En bref : Niger

Au Niger, le Forum national des enfants introduit les voix des jeunes dans le processus électoral

Par Halimatou Hima Moussa Dioula

NIAMEY, Niger, 20 décembre 2010 – Une révolution tranquille est en train de se dérouler dans l'un des endroits les plus inattendus avec, en première position, des enfants. « Nous voulons que nos droits soient respectés et nous demandons que le nouveau président bâtisse des écoles avec des salles de classe solides », explique Hourey Amadou, 12 ans, qui faisait partie des 161 participants d'un Forum national des enfants qui s'est déroulé le mois dernier dans la capitale du Niger, Niamey.

VIDÉO (en anglais) : 27 novembre 2010 – le reportage de l'UNICEF sur le coup d'envoi d'une campagne destinée à placer les enfants au centre du programme de développement du Niger.  Regarder dans RealPlayer

 

Lors du forum, les enfants de 36 districts ont eu la chance unique de parler de leurs préoccupations pendant trois journées de rencontre avec des responsables politiques, des chercheurs, des journalistes et du personnel du l'ONU.

Des enfants de toutes origines se sont réunis lors de cet événement qui était le premier du genre avec l'appui de la société civile et des médias dans une période où le pays se trouve à la croisée des chemins, entre un régime militaire et un gouvernement élu démocratiquement.

Les voix des enfants ont été entendues

« Il doit y avoir des pompes à eau dans nos villages et les autorités doivent s'efforcer de veiller à ce qu'il y ait assez de nourriture pour tous », a déclaré le jeune Hourey lors d'un débat avec Hourera Abdou, un autre délégué du forum qui travaille comme apprenti chez un tailleur. Parmi les participants se trouvaient aussi des enfants handicapés, des jeunes ayant des problèmes avec la justice, certains qui n'avaient jamais fréquenté d'école et d'autres qui souhaitent devenir médecins.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2010/Pirozzi
Une jeune fille pose une question lors d'une réunion avec le Président du Parlement par intérim du Niger au siège du Parlement, à Niamey, dans le cadre du Forum national des enfants.

A l'approche du forum, un programme de formation appuyé par l'UNICEF avait réuni les enfants dans leurs régions respectives et les avait encouragés à exprimer leurs besoins et leurs préoccupations à travers des messages qui seraient transmis aux décideurs politiques.

Le 26 novembre, les enfants ont invité des membres des trois principaux partis politiques ainsi que des ministres du gouvernement, du personnel de l'UNICEF et diverses autres personnalités, pour qu'ils participent à une cérémonie qui s'est achevée par la lecture d'une déclaration par les jeunes délégués. Dans celle-ci, ils ont appelé les dirigeants à écouter en déclarant : « Nous voulons vivre notre rêve d'un lendemain meilleur. Nous avons quelques propositions à faire. Ecoutez donc ! »

La vulnérabilité persiste

Les messages des enfants lancés lors du forum sont à présent quotidiennement diffusés sur les stations de télévision et de radio, à l'approche des élections locales et présidentielles qui sont prévues pour le mois prochain. Les médias devraient y participer en informant les électeurs sur les droits de l'enfant grâce à des interviews, des débats et des enquêtes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2010/Pirozzi
Lors de la cérémonie de clôture, une jeune fille lit la déclaration des participants au Forum national des enfants qui s'est déroulé au centre culturel Djado Sekou de Niamey, au Niger.

« Les droits dont nous avons parlé doivent devenir une réalité et ne pas rester les coquilles vides dont on parle volontiers lors des discours officiels, » déclare le représentant de l'UNICEF au Niger, Guido Cornale. 

Une étude nationale sur la pauvreté et les disparités chez les enfants du Niger, publiée en 2009, a conclu à cet égard à un degré élevé de vulnérabilité : plus de 9 enfants sur 10 sont privés d'au moins un de leurs droits fondamentaux pour leur bien-être tandis que près de 8 enfants sur 10 sont privés simultanément d'au moins deux droits fondamentaux.  

Les efforts menés par le gouvernement et ses partenaires durant la dernière décennie ont eu seulement un impact limité sur la qualité de la santé et de l'éducation des enfants et sur la réduction de l'inégalité des sexes. En conséquence, 34 pour cent des filles sont mariées avant l'âge de 15 ans et environ la moitié de l'ensemble des enfants âgés de 5 à 14 ans doivent travailler.

Assurer la responsabilité des dirigeants

Pour mieux faire connaître ces indicateurs et préoccupations fondamentaux, l'UNICEF et ses partenaires ont récemment organisé des séances de formation pour environ 50 responsables politiques participant au processus électoral.

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© UNICEF Niger/2010/Pirozzi
Des jeunes rencontrent des chefs religieux à la Grande mosquée de Niamey, au Niger, dans le cadre du Forum national des enfants qui s'est déroulé dans le pays.

Dans le cadre de ce processus, les candidats à la présidence seront aussi invités à faire connaître leurs vues et leurs plans concrets d'action pour l'amélioration des conditions de vie des enfants. Il leur sera alors demandé de signer un document personnel confirmant leurs engagements, un premier pas pour rendre responsables de leurs actes les futurs dirigeants politiques nigériens face à la garantie des droits de l'enfant.

« Voici 50 ans que notre pays est indépendant et nous souffrons pourtant toujours de la faim et de la pauvreté », déclare Ibrahim Boubacar, 14 ans, un des participants du Forum national des enfants. « Dans 15 ans, je prévois un Niger prospère et riche, un pays où tous les enfants pourront vivre dans le bonheur. »


 

 

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