En bref : Niger

Des communautés d’Afrique de l’Ouest se préparent à une vaste campagne de vaccination

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© UNICEF Niger/2009/Bisin
Balki Garba, 28 ans, vit dans le village de Kadamari dans la région de Zinder au Niger. Mère de quatre enfants, elle les a tous fait vacciner contre la poliomyélite.

Par Sandra Bisin

RÉGION de ZINDER, Niger, 27 février 2009 –Au Niger, chefs traditionnels et chefs religieux jouent un rôle de premier plan dans les initiatives de communication préliminaire devant préparer la campagne de vaccination synchronisée qui démarre aujourd’hui en Afrique de l’Ouest.


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La campagne fait partie intégrante de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite, un partenariat mené par l'OMS, l'UNICEF, le Rotary International et le US Center for Diseases Control and Prevention. Elle s’étendra à huit pays : Nigeria, Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Mali, Niger et Togo. Deux tournées de vaccinations sont prévues – la première d’aujourd’hui au 2 mars, la deuxième du 27 au 30 mars.

Une discussion importante

En s’avançant vers une assemblée de chefs traditionnels réunie récemment dans le village de Kadamari dans la région de Zinder au sud-est du Niger, Malangani Mahama, un chef religieux, savait bien que sa mission représentait un défi aux croyances traditionnelles de certains des Anciens du village.

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Malangani Mahama, un chef religieux, explique aux chefs traditionnels et chefs de famille du village de Kadamari l’importance de la vaccination contre la poliomyélite.

« Comme vous le savez, une campagne de vaccination contre la poliomélyte va bientôt commencer au Niger, commence-t-il. L’année dernière, plusieurs familles du village ont refusé de faire vacciner leurs enfants. C’est ma responsabilité de vous assurer qu’il n’y a rien à craindre du vaccin. C’est seulement un moyen de préserver les enfants de maladies
débilitantes. »

Sur ces mots, une importante discussion commence.

Des idées fausses sur le vaccin contre la poliomyélite

Les responsables de la santé rencontrent depuis longtemps des difficultés dans les régions conservatrices du sud-est du Niger où de nombreux parents continuent à refuser de faire vacciner leurs enfants, car ils croient que les gouttes de vaccin oral absorbées par les enfants les rendront plus tard impuissants ou provoqueront d’autres invalidités.

« Dans notre village, les gens sont convaincus que le vaccin rend les enfants sourds ou désobéissants, » explique Lamine Mato, un habitant influent du village de Kadamari. « C’est la raison pour laquelle des pères refusent de faire vacciner leurs enfants. Les femmes ne se sont jamais opposées à la vaccination des enfants. »

Kadamari est un des dix villages de Zinder ou des refus ont été signalés pendant la campagne de vaccination de 2008. Mais cette année la situation devrait s’améliorer.

Sensibiliser les communautés

M. Mahama est l’un des 2400 chefs traditionnels et religieux qui ont été formés en 2008 avec le soutien de l’UNICEF pour sensibiliser les communautés locales à l’importance de la vaccination contre la poliomyélite.

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L’assemblée des chefs traditionnels et des anciens du village de Kadamari.

« Heureusement, les gens qui influencent l’opinion à Kadamari ont compris l’importance de faire vacciner leurs enfants et on espère que quand la campagne commencera ils feront bon accueil aux équipes de vaccination qui viennent dans leur village, » dit M. Mahama.

Plus de 3000 agents de mobilisation sociale ont fait du porte-à-porte avant le commencement de la campagne de vaccination pour expliquer aux familles à quoi elles devaient s’attendre et pour s’assurer que les parents accueillent les équipes de vaccination dans leurs maisons.

Dana la plupart des cas, ces agents sont des femmes. Dans certains endroits – comme le village de Ian Koublé (en Haussa « le village des femmes enfermées »), où est pratiquée une forme d’Islam très conservatrice – il faut recruter des hommes pour les actions de mobilisation menées auprès des hommes.

À Kadamari, des signes prometteurs

Grâce à ces efforts de mobilisation, il semble que le village de Kadamari soit sur la bonne voie pour réaliser l’objectif de la vaccination pour tous, car cette vaccination contre la poliomyélite est déjà une réalité pour certaines familles.

« Chaque fois qu’il y a une campagne de vaccination, les femmes devraient amener leurs enfants se faire vacciner, » affirme Balki Garba, 28 ans et mère de quatre enfants. « Quand un enfant tombe malade, ça devient un problème pour toute la famille. »

Des progrès sont également réalisés par la diffusion soigneusement calculée de messages à la radio et à la télévision qui contribuent à faire de mieux en mieux accepter la vaccination contre la poliomyélite par les parents.

Coordonnées par le ministère de la Santé du Niger (avec le soutien de l’UNICEF), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires depuis 1997, les Journées nationales de vaccination de cette année organiseront la distribution – rien que pour la première série de vaccinations – de plus de 4,7 millions de doses orales de vaccin. L’objectif est de vacciner plus de 4,2 millions d’enfants jusqu’à un âge de cinq ans.


 

 

Vidéo (en anglais)

18 février 2009: Le reportage d’Elizabeth Kiem, correspondante de l’UNICEF, sur l’action entreprise pour obtenir le maximum de participation à la campagne de vaccination qui va couvrir huit pays d’Afrique de l’Ouest.
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