État de Palestine

L’éducation à Gaza souffre dans un contexte de tensions politiques et de conflit

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Des écolières dans la Bande de Gaza, où le conflit et la pauvreté compromettent la réussite scolaire des enfants palestiniens.

Par Toni O’Loughlin

BANDE DE GAZA, Territoire palestinien occupé, 12 décembre 2007 – Najwa Al Smairi, 11 ans, va en classe dans une école située à seulement quelques mètres du périmètre sous haute protection de Gaza. C’est l’une des élèves les plus brillantes de sa classe mais elle a peur d’un échec dû à la violence et au climat d’incertitude dans lequel elle vit.

Récemment, Najwah a glissé dans le classement de sa classe de la quatrième à la cinquième place, ce qui a préoccupé cette élève studieuse de 11 ans. « Lorsque j’en ai parlé à ma soeur, elle m’a dit de ne pas m’en faire, que c’était normal, mais cela me rend encore soucieuse », raconte-t-elle.

Les Palestiniens ont longtemps profité de leur excellent enseignement – considéré comme un investissement pour l’avenir – parvenant aux plus hautes responsabilités dans les administrations et les entreprises de toute la région. À présent, les tensions politiques exacerbées et le conflit ont des effets dévastateurs à Gaza, où les enfants constituent plus de la moitié de la population.

Les mauvaises notes sont devenues un problème endémique dans les écoles de Gaza. D’après la Banque mondiale, 80 pour cent des élèves n’ont pas le niveau requis en maths, et 40 pour cent en arabe, leur langue maternelle.

Faire face à un nombre de salles de classe insuffisant

Avec une économie au bord de l’asphyxie, l’éducation a des perspectives inquiétantes devant elle. Dans l’école de Najwah, les enseignants sont dans l’impossibilité d’imprimer le texte des épreuves car le papier manque.

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Afin de résoudre le problème de l’insuffisance de place dans les salles de classe, un bon nombre d’écoles utilisent un système de classes alternées – une le matin et une l’après-midi.

« Nous allons devoir écrire au tableau le texte de l’examen et cela nous prend du temps », explique Ahmad Ismari, un professeur d’anglais.

En raison d’une grave pénurie de matériaux de construction, empêchant de bâtir des toilettes supplémentaires, Najwah et les autres élèves filles doivent partager les toilettes des garçons.

Afin de faire face au nombre de salles de classe insuffisant, un bon nombre d’écoles utilisent le système de classes alternées – une classe le matin et une autre l’après-midi. En conséquence, environ 73 pour cent des élèves de Gaza perdent presque deux heures d’école par jour.

Des effets préjudiciables à l’éducation

Dans les conclusions d’une récente enquête publiée par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies, qui gère également des écoles au Liban et en Syrie, on met en évidence les effets préjudiciables du conflit et de la pauvreté sur l’éducation à Gaza.

Depuis le début du blocus israélien de Gaza, mis en place en juillet, quelque 70 000 personnes auraient perdu leur emploi, ce qui vient encore aggraver le taux de chômage qui monte en flèche.

Le nombre de familles dépendant de l’aide alimentaire avoisine 80 pour cent, et les organisations de secours craignent que ce nombre n’augmente encore. Le revenu des ménages est épuisé par les produits importés tels que la farine et le pain, dont le coût alourdit des budgets en équilibre précaire.

Lorsque Najwa est en classe, son attention est souvent distraite par la faim. « Je sens parfois qu’il m’est impossible de lire et de suivre l’enseignant », dit-elle.

Le conflit avec l’armée israélienne et les affrontements entre Palestiniens entravent l’éducation des enfants de Gaza. « Chaque enfant a peur », dit M. Ismari. « Ils ne peuvent se concentrer. Ils sont vraiment distraits. »


 

 

Vidéo (en anglais)

La correspondante de l’UNICEF Amy Bennett décrit les difficultés quotidiennes de l’éducation à Gaza.
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