En bref : Niger

Au Niger, l'UNICEF épaule les dispensaires de village afin d'améliorer la santé de la mère et de l'enfant

Par Bob Coen

MARADI, Niger, 15 décembre 2010 – Des bébés sanglés sur leur dos et leur carte d'assurance-maladie en main, des femmes commencent à arriver juste après le lever du jour, apparemment de toutes les directions, dans le village de Sarkin Yamma Soffoua, balayé par la poussière. Lorsque le petit dispensaire ouvre ses portes, à 8h00, plus de 50 mères sont en train d'attendre avec leurs enfants pour des examens de routine et diverses consultations.

Vidéo : Le reportage du correspondant de l'UNICEF Bob Coen sur l'amélioration de la santé de la mère et de l'enfant dans les dispensaires de village du Niger. Narration Yasmine Hage  Regarder dans RealPlayer

 

« Il n'y a pas de comparaison avec l'époque où j'ai eu mes premiers enfants et où nous n'avions pas notre propre dispensaire, » affirme Sahia Nomo, 32 ans, qui a amené sa fille de huit mois, Zainab.

« J'ai eu sept enfants, » ajoute-t-elle, « et je peux vous dire que ce centre est très commode et utile pour les accouchements d'enfants ou quand les enfants sont malades, particulièrement quand il s'agit de choses comme la diarrhée et le paludisme. »

Les dispensaires de village sont indispensables

Les dispensaires de village – ou dispensaires intégrés, comme on les appelle ici – sont en train de transformer la santé de la mère et de l'enfant dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Bien qu'il soit un des pays les plus pauvres du monde, le Niger a réalisé certains progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l'ONU, un ensemble d'objectifs et d'engagements fixés par les pays de la planète pour réduire la pauvreté et la maladie d'ici 2015.

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Un médecin pèse un bébé dans un dispensaire intégré dans le village de Sarkin Yamma Sofou qui est situé dans le district de Maradi, au Niger.

Un facteur majeur dans cette réussite a été l'implantation de dispensaires intégrés dans les villages du Niger dans le cadre d'une stratégie mise en place par le ministère de la santé, avec l'appui de l'UNICEF, afin de réduire la mortalité infantile, d'améliorer la santé maternelle et de lutter contre des maladies contre le VIH et le paludisme.

« Avant que ce centre existe, il y avait une incidence très élevée de mortalité infantile dans ce village parce qu'il est très isolé, » explique l'infirmier en chef du dispensaire de Yamma Soffoua, Chaibou Balla. « Pendant les déplacements effectués pour obtenir une aide médicale, beaucoup d'enfants mouraient parce qu'ils n'étaient pas soignés. »

Tout en parlant, Chaibou Balla examine la petite Zainab et sa mère Sahia fait un signe de la tête en guise d'approbation. Avant la construction de ce dispensaire, elle a elle-même perdu trois enfants à cause de maladies qui sont facilement évitables. 

Soins de santé gratuits pour les enfants

Un autre facteur important qui favorise les progrès est la politique menée par le gouvernement du Niger pour offrir des soins de santé gratuits à tous les enfants de moins de cinq ans et à toutes les femmes enceintes. Cette politique est appuyée par l'UNICEF qui dispense les médicaments et les fournitures médicales.

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Une sage-femme utilise des planches médicales pour transmettre des informations sur la santé au dispensaire intégré du village de Sarkin Yamma Sofou, dans le district de Maradi, au Niger.

« Les médicaments que nous distribuons sont tous gratuits, » dit Chaibou Balla alors qu'il retire une boîte de comprimés de zinc de l'armoire à pharmacie bien approvisionnée pour la donner à la mère de Zainab. « Une fois par mois, le gouvernement nous amène de nouveaux stocks et toutes les solutions de réhydratation orale et les comprimés de zinc et ceux contre le paludisme sont offerts par l'UNICEF, » observe-t-il.

Les dispensaires de village offrent assurent aussi des soins prénatals et postnatals aux femmes ainsi que des informations indispensables sur la façon de repérer les signes de danger pendant la grossesse et sur l'importance de l'allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie de l'enfant.

Diffuser ces informations auprès des mères peut avoir un impact spectaculaire sur l'ensemble de la communauté. Dans le cas du paludisme, qui est la cause de la plupart des décès d'enfants au Niger, le nombre de décès a été réduit de moitié depuis 2005, principalement parce que davantage de familles ont été encouragées à utiliser les moustiquaires.

Réduction de la mortalité maternelle

Les dispensaires de village jouent un autre rôle essentiel : sauver des vies quand des complications médicales surviennent.

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Des patients dans l'un des dispensaires intégrés appuyés par l'UNICEF au Niger dont le nombre s'élève à plus de 2400.

« Avoir le dispensaire près du village, c'est comme avoir un pont entre la communauté locale et des soins plus spécialisés, » dit le représentant de l'UNICEF au Niger, Guido Cornale. « Quand une femme est en danger, on peut la transférer vers un centre régional de santé qui dispose de matériel spécial. Par exemple, ils ont l'équipement pour effectuer des césariennes si cela est nécessaire. De cette façon, ils contribuent à la réduction de la mortalité maternelle. »

Aujourd'hui, au Niger, plus de 2500 agents de santé locaux gèrent plus de 2400 dispensaires. L'UNICEF estime que plus des trois quarts des enfants du pays ont à présent accès aux soins de santé par rapport à moins de la moitié il y a seulement quatre ans.


 

 

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