En bref : Niger

Au Niger, de jeunes photographes débutants perçoivent les droits de l’enfant d’un nouveau point de vue

Journée de l’enfant africain 2011

La Journée de l’enfant africain est célébrée chaque année le 16 juin depuis 1991, l’année où elle a été lancée par l’Organisation de l’unité africaine. Le thème de la journée de cette année est « Tous ensemble pour des actions urgentes à l’endroit des enfants de la rue ». Ci-dessous un reportage sur une des actions organisées dans ce cadre.

Par Yvette Bivigou

NIAMEY, Niger, 15 juin 2011 – Pour la majorité des 20 enfants qui participaient à l’atelier organisé par l’UNICEF sous la direction de Giacomo Pirozzi, un photographe vétéran de l’organisation, c’était la toute première fois qu’ils avaient l’occasion de s’approcher d’un appareil photo et encore plus de le manipuler.

VIDÉO (en anglais) : Le reportage de Chris Niles, correspondant de l’UNICEF, sur un atelier organisé par l’UNICEF au Niger pour encourager les jeunes à devenir photojournalistes. Vidéographie : François Therrien  Regarder dans RealPlayer

 

Aujourd’hui, les meilleurs jeunes photographes formés à cet atelier sont les vedettes d’une exposition spéciale organisée sur le thème des vulnérabilités des enfants, particulièrement des enfants des rues. Cette exposition est présentée dans le cadre des activités qui marquent cette semaine la Journée de l’enfant africain 2011.

Un grand nombre de ces enfants – âgés de 8 à 16 ans – viennent des 66 pour cent de la population du Niger qui vit avec moins de 1,25 dollar par jour, pour eux l’achat d’un appareil photo est démesurément au delà de leurs moyens.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Vingt enfants ont participé à l’atelier organisé par l’UNICEF au Niger pour former des jeunes au photojournalisme.

L’atelier a offert à de jeunes Nigériens, qui représentent plus de la moitié de la population de 15 millions que compte le pays, une occasion unique de se familiariser avec la photographie et de développer leur sensibilisation à l’environnement dans lequel ils vivent.

Pendant toute une semaine, ces jeunes ont abordé une variété de sujets – les enfants des rues, les mariages précoces, la malnutrition, le travail des enfants, l’hygiène et l’assainissement. On estime qu’au Niger, 43 pour cent des enfants âgés de 5 à 14 ans sont réduits à être mendiants, vendeurs à la sauvette ou domestiques.

Les mariages précoces ont figuré parmi les principaux sujets que les jeunes photojournalistes ont couverts dans leurs reportages sur Niamey, la capitale du pays. On estime que 61 pour cent des filles âgées de 15 à 19 ans sont mariés avec des hommes plus vieux qu’elles. Étant donné que 26 pour cent des jeunes ont des rapports sexuels dès l’âge de 15 ans, ils courent un risque élevé de contracter le VIH et le SIDA.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Niamey, Niger, une jeune femme regarde à travers le viseur de son nouvel appareil photo. L’UNICEF a organisé un atelier dans la capitale pour former des jeunes et les encourager à utiliser leurs savoir-faire nouvellement acquis pour enquêter sur les violations des droits humains.

Le droit à la protection

Pour Romaric Onadja, 17 ans, cette expérience a changé la perception qu’elle a de sa propre vie. « Avant, j’avais l’habitude de me plaindre de ma vie, mais quand j’ai pris connaissance de certaines des conditions de vie des enfants dans les rues de Niamey, je me suis sentis très riche », déclare-t-elle. « On trouve six à huit personnes vivant dans la même maison en pisé. C’est ce qui m’a vraiment choqué le plus ».

Les familles nigériennes vivent dans des conditions économiques et environnementales de nature extrême qui obligent un grand nombre à adopter des moyens de s’adapter et de survivre qui ont des conséquences néfastes pour le bien-être des enfants.

« Les enfants ont le droit d’être protégés, mais tous les parents n’offrent pas de protection à leurs enfants », explique Amadou Roufai Ibrahim, 14 ans, un jeune qui a excellé à l’atelier photo. « Les enfants qui vivent dans la rue, c’est parce qu’ils ne sont pas protégés par leurs parents ou que personne ne s’occupe d’eux ».

Les ateliers comme celui-ci sont organisés dans le cadre du programme de mobilisation et d’information de l’UNICEF et sont destinés à aider les enfants et les jeunes du Niger à défendre leurs droits élémentaires. Ce but est atteint en partie par des campagnes menées par les pairs de prévention du VIH et du SIDA, des mariages précoces et des mauvais traitements des enfants. L’UNICEF aide aussi à former et à équiper de jeunes journalistes qui produiront des émissions de radio, plaidant simultanément pour que plus de temps d’antenne soit consacré à la radio et à la télévision à des émissions produite par et pour des enfants.

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© UNICEF video
Un participant à l’atelier de photojournalisme organisé par l’UNICEF à Niamey au Niger ; des jeunes y ont été formés à l’utilisation d’appareils photo avant d’être envoyés parcourir les rues de la ville pour documenter des violations des droits humains comme le travail des enfants.

L’UNICEF au Niger fait également la promotion de la participation des jeunes au processus électoral. En 2010, un total de 600 jeunes à participé à la campagne « Votre vote, votre avenir » qui s’est conclue par la présentation d’une Déclaration des enfants à l’occasion d’un forum réuni à Niamey.

« Une révélation »

« L’atelier à permis aux enfants de développer leur conscience de l’environnement où ils vivent. Ça a donc été une révélation pour ces enfants nigériens qui venaient de quartiers plus prospères », explique Gabriel Pirozzi. « Beaucoup d’adultes qui voient ces photos prises par des enfants ont du mal à croire que ce sont des enfants qui les ont vraiment prises ! »

À la conclusion de cet atelier d’une semaine à Niamey, le prix du meilleur photographe a été attribué à Amadou Roufai, qui était enchanté de son savoir-faire nouvellement acquis.
« J’ai complètement maîtrisé les techniques. J’ai appris pendant cet atelier. Prendre des photos m’a rendu le plus heureux des hommes », a-t-il déclaré.


 

 

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