En bref : Nigéria

Les efforts d’éducation et de sensibilisation contribuent à contenir la propagation de la grippe aviaire

Image de l'UNICEF
© UNICEF Nigeria/2007/Nesbitt
Manipulant quotidiennement des oiseaux vivants, les vendeuses de volailles sont particulièrement exposées aux risques de contagion par la grippe aviaire.

Par Christine Jaulmes

LAGOS, Nigeria, 30 Mars 2007 – À travers le dédale des étroites ruelles qui serpentent entre les étals des marchandes de légumes, de poissons et de viande, assourdis par le vacarme d’une machine à moudre le poivre, les clients parviennent au marché à la volaille, un secteur très animé du marché d’Ikotun à Lagos.

Ils y trouvent des poules, des coqs, des canards et des pigeons entassés dans des cages près desquelles sont assises les marchandes de volailles ¬– ce sont presque toutes sont des femmes – un grand nombre d’entre elles accompagnées de leurs enfants.

C’est dans un marché semblable qu’en décembre 2006 une ménagère a acheté quelques poulets pour les fêtes de Noël. En janvier, sa fille de 22 ans, qui vivait dans la même maison, est morte de la grippe aviaire.

Les conséquences pour les marchandes de volailles

Des épidémies touchant les volailles avaient été reportées depuis le début de 2006 à travers tout le Nigeria, mais il s’agissait là de la première victime humaine connue dans le pays. Les spécialistes pensent que la victime a probablement été infectée en plumant ou en découpant des poulets malades.

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Une vendeuse de volailles et son enfant assis près des cages de leurs animaux sur le marché d'Ikotun, à Lagos au Nigeria.

L’épidémie de grippe aviaire au Nigeria a provoqué à ses débuts une panique générale et beaucoup de gens ont arrêté de manger du poulet. De nombreux élevages de poulets ont été fermés ; éleveurs et marchandes de volailles perdant en conséquence leur emploi.

« Avant que la rumeur se répande que les gens ne devaient plus manger de poulet à cause de la grippe aviaire, je vendais normalement 40 à 60 volailles par semaine, » déclare Mme Yusuf, une marchande de volailles du marché d’Ikotun. « Mais maintenant, je n’en vends plus qu’une dizaine en deux ou trois semaines. »

Un refus de reconnaître la réalité

Étant donné qu’elles manipulent, abattent et plument chaque jour des oiseaux vivants, les marchandes de volailles sont particulièrement exposées à contracter le virus. Les conditions insalubres qui prévalent dans ces marchés populeux menacent également la santé des enfants qui y sont amenés par leur mère.

En dépit du risque, la plupart des marchandes de volailles n’aiment pas aborder le sujet. Un grand nombre d’entre elles refusent de reconnaître la réalité de la situation.

« Depuis l’année dernière que vous parlez de la grippe aviaire, elle n’est pas apparue sur notre marché, » insiste Kudirat Fasasi, une marchande influente. « La grippe aviaire dont vous parlez ne nous concerne pas, nous ici ! »

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Des femmes de différents quartiers participent à une réunion de sensibilisation à la grippe aviaire organisée par le gouvernement local de Lagos.

Protéger les femmes et les enfants

Ciblant les groupes les plus à risque comme ces marchandes de volailles, le gouvernement du Nigeria fait de la sensibilisation et de l’éducation des éléments clés de sa lutte contre la grippe aviaire. Avec le soutien de partenaires comme l’UNICEF et le gouvernement japonais, les autorités ont concentré leurs efforts sur la diffusion d’informations correctes et la promotion de pratiques hygiéniques afin de protéger femmes et enfants contre la maladie.

« On constate beaucoup de comportements à risque au Nigeria, » explique Tunde Awobiyi, un directeur du Ministère de l’information de l’État de Lagos qui est également Président du comité d’État pour l’information du public sur la grippe aviaire.

« Beaucoup de gens ont des volailles à la maison, il nous faut donc faire passer le message que les gens doivent garder leurs distances avec ces animaux, ajoute-t-il, les femmes et les enfants sont les plus exposés car ce sont eux qui s’occupent de ces volatiles, qui les abattent et qui les préparent à la consommation. »

Propreté et hygiène

Le Ministère de l’information de l’État de Lagos organise lui aussi des réunions et des dialogues sur la grippe aviaire pour les groupes les plus à risque comme les marchandes de volailles. Il n’est pas toujours facile de convaincre ces femmes de venir à ces réunions, mais celles qui l’on fait reconnaissent qu’elles y ont appris à se protéger, elles et leur famille.

Après avoir écouté l’exposé d’un vétérinaire, une marchande de volailles, Mme Anuoluwapo a réalisé qu’il fallait prendre la grippe aviaire très au sérieux.

« Avant, je pensais que la campagne sur la grippe aviaire était une manoeuvre pour gâcher notre commerce, explique-t-elle, mais après être venue à cette réunion, je comprends de quoi il s’agit. Nous allons faire tout ce que nous devons pour la propreté et l’hygiène. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Mars 2007 :
Le reportage de Kun Li, correspondante de l’UNICEF, sur les efforts du Nigeria pour limiter la propagation de la grippe aviaire en sensibilisant les groupes les plus exposés par des messages d’importance vitale sur la maladie.
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