En bref : Nigéria

La SASDE, c’est le renouveau des soins de santé primaire, à Garaku, au Nigéria

Image de l'UNICEF
© UNICEF Nigeria/2007/Adeshida
Des femmes et des enfants attendent au Centre de Soins de Santé primaire à Garaku. Le Centre s'est amélioré de manière importante depuis l'introduction de la Stratégie accélérée pour la survie et le développement de l'enfant, (SASDE).

Le rapport annuel de l’UNICEF La Situation des enfants dans le monde, lancé le 22 janvier 2008, exhorte la communauté internationale à s’unir pour la survie de l’enfant.  Voici une des histoires d'une série liées à la publication du rapport.

GARAKU, Nigéria,12 Février 2008 – Un mercredi après-midi, par un temps couvert, dans la ville de Garaku, la capitale de la zone de gouvernement local de Kokona, dans l’État du Nasarawa du centre nord Nigéria, Rita Jiriko, 23 ans, vêtue d’un chemisier et d’un pagne de couleurs vives, attend patiemment son tour, assise sur un banc, sur la véranda du Centre de soins de santé primaire de Garaku. Alors qu’elle berce doucement le plus jeune de ses deux enfants pour qu’il s’endorme, elle se remémore sa visite précédente au centre de soins.

« À la naissance de mon premier enfant, il y a trois ans de cela, le centre ne disposait que d’un lit pour les nouveaux patients. Ici, les femmes venues pour des soins prénatals ne bénéficiaient d’aucune intimité car la même pièce servait à toutes les consultations, et il y avait parfois des hommes parmi les patients. C’est la raison pour laquelle un bon nombre de femmes enceintes évitaient le centre de soins prénatals. »

La situation

Comme l’atteste Jiriko, il y a tout juste un an et demi, pour les soins prénatals, la ville de Garaku n’offrait à ses habitants – environ 15 000 personnes – que deux pièces dans un bâtiment délabré, avec une équipe et des services restreints. La situation était très difficile et la majorité des habitants étaient effectivement dissuadés de venir dans le centre par la mauvaise qualité des services fournis.

Aujourd’hui, le Centre de Garaku possède cinq pièces pour les soins de santé primaire, son équipe est adaptée aux besoins et il offre tout un ensemble de services sanitaires : soins maternels, vaccination, dépistage et conseil volontaire en matière de VIH, et avis sur la nutrition, l’éducation et la prévention des maladies d’enfance.

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© UNICEF Nigeria/2007/Adeshida
L'enfant de Rita Jiriko reçoit le vaccin contre la poliomyélite au Centre de soins de santé primaire de Garaku, dans l'État du Nasarawa, au Nigéria.

Non seulement le temps d’attente a diminué, mais on dispense dans le centre, à Jiriko et à d’autres patients, un enseignement sanitaire sur la manière de protéger leurs enfants contre la maladie.

« J’ai appris comment préparer une solution de sels de réhydratation orale (SRO) pour mes enfants lorsqu’ils souffrent de diarrhée, comment les protéger contre les piqûres des moustiques et combien la vaccination est importante. J’ignorais tout cela auparavant, » dit-elle.

Justina Philip, 35 ans, assise sur le banc près de Jiriko, confie elle aussi ce qu’elle pense du centre rénové. Elle a été incitée à venir là parce que le centre distribuait gratuitement des moustiquaires, traitées à l’insecticide contre le paludisme, aux femmes qui suivent au moins quatre fois un cours sur les soins prénatals, et aussi parce qu’elle a mis au monde ses trois enfants dans ce centre. Elle indique même aux autres femmes l’intérêt de suivre des cours de soins prénatals. « J’encourage les autres femmes à se rendre dans ce centre de santé, en particulier celles qui sont enceintes. Non seulement nous profitons des moustiquaires, mais nous apprenons également la façon de préparer des repas nourrissants pour nos familles », dit-elle.

La SASDE à l’oeuvre

Ces transformations survenues dans le Centre de soins de santé primaire de Garaku sont le fruit de la Stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant, (SASDE). La SASDE a pour but de réduire la mortalité des nourrissons, des enfants de moins de cinq ans et des mères, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, par la vaccination, une meilleure nutrition, la prévention des maladies d’enfance et les soins prénatals. Les débuts de cette stratégie remontent à 2002 et elle a été lancée au Nigéria en février 2006. 
 
À Garaku, la SASDE a favorisé la coopération entre différents secteurs travaillant dans le domaine de la santé, notamment l’eau, l’assainissement, l’éducation sanitaire, et les dirigeants communautaires ; tous ont décidé de travailler de concert plutôt que de se faire concurrence pour de maigres ressources. Cet esprit coopératif a entraîné le déblocage de ressources supplémentaires de la part des pouvoirs publics locaux : financement d’activités sanitaires, de cinq motos pour le suivi des services et de la rénovation d’installations sanitaires. L’équipe sanitaire a également élaboré un plan d’ensemble et un budget détaillé qui, à la différence des plans à objectif unique du passé, sont axés sur une approche globale de la santé et du développement de l’enfant.

Au Nigéria, cette stratégie est menée dans le cadre d’une collaboration entre les ministères de la Santé, aux niveaux fédéral et des Etats, et l’UNICEF.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Depuis qu’on a adopté la SASDE à Garaku, le nombre de consultations prénatales a augmenté sensiblement, passant d’une moyenne mensuelle de 48 en 2005 à 150 en 2006. Il y a aussi une augmentation de la demande pour d’autres services, en particulier la vaccination des enfants et le conseil et le dépistage volontaire en matière de VIH.

Il est difficile de nier un succès attesté par ces chiffres et le témoignage d’habitantes tels que Jiriko et Philip. À partir de ce qui a été réalisé par la SASDE à Garaku, on peut tirer des leçons afin d’améliorer d’autres centres sanitaires de la région, qui ne répondent en rien aux besoins, ce qui permettra de favoriser une meilleure santé maternelle et infantile.


 

 

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