État de Palestine

De nombreux jeunes ébranlés et effrayés par la violence récente à Gaza

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© UNICEF/HQ07-0772/El Baba
Le cartable sur l’épaule, un garçon traverse avec précaution le théâtre des combats récents entre Palestiniens dans la bande de Gaza.

Par Amy Bennett

NEW YORK, Etats-Unis, le 19 juin 2007 – Les violences récentes entre Palestiniens dans la bande de Gaza ont laissé de nombreux jeunes traumatisés et incapables de vaquer à leurs activités quotidiennes. Les échauffourées de la semaine dernière entre le Hamas et le Fatah ont tué plus de 110 personnes et fait 500 blessés.

Les familles sont restées terrées dans leur maison, sans pouvoir en sortir, et souvent sans eau ni électricité. Les jeunes ont été laissés sans autre alternative que d’attendre et espérer, déçus par l’annulation de leurs projets d’été et en proie à l’incertitude qui marque désormais leur vie.    

« La semaine passée, les choses n’allaient pas très bien », affirme Julie, 17 ans, Palestinienne invitée parmi d’autres à parler de ses épreuves à Radio UNICEF. « Il y a eu des tirs d’armes à feu pendant cinq jours d’affilée », continue-t-elle. « La situation était vraiment mauvaise. Personne ne pouvait sortir de chez soi, ni même s’approcher d’une fenêtre. »

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Une fille essaie de faire passer son frère par-dessus l’entrée de leur maison dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de Gaza.

« Combats dans la rue »

Les bombes ont causé des dégâts considérables au réseau électrique de Gaza, et de nombreuses personnes ont perdu l’électricité dans leur foyer. Ces coupures de courant ont également causé l’interruption des services de voirie et d’approvisionnement en eau. 

Ceux qui ont eu le plus peur étaient les civils qui se trouvaient dans les secteurs où les combats ont été les plus intenses.

« La dernière semaine a été affreuse. Un vrai cauchemar », dit Chris, 13 ans. « Il y avait des combats près de chez nous, et on les entendait partout. On ne pouvait pas quitter la maison. 

« On est allés dans la salle de bains et on y est restés toute la journée. Au moment d’aller se coucher, on a dormi par terre parce qu’on avait peur des balles perdues », ajoute-t-il.  

« C’était la panique, » raconte Mustafa, un autre adolescent. « C’était plein d’hommes masqués qui se battaient dans la rue. Ils jetaient leurs bombes partout, et de nombreuses maisons ont été attaquées pour rien. Beaucoup de civils sont morts, juste dans la rue ou chez eux. » 

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Des enfants palestiniens jouent au cerf-volant près d’une maison détruite à Rafah.

Perturbation des examens de fin d’année pour de nombreux élèves

Mustafa et d’autres élèves candidats aux examens du Tawjihi (examens de fin d’études secondaires et d’entrée à l’université) au cours de cette crise ont connu un stress considérable. Certains n’ont pas eu les résultats qu’ils escomptaient, d’autres ont carrément manqué leurs épreuves. Environ 24 000 étudiants ont tout de même passé les épreuves chaque jour. 

« C’était vraiment dur de me concentrer sur mes études avec tous ces tirs et ces combats de l’autre côté », dit Yaffa, 18 ans.  

Mustafa ajoute : « Il a fallu que je manque un de mes examens. Pendant quelques jours, on n’a pas quitté la maison. »

Malgré toutes ces difficultés, Mustafa et Yaffa espèrent tous deux que leurs notes aux examens leur permettront d’aller à l’université de leur choix. 

Secours de l’UNICEF

Au lendemain des violences de la semaine dernière, l’UNICEF compte acheminer les vaccins dont Gaza a bien besoin, avec ses hôpitaux qui ont été frappés de plein fouet et qui manquent encore d’équipements de chirurgie vasculaire, de doses de sang, de pellicules radiographiques, de fils de suture, de fournitures de laboratoire et de plâtres orthopédiques. De nombreux stocks de médicaments essentiels sont presque épuisés. 

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Un enfant joue avec des camarades dans le camp de réfugiés de Gaza, au nord de la bande de Gaza.

L’UNICEF compte aussi fournir 50 000 litres de carburant diesel par le truchement de son partenaire, le Service d’eau des municipalités côtières, alors que se rétablit l’approvisionnement en carburant par les voies normales.  

Les services conseils psychosociaux, quant à eux, ont repris à Gaza grâce à un partenariat entre l’UNICEF et des organisations non gouvernementales locales. Les équipes sur le terrain procèdent actuellement à un tri dans les secteurs les plus touchés pour identifier les enfants qui ont le plus besoin d’attention.

Vivre dans la peur et l’incertitude

En attendant, des jeunes comme Julie, Chris, Mustafa et Yaffa doivent gérer le traumatisme qu’ils ont connu et contempler l’incertitude de leur avenir. 

« On a peur que l’eau et l’électricité soient coupées », dit Chris. « On a peur de ne plus recevoir d’argent ni de nourriture à cause de la fermeture des frontières avec tous les pays qui soutiennent Gaza. On a déjà connu la même chose l’été dernier.

« J’ai peur de sortir, et mes amis aussi, parce qu’on a peur que les combats reprennent à Gaza », explique-t-il. 

« Toutes les fois où j’espère que tout va s’arranger », dit tristement Julie, « les combats reprennent, à tous les coups, encore et toujours. Ça ne s’arrête jamais. » 


 

 

Audio (en anglais)

18 juin 2007 :
Amy Bennett, correspondante de l’UNICEF, a parlé avec quatre jeunes de Gaza au lendemain des violentes échauffourées opposant le Hamas et le Fatah.
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