En bref : Niger

Les communautés s'entraident afin d'améliorer les pratiques familiales

Par Bob Coen

GARIN BAWA, Niger, 21 janvier 2011 – Dans la cour de l'habitation familiale, Zuliah Baba, 32 ans,  effectue ses tâches ménagères nocturnes sous la pleine lune. Les bruits familiers des mêmes  activités domestiques résonnent dans ce village, ces tâches ayant été influencées par un programme orignal et nouveau de l'UNICEF, celui des Pratiques familiales essentielles. Ce dernier est en train d'avoir un impact spectaculaire sur la santé des enfants dans tout le Niger. 

VIDÉO (en anglais) : le reportage du correspondant de l'UNICEF, Bob Coen sur le lancement au Niger du programme sur les pratiques familiales essentielles pour aider les ménages à améliorer la santé de l'enfant et pour parvenir aux Objectifs du Millénaire pour le développement.  Regarder dans RealPlayer

 

Avant de servir le dîner à ses quatre enfants les plus âgés et à son mari, Zuliah Baba s'assure que tous se lavent soigneusement les mains pendant qu'elle allaite au sein son fils de 11 mois, Haruna. Quand il est temps d'aller se coucher, les enfants se précipitent avec empressement vers leurs lits, protégés par des moustiquaires. 

La famille a modifié son comportement grâce aux réunions hebdomadaires au cours desquelles elles reçoivent des informations sur les moyens de se protéger elles-mêmes contre les maladies. 

Échange d'informations

« Ces séances d'information ont été d'une grande aide pour la santé de mes enfants », affirme Zuliah Baba. « Cela m'a permis de mieux m'occuper de leur santé et de les amener moins souvent au dispensaire ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2010/Coen
Un agent sanitaire local en train d'expliquer les aspects du programme Pratiques familiales essentielles à un groupe de femmes, à Garin Bawa, au Niger.

Ces séances locales d'échange d'informations sont un élément majeur du programme Pratiques familiales essentielles. Les hommes du village rencontrent régulièrement le chef et les anciens tandis que les femmes se rencontrent sous l'arbre du village qui sert pour les réunions et décident si elles doivent adopter les sept points fondamentaux qui sont au coeur de cette initiative : 

  • Allaiter exclusivement au sein pendant les six premiers mois de la vie de l'enfant
  • Dormir sous une moustiquaire
  • Administrer aux enfants une solution de réhydratation orale en cas de diarrhée
  • Se laver les mains avec du savon
  • Introduire différents aliments nutritifs dans le régime des enfants de plus de six moisAssurer des soins de santé préventifs aux enfants
  • Amener les enfants dans un dispensaire dès les premiers signes de maladie.

Un développement équilibré

Malgré de récents progrès, le Niger a toujours l'un des taux de mortalité infantile les plus élevés du monde. Un enfant sur cinq y mourra avant d'atteindre l'âge de cinq ans des suites de maladies facilement évitables comme le paludisme, la pneumonie et la diarrhée.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2010/Coen
À Garin Bawa, au Niger, Zuliah Baba a remarqué une amélioration de la santé de ses enfants après avoir adopté la conduite qu'encourage le programme Pratiques familiales essentielles.

Mais les simples changements de comportement qu'encourage le programme Pratiques familiales essentielles peuvent réduire considérablement le nombre de ces décès.

« Il est important d’assurer des soins de santé et de les élargir »,  explique le représentant de l'UNICEF au Niger, Guido Cornale. « Mais il y a de nombreuses choses qui peuvent être faites au niveau familial. Les Pratiques familiales essentielles peuvent largement améliorer le bon développement des enfants, leurs chances de survie. Ce sont des choses que nous pouvons faire au niveau familial ». 

Les communautés s'entraident

Une partie essentielle de ce programme, qui est mis en œuvre conjointement par l'UNICEF et le gouvernement du Niger, est que les communautés elles-mêmes sont aux commandes. Les possibilités de changement, ainsi que les contraintes et les solutions, sont débattues au niveau des communautés. Une fois qu'un consensus sur la nécessité d'un changement a été atteint, des solutions au niveau local sont recherchées et appliquées. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2010/Coen
Se laver les mains est important. C'est une autre habitude simple qui peut avoir des effets spectaculaires sur l'amélioration de la santé des enfants.

De cette façon, les changements dans les pratiques individuelles et familiales s'appuient sur un changement social, l'adoption de nouvelles normes et pratiques collectives.

« Depuis que nous avons introduit les Pratiques familiales essentielles dans mon village, j'ai observé une différence », dit Oumarou Kachallo, le Chef de Gidan Bawa. « Il a un effet sur l'économie parce que les gens dépensent moins en médicaments. Il y a aussi une dimension sociale parce les gens s'entraident et débattent de ces pratiques ».

Faire circuler les informations

Issaka Baba, le mari de Zuliah Baba, ajoute : « En tant que chef de famille, je suis davantage satisfait. Quand ma femme a essayé l'allaitement exclusif au sein, j'en ai observé les avantages et les différences avec mes autres enfants. Nous avions l'habitude de les emmener au dispensaire presque chaque semaine mais, celui-là, il n'a pas été malade et est en très bonne santé ».

Un usage plus fréquent des moustiquaires a permis de réduire de manière spectaculaire le nombre de décès dus au paludisme, le principal responsable des décès d'enfants au Niger.

L'UNICEF utilise un certain nombre de stratégies – dont des films, le théâtre et la radio au sein de communautés locales - pour faire circuler les informations simples du programme Pratiques familiales essentielles. Le but d'ici les trois prochaines années est d'introduire le programme dans des centaines de villages du Niger, afin d'atteindre les plus vulnérables et de donner plus de moyens aux communautés pour adopter ces nouvelles habitudes qui sauveront et amélioreront la vie des enfants. 


 

 

Recherche