État de Palestine

La jeunesse à Gaza et à Sderot, en Israël, face à la violence quotidienne

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© REUTERS/Mohammed Salem
Un enfant palestinien, dans la maison de sa famille, regarde par la fenêtre, endommagée à la suite d’un raid aérien d’Israël sur le nord de la Bande de Gaza, le 22 mai 2007.

Par Blue Chevigny

NEW YORK, 22 mai 2007 – Julie est âgée de 17 ans et elle vit à Gaza dans le Territoire palestinien occupé. La violence a toujours constitué un élément de son existence, frappant par intervalles, mais la semaine dernière la tension s’est encore accrue dans sa communauté, à la fois entre les factions palestiniennes du Hamas et du Fatah, et à cause des frappes aériennes déclenchées par l’aviation israélienne.

Oria est âgée de 16 ans et elle habite Sderot, en Israël, à seulement quelques kilomètres de Gaza. Elle aussi a toujours vécu dans une certaine insécurité du fait de la violence, mais la semaine dernière Sderot a été la cible de tirs de missiles Qassam provenant de Gaza, qui ont bouleversé sa vie.

« Ils se battent à nouveau et la situation est tragique », dit Julie à Gaza. « C’était vraiment effrayant car il y avait partout des combats ; chacun était en danger. On n’était même pas en sécurité chez soi, alors dehors…»

Une éducation entravée, des attentes déçues

Pour elle, ce qu’il y a de pire dans la violence, c’est de vivre toujours dans la crainte. Toutefois, la fermeture, même temporaire, de son école la perturbe presque autant. « Nous n’avons pas pu passer nos examens de fin d’année. J’en ai été vraiment contrariée. Parce que nous avons vraiment travaillé dur toute l’année et que nous étions vraiment motivés en vue de cette fin d’année scolaire. On se réveille un matin en pensant aller à l’école et tout d’un coup tout change, je reçois un coup de téléphone disant de rester chez moi ».

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© REUTERS/Yonathan Weitzman
Des enfants israéliens montent dans un bus qui les évacue de la ville de Sderot, au sud d’Israël, le 16 mai 2007. Auparavant, ce mercredi, des militants de Gaza ont lancé plusieurs roquettes sur la ville israélienne voisine.

Oria, à Sderot, voit que sa liberté de mouvement et son éducation sont également gênées par la violence dans sa communauté. « On ne sait pas ce qui va arriver, si bien qu’on préfère ne pas prendre de risques », dit-elle avec regret. « Surtout, je suis une élève. J’ai mes examens de milieu de trimestre et je ne peux pas les préparer comme je le souhaite, car chaque fois que j’essaye d’étudier, il y a une alerte. Hier, j’ai eu un examen d’anglais de milieu de trimestre et je n’ai pas pu me concentrer car j’avais tout le temps peur. »

Une enfance perturbée

Pour elle, il existe bien des similitudes entre le fait d’être en Israël et dans le Territoire palestinien occupé, au niveau de l’impact sur les jeunes. « La vie d’un adolescent à Gaza est tout à fait semblable à la mienne. Comme moi, ils ne peuvent pas dormir la nuit. Les citoyens de Gaza ne veulent pas la guerre. »

Oria déclare également que l’enfance est la même partout dans le monde et qu’il est aussi mauvais pour les enfants d’être privés d’enfance, où qu’ils soient. « Je ne pense pas que notre enfance soit normale, car lorsque j’entends le récit de l’enfance de ma mère et de celle de mon grand-père au Maroc, cela n’était pas pareil. Tout le monde dit que la génération d’aujourd’hui est plus violente, plus agressive, mais nous sommes obligés de l’être. Je ne suis moi-même ni violente ni agressive, mais je vois bien des gens qui le sont ».

 Julie, à Gaza, s’émerveille tout haut elle aussi de la vie des enfants ailleurs dans le monde.  « Nous ne sommes pas comme les autres jeunes, partout dans le monde. Tout ce que nous voyons, c’est la guerre. La guerre est partout ».

Mais elle n’est pas amère et elle croit que les enfants et les jeunes ont un rôle important à jouer en tant que porteurs de la vision d’un avenir plus paisible. « Nous ne pouvons pas perdre espoir, sinon nous n’aurons plus de raison de vivre », affirme-t-elle. « Aussi devons-nous continuer à espérer que les choses iront bientôt mieux ».

 


 

 

Audio (en anglais)

La correspondante de Radio UNICEF, Blue Chevigny, parle avec des adolescentes d’Israël et du Territoire palestinien occupé de l’escalade de la violence dans leurs communautés.
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Radio UNICEF

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