État de Palestine

L'Ambassadrice itinérante de l'UNICEF Vanessa Redgrave ouvre la campagne à Gaza

Image de l'UNICEF
En juin 2004, l’Ambassadrice itinérante de l’ UNICEF Vanessa Redgrave (à gauche) écoute une jeune femme, membre de la Association de la jeunesse palestinienne pour la reconnaissance et la défense des droits, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF, dans les

On signale que le premier jour de la campagne – lundi 28 juin – même les zones d’accès difficile ont fait l’objet d’une large couverture vaccinale. A 11 heures du matin, près de 500 enfants étaient vaccinés dans la seule ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

À Thabrah, une ville dans le Wadra Rahhal, de très nombreux parents se sont présentés pour encourager leurs enfants méfiants à s’approcher des agents de santé. Ils se sont déplacés à pied, à dos d’âne, à cheval et certains sont venus en voiture. Les habitants de la localité ont apporté des chaises en matière plastique et des tables de bois dans le dispensaire afin d’en faire un lieu de vaccination de fortune.

Lundi, dans la bande de Gaza, sous un ciel sans nuage, l’Ambassadrice itinérante de l’UNICEF Vanessa Redgrave a ouvert la campagne, alors que le Ministre adjoint de la santé, le Dr Annan Masri, présidait l’après-midi une cérémonie dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie. « Tous les moyens logistiques ont été mobilisés afin d’assurer la réussite de cette campagne. Les familles ne seront mises à contribution d’aucune façon, » a précisé le Dr Masri.

Dans à peu près trois semaines, la campagne aura couvert les 15 districts de Cisjordanie et de la bande de Gaza, y compris les secteurs d’accès difficile tels que ceux des communautés bédouines et les zones de sécurité fermées (la campagne est dirigée par le Ministère palestinien de la santé, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies – UNRWA – et l’UNICEF, avec l’appui financier du Gouvernement japonais et de l’USAID).

Pour que la campagne soit une réussite, il faut que les vaccins puissent passer librement et sans encombre

Alors que l’essentiel de la vaccination aura lieu en des points fixes, sous l’autorité du Ministère de la santé et de l’UNWRA, des équipes itinérantes seront également déployées dans les secteurs d’accès difficile et les zones de sécurité fermées. Donna Carter, responsable de l’UNICEF pour la zone d’Hébron, a indiqué qu’on avait obtenu un plus grand 4x4 pour les trois prochaines semaines, permettant même aux agents de santé de faire certaines vaccinations à l’intérieur du véhicule.

On fera connaître la campagne grâce à des spots télévisés, des avis à la radio ou dans la presse – ainsi que par des annonces spéciales dans les mosquées et autres lieux de réunion communautaires.

Afin d’empêcher toute rupture dans l’approvisionnement des vaccins, une coordination spéciale a été organisée avec l’armée israélienne et les autorités des deux côtés. Pour que la campagne soit une réussite, il faut que les vaccins puissent passer librement et sans encombre. Si le passage subit des retards ou si les vaccins sont ouverts, leur efficacité va être réduite avec une possible baisse dans l’immunité des enfants.

Une étude sérologique récente, menée dans le Territoire palestinien occupé, a permis de constater qu’environ un tiers des jeunes enfants ne disposaient pas des anticorps nécessaires à la lutte contre le virus de la rougeole. Dans certaines zones, ce pourcentage est même supérieur, et peut atteindre 50 pour cent – ce qui expose les enfants au danger d’une épidémie de rougeole. Parmi les explications possibles, il en est une qui gagne en probabilité, selon laquelle les vaccins utilisés au cours des deux dernières années par les services de vaccination de routine auraient pu être altérés.

La rougeole est causée par un virus extrêmement contagieux, et elle constitue l’une des causes principales de la mortalité infantile dans le monde – touchant 30 à 40 millions d’enfants chaque année et causant la mort de plus de 750 000 d’entre eux. Un bon nombre des survivants souffrent d’un handicap permanent : cécité, surdité ou problèmes cérébraux. Le risque mortel est nettement accru lorsque les enfants souffrent de malnutrition et il augmente encore dans les zones à population très dense, une situation qu’on rencontre souvent dans le Territoire palestinien occupé.

Image de l'UNICEF
En juin 2004, l’Ambassadrice itinérante de l’UNICEF Vanessa Redgrave (à droite) plaisante avec des membres de la Association de la jeunesse palestinienne pour la reconnaissance et la défense des droits, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF

BETHLÉEM, 28 juin 2004 –Fatima Ibrahim marche allègrement vers un dispensaire du Ministère de la santé en tenant d’une main ferme le bras de sa fille Ikran Hamed, âgée de deux ans. Un peu plus tard, l’enfant reçoit une goutte de vitamine A et une injection de vaccin anti-rougeoleux. Elle est la première à bénéficier de ce traitement parmi plus d’un demi million d’enfants palestiniens.

« Il y a un moment qu’on m’a parlé de cela de bouche à oreille. Je pense qu’il est bon pour mes enfants d’être vaccinés, » a déclaré la mère, âgée de 24 ans. À l’arrière plan, on entend le grésillement de la voix d’un agent du Ministère de la santé, qui utilise un mégaphone portable. C’est un bourdonnement sur les collines arides du Wadra Rahhal, à environ 20 minutes en voiture de la ville cisjordanienne de Bethléem.

Fatima Ibrahim admet que certaines mères du village redoutent quelque peu que la vaccination rende des enfants malades mais elle estime que cela ne suffit pas pour s’effrayer devant cette vaccination. « C’est bon pour la santé des enfants. »
Cette visite du dispensaire entrait dans le cadre d’une campagne nationale de vaccination contre la rougeole et de traitement de la carence en vitamine A, organisée en Cisjordanie et à Gaza. C’est la première fois qu’on entreprend dans les Territoires palestiniens une campagne de cette envergure relevant de la santé publique.

Plus de 540 000 enfants palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza, âgés de 9 à 59 mois, vont bénéficier de cette campagne.


 

 

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