État de Palestine

Les adolescents palestiniens s’expriment sur le nouvel accord destiné à mettre fin à la violence interne

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© AP Photo/2007/Hana
Le 6 février dans la ville de Gaza, des élèves de maternelle se sont joints à une manifestation contre la violence interne dans le territoire palestinien occupé; deux jours plus tard, les chefs du Hamas et du Fatah signaient un accord pour mettre fin aux combats.

Par Blue Chevigny

NEW YORK, Etats-Unis, 9 février 2007 – Après plusieurs semaines de combats dans le territoire palestinien occupé, les chefs des partis du Hamas et du Fatah ont signé un accord destiné à mettre fin à la violence. L’accord, appelé «Accord de la Mecque », a fait suite à une rencontre au sommet de deux jours en Arabie saoudite.

Tandis que journalistes et autres observateurs d’âge adulte du monde entier analysent la signification de cet accord, les jeunes de la ville de Gaza et des zones environnantes peuvent décompresser pour la première fois depuis des semaines : la violence s’est atténuée, tout au moins pour le moment.

«Nous voulons simplement vivre en paix, déclare Julie, 16 ans, à UNICEF Radio lors d’une interview par téléphone. Nous voulons notre pays. C’est tout.»

Pour Julie, les récents combats entre Palestiniens ont été encore plus inquiétants que le conflit entre Palestiniens et Israéliens. «Nous ne devrions pas être en train de nous battre les uns contre les autres, affirme-t-elle. C’est une honte. Nous sommes un peuple.»

«Quelque chose à fêter»

Julie relève que tout s’est arrêté à Gaza à cause de la violence.

Elle raconte que, immédiatement après avoir passé leurs examens il y a deux semaines, les élèves se sont précipités chez eux pour se protéger de la recrudescence des combats,  devant leur propre porte. Après la fin de leur difficile travail scolaire, ils n’ont pas eu l’occasion de se détendre, comme beaucoup avaient prévu de le faire.

En réalité, la plupart des enfants ont passé la période de congés claquemurés chez eux à écouter les combats dans les rues. Les écoles sont restées fermées lundi dernier, quand les cours devaient reprendre, parce qu’il était trop dangereux pour les élèves de se déplacer pour quitter ou regagner leur domicile.

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© UNICEF OPT/2007/Sabella
Des écoliers de Cisjordanie s'aidant les uns les autres pour faire leurs devoirs au début de l'année scolaire, en septembre.

«Hier nous nous sommes précipités dans les rues après la signature de l’accord, raconte Julie. Finalement, nous avons eu quelque chose à fêter.»

Un impact psychologique sur la jeunesse

Mais les semaines passées à être bloqué chez soi ont eu des répercussions psychologiques. Julie et ses amies avaient peur et se parlaient constamment au téléphone de ce qui était en train de se passer et pour vérifier que chacun était sain et sauf.

Puis est venu l’ennui.

«Nous avons vraiment fini par nous lasser d’entendre les informations tout le temps à la radio parce que nous vivions ces événements, se souvient Julie. C’était affreux.»

Yafa, 18 ans, a directement été affectée par la recrudescence de violence qui a fait plus de 90 morts depuis décembre chez les Palestiniens. Elle connaît deux des enfants qui se sont fait tuer : un garçon de 10 ans qui était un ancien voisin et un ami âgé de 17 ans qui a été pris dans un tir croisé.

«C’est si triste, affirme Yafa, s’exprimant aussi sur UNICEF Radio. C’est tout simplement bouleversant de voir des gens innocents qui n’ont rien à voir avec aucun des deux camps se faire tuer comme ça. »

De retour à l’école

Les deux filles ont été ravies lorsqu’elles ont eu connaissance de l’Accord de la Mecque mais elles affichent un optimisme prudent.

 «Nous avons entendu des feux d’artifice dans les rues et j’étais si heureuse. Mais je ne suis pas certaine que l’accord va fonctionner, admet Yafa. Ils ont conclu tellement d’accords avant puis ont recommencé à se battre.»

S’exprimant également du territoire palestinien occupé, la Responsable de la communication de l’UNICEF Monica Awad a  émis l’espoir que le nouvel Accord de la Mecque apportera la paix aux enfants palestiniens. «C’est terrible, affirme-t-elle, ces enfants ont déjà tant souffert en 2006, il y a eu deux fois de plus de morts cette année-là que l’année précédente ».

Malgré leurs inquiétudes pour l’avenir, Julie et Yafa ont pu souffler un peu. Pour chacune d’entre elles, l’école reprend demain samedi, pour rattraper le temps perdu.


 

 

Audio (en anglais)

9 février 2007:
la correspondante d’UNICEF Radio, Blue Chevigny, s’entretient avec Julie et Yafa, deux adolescentes de Gaza qui évoquent leurs craintes et leurs espoirs pour l’avenir.
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