En bref : Niger

Des classes d’alphabétisation des adultes au Niger mettent l’accent sur l’importance de l’éducation de la famille

Image de l'UNICEF: Niger, Maradi, adult literacy
© UNICEF Niger/2009/ Bisin
Une session d’éducation des parents destinée aux femmes dans le village de Saran Maradi, situé dans la région de Maradi au Niger.

Par Sandra Bisin

La Semaine mondiale d’action 2009, du 20 au 26 avril, se focalise sur l’éducation permanente en vue de sensibiliser au défi de l’alphabétisation dans le monde entier. Voici une histoire relative à ce problème, qui se passe au Niger, où l’UNICEF apporte son appui à l’alphabétisation des adultes, dans le cadre d’un programme d’éducation plus vaste.

MARADI, Niger, 20 avril 2009 – Dans une petite maison du village de Saran Maradi, une quinzaine de femmes copient avec ardeur sur leur cahier un cours d’alphabétisation pour adultes. Certaines de ces femmes sont des mères qui nourrissent leur bébé tout en suivant l’enseignement. Il est à peine 11 heures du matin, mais la température est déjà brûlante. La saison chaude a commencé au Niger.

Malgré la chaleur, Aminatou Issoufou, âgée de quarante ans, concentre son attention sur les lettres écrites au tableau noir. Elle est la prochaine élève à lire à haute voix et elle veut montrer aux autres élèves tous les progrès qu’elle a réalisés en lecture.

Elle prononce « Z-A-K-I » en épelant, lorsque l’enseignant se tourne vers elle. Puis elle répète le mot « zaki» » avec un large sourire. Ce mot signifie «  lion » en haoussa, la langue de la région.

« Depuis le mois dernier, je suis des cours d’alphabétisation deux fois par semaine, toutes les semaines », indique Mme Issoufou. « Je n’ai jamais été à l’école. Grâce à ces cours, je vais savoir lire et écrire. Deux de mes enfants vont à l’école primaire. Je veux être en mesure de les aider. »

L’éducation des parents

Mme Issoufou fait partie de la dizaine de milliers d’adultes (dont la moitié sont des femmes) qui suivent des cours d’éducation des parents dans l’un des 400 centres d’alphabétisation des adultes auxquels l’UNICEF apporte son appui dans le Niger rural. Ces centres ont été créés dans le cadre de « L’initiative de l’école amie des enfants et des filles », lancée l’an dernier.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2009/ Bisin
Rahamou Lawali (à gauche) et Aminatou Issoufou, qui participent toutes les deux à des sessions d’éducation des parents dans le village de Saran Maradi, déclarent que ces cours incitent encore davantage les parents à scolariser leurs enfants.

Des études indiquent que les parents qui ont reçu un enseignement sont plus enclins à scolariser leurs enfants. Au Niger, seulement 30 pour cent des adultes savent lire et écrire.

L’initiative de l’école amie des enfants et des filles a pour but de créer un environnement favorable aux enfants à l’école aussi bien que dans leur communauté. Elle cherche à fournir une éducation de qualité à tous les enfants.

« Il est essentiel que les parents aient bénéficié d’une éducation pour que les enfants aillent à l’école et que leur participation soit effective », a déclaré Dominique Taller-Brasseur, responsable du programme d’éducation de l’UNICEF au Niger. « Au cours de ces sessions organisées dans les centres d’alphabétisation, on n’apprend pas seulement aux parents à lire et écrire, on les sensibilise également aux besoins de leurs enfants. L’acquisition de certaines connaissances apporte aux parents une motivation supplémentaire pour scolariser leurs enfants. »

Les parents sont informés sur la santé en matière de procréation, sur la nutrition et le VIH/SIDA, ainsi que sur les pratiques familiales cruciales pour la survie et le développement en bonne santé de leurs enfants – en particulier sur l’importance de l’allaitement maternel.

Envoyer les filles à l’école et les laisser poursuivre leur scolarité

Au Niger, les défis sont énormes au niveau de l’éducation des filles. Alors qu’une fille sur deux va à l’école primaire, il n’y en a qu’une sur dix à l’école secondaire et  seulement une sur cinquante au lycée.

Mme Issoufou appartient également au groupe d’éducation des mères, qui s’applique à ce que toutes les filles du village aillent à l’école. Ce groupe surveille de près la fréquentation scolaire des filles.

« Chaque matin, nous devons passer dans chaque classe et nous assurer de la présence de tous les enfants inscrits, notamment des filles. Si une fille est absente, nous en informons immédiatement ses parents et nous recherchons la cause de son absence, » a dit Mme Issoufou. « Les élèves savent bien qu’il leur est désormais difficile de cesser d’aller en classe. »

Au Niger, le taux de scolarisation en primaire est passé de 54 pour cent chez les garçons et de 39 pour cent chez les filles en 2005-2006 à respectivement 58 pour cent et 43 pour cent en 2006-2007. Avec l’aide du gouvernement et d’autres partenaires, l’UNICEF a pour but de faire passer à 100 pour cent les taux de scolarisation à l’école primaire au Niger d’ici à 2013. Entre-temps, l’UNICEF prévoit d’ouvrir 200 nouveaux centres d’éducation des parents en 2010.

« Cela a donné un sens nouveau à nos vies, » a expliqué Mme Issoufou. « Nous bénéficions d’une position nouvelle au sein de nos communautés. »


 

 

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