En bref : Niger

Les écoles du Niger tentent une nouvelle approche pour amener plus de filles en classe

Au Niger, l'UNICEF promeut les écoles « amie des enfants et des filles » qui encouragent l'intégration des filles.  Télécharger cette vidéo

 

Pa Nathalie Prévost

Au Niger, le programme des écoles adaptées aux enfants et aux filles mobilise les mères qui n'ont jamais eu l'occasion de terminer l'école mais qui veulent que leurs filles reçoivent une éducation.

MARADI, Niger, 14 octobre 2013 – Il y a plus de filles que de garçons à l'école primaire de Saran Maradi. Mais, dans cette région méridionale du Niger, la culture locale s’oppose encore fermement à l'éducation des filles. Près de 36 pour cent des filles sont mariées avant l'âge de 15 ans.

Image de l'UNICEF
© UNICEF 2013/Niger
Dans 1 000 écoles du pays, y compris cette école primaire dans le village rural de Saran Maradi, il y a maintenant autant de filles que de garçons dans les classes.

L’UNICEF encourage une démarche « amie des enfants », et des filles, dans 1 000 écoles du pays, y compris une à Saran Maradi. L'objectif est de fournir aux enfants des conditions minima en ce qui concerne l’environnement scolaire et d'encourager la scolarisation des filles. Le programme a été couronné de succès – on atteint quasiment la parité des sexes dans les écoles où cette approche a été mise en œuvre.

« Une école où la vie est agréable »

Jusqu'à présent, 7 pour cent des deux millions d'écoliers du Niger sont inscrits dans des écoles amies des enfants.

Maman Boukar Kollimi, directeur régional de l'éducation à Maradi, explique ce qu’est une « école amie des enfants » : «  Une école amie des enfants, c’est une école où il fait bon vivre. C'est une école où les besoins fondamentaux sont satisfaits, avec des coins d’ombre sous les arbres par exemple, des latrines, des points d'eau, des salles de classe avec suffisamment de bancs et de tables, des enseignants bien formés. Il s'agit d'un environnement d'apprentissage où la communauté est impliquée dans tout ce que nous faisons. »

L'égalité entre les filles et les garçons est encouragée dans les salles de classe - et dans la cour de l'école. Les enseignants sont formés pour fournir aux enfants un environnement sûr et tenant compte des différences entre sexes. Ils utilisent des méthodes qui luttent contre les préjugés sexistes, par exemple, et ils gardent les filles et les garçons ensemble dans les rangs et lors des activités scolaires.

Image de l'UNICEF
© UNICEF 2013/Niger
La démarche « amie des enfants et des filles » offre aux enfants des conditions minimales d'étude et encourage l'intégration des filles.

La participation de la communauté joue un rôle capital

À Saran Maradi, toutes les mères ont inscrit leurs filles à l'école, bien qu’elles soient peu nombreuses à avoir eu elles-mêmes une telle chance. Elles prennent leur rôle au sérieux. « Le matin, on les lave, on les habille et on les envoie à l’école. Le soir, nous nous assurons qu'elles font leurs devoirs. Il est important de surveiller leurs études », explique Tsayba Laoualy, une des mères de ce village isolé.

La participation communautaire est, en fait, l'un des principaux facteurs du succès de cette démarche « amie des enfants, amie des filles ». Soucieux de s'assurer de la contribution de la communauté, le Comité de Gestion des Etablissements Scolaires (COGES) - qui comprend les parents et l'administration scolaire - supervise la gestion globale des écoles.

« Nous fournissons de l'eau potable à l'école. Nous construisons des salles de classe couvertes d’un toit de chaume », explique le secrétaire général du COGES  Illa Laoualy. Outre qu’il améliore les conditions de vie dans l’école, le COGES est chargé de veiller à la fréquentation scolaire : le comité effectue des visites à domicile lorsque les enfants sont absents de l'école sans justification.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
Les mères sont une ressource essentielle de la communauté. Bien que peu de femmes à Saran Maradi aient elles-mêmes eu la chance d'aller à l'école, elles ont toutes inscrit leurs filles à l'école et elles surveillent qu’elles finissent bien leurs devoirs.

Encore beaucoup à faire

Au Niger, les écoles offrant des conditions minimales d’apprentissage sont peu nombreuses. Près de la moitié des salles de classe en primaire ne sont que des huttes au toit de chaume fait de tiges de mil sec et d’herbe longue. Ces classes sont souvent endommagées par la pluie et le vent et nécessitent de fréquentes réparations. Rares sont les écoles disposant d’eau courante. Quatre ou cinq enfants doivent souvent s’y partager un banc.

L’école primaire de Saran Maradi, comme beaucoup d'autres écoles, n’a toujours pas d’eau potable. En outre, toutes les classes n’ont pas été construites avec des matériaux résistants. Chaque année, il y a des classes au toit de paille qui sont ravagées par un incendie - un événement extrêmement décourageant pour les parents comme pour les enfants.

Le programme des écoles amies des enfants est en place depuis cinq ans. Cependant, il faut plus d’argent pour couvrir tous les besoins. La question de l’eau et de l’assainissement reste préoccupante, notamment l'accès à l'eau potable et la construction de latrines séparées pour les filles et les garçons - des services qui sont essentiels pour la santé des enfants et pour la sécurité des filles.

Améliorer l'éducation au Niger revêt une importance capitale, compte tenu du taux de 3,4 pour cent de croissance démographique annuel du pays, l'un des plus élevés du monde.

L'éducation est la clé de voûte du développement. L'UNICEF appelle les donateurs à mobiliser davantage de ressources pour continuer à favoriser un environnement d'apprentissage sûr et stimulant à la fois et aider tous les enfants, les filles comme les garçons, à tirer le meilleur parti de leur éducation.


 

 

Photographie : La parité

Recherche