante spéciale de l’UNICEF, Patricia McPhilips. « Cela veut dire que ce sont les enfants qui font les frais des restrictions, qu’il s’agisse de denrées alimentaires, de combustible ou de fournitures scolaires. »

Les taux d’inscription et les résultats d’examens révèlent également un fort déclin.

« Depuis de mois maintenant, nous manquons les cours qui impliquent une grande consommation d’énergie comme les cours d’informatique, les travaux pratiques de sciences naturelles ou de physique ainsi que les activités extra-scolaires, » a déclaré la directrice de l’école de filles d’Al Kahera, Sana Al Taweel. « Nous sommes à cours de papier et de craie et nos télécopieurs, nos imprimantes, nos rétroprojecteurs et nos photocopieuses ont besoin de pièces de rechange. Essentiellement, on vole aux enfants leur éducation. »

Les conséquences des privations quotidiennes

Parallèlement, des constructions d’écoles ou des programmes de rénovation dont le montant se compte en millions de dollars sont bloqués à cause des restrictions sur les importations de ciment et de matériaux de construction, selon Chris Gunness, porte-parole de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies qui s’occupe de 214 écoles à Gaza.

L’UNICEF est à pied d’oeuvre à Gaza, fournissant chaque jour de l’eau de boisson à 220 écoles ainsi que du matériel pédagogique d’urgence pour compenser le manque de fournitures scolaires. L’organisme apporte aussi son soutien à la construction de réservoirs d’eau fixes, assure la distribution de réservoirs mobiles en cas d’urgence et apporte son aide à des programmes de drainage dans les zones où les eaux usées se sont accumulées et se sont répandues dans les rues. 

En plus de cela, l’UNICEF est en train de distribuer cent trousses de loisirs pour les enfants vivant dans les foyers les plus touchés par les coupures de courant. 

Ces mesures d’urgence apporteront une aide à court terme mais les effets des échecs scolaires des enfants et des privations quotidiennes se feront longtemps ressentir à Gaza.

« Les élèves palestiniens et les enseignants ont fait preuve d’un engagement permanent envers l’éducation, » a déclaré Patricia McPhilips. «  La voie la plus sûre vers le développement et la sécurité passe par des enfants bénéficiant d’une bonne éducation et d’une bonne santé et ceci est une responsabilité collective. »


 

 

Vidéo (en anglais)

2 février 2008:
Le reportage de la correspondante de l’UNICEF Amy Bennett sur la réouverture des écoles dans la bande de Gaza.
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